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Vision Express sur… : L'héritage en Afrique

S'il y a une pratique africaine dont l'abandon pose problème aujourd'hui, c'est bien la gestion de l'héritage. Si autrefois, l'aîné de la famille assurait la relève après la mort du chef de famille sans difficultés majeures, de nos jours, c'est une équation à plusieurs inconnues qui se pose aux familles endeuillées.

Le droit d'aînesse n'est plus respecté. Pire, les épouses (pour les familles polygames) s'en mêlent pour avoir la plus grande part de l'héritage. Cette façon de gérer les biens du défunt, divise inéluctablement la famille. Au lieu que l'aîné des enfants s'en charge pour permettre à la famille de rester solidaire, ce sont plutôt les mères qui dictent leur volonté. La rivalité aidante, chacune s'attribue dans la mesure du possible les parties les plus juteuses du matériel. Les autres parents qui n'arrivent pas à avoir une bonne répartition, s'engagent très souvent dans une démarche vindicative.

Dans certains cas, de tierces personnes parviennent à ressouder la famille. Dans d'autres, c'est la séparation totale. Pourtant, en Afrique ancestrale, de telles pratiques étaient impensables. Chaque fois qu'il y avait décès, les oncles des enfants assuraient la continuité. Seulement, le lévirat qui était parfois imposé aux épouses du défunt, n'était pas un pan entièrement positif de notre culture. Toutefois, il permettait néanmoins de « ressouder » les liens de la famille. Quant au partage de l'héritage, les filles du défunt n'étaient pas forcément prises en compte, surtout quand il s'agissait du « capital terres ». Car selon nos traditions, la femme de façon générale ne compte que pour sa famille d'alliance.

Malheureusement de nos jours, d'avoir un foyer n'est plus une obligation pour nos s½urs. Pendant que des filles ont pour prière quotidienne avoir un mari, il y en a qui ont délibérément choisi de vivre éternellement dans le célibat. Du coup, la prise en compte des filles dans le partage de l'héritage est devenue une obligation. Elles sont traitées sur le même pied d'égalité que leurs frères. Les parents qui restent fidèles à la culture, sont confrontés à des difficultés. Car, ils ont du mal à comprendre que les choses se passent autrement.

C'est là où « le bât blesse » dans l'évolution rapide de la tradition qui se « définit » désormais à l'image de la modernité. Et jusqu'au moment où vous êtes en train de lire ces lignes, de nombreuses femmes soufrent de cette culture qui est de rigueur dans certaines localités. Peut-être qu'il faut une sensibilisation pour convaincre les personnes qui ne jurent que par cette pratique culturelle que les choses ont changé.

Souro DAO [email protected]

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