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L’intégralité de l'interview d'Idrissa Seck avec le groupe D-Média : "En mars 2012 Wade a laissé dans les caisses précisément 417.907.700.000 F Cfa"

Aujourd'hui on est dans un champ, qu'est-ce qui explique votre présence ?

Je voudrai tout d'abord rendre grâce à Dieu, de l'opportunité de venir prendre part aux travaux d'élargissement des champs de Serigne Abdou Akim Mbacké sous la direction de mon beau frère et ami Serigne Moussa Mbacké Nawel. Vous l'avez dit, nous rendons tous à l'immense contribution de Serigne Touba au rayonnement de l'Islam et au développement économique du Sénégal et de l'Afrique. Nous sommes ici pour répondre à l'appel de Serigne Moussa Mbacké Nawel à qui ses pères ont confié une noble tâche de développement des champs de vénéré père, Serigne Abdou Akim Mbacké.

Idrissa, est-ce que l'agriculture vous intéresse particulièrement ?

Mais l'agriculture m'intéresse tout particulièrement parce que c'est à la base du développement. Tous les autres métiers qui existent naissent de l'agriculture. C'est uniquement lorsqu'il y'a un surplus agricole capable de nourrir d'autres personnes qui ne cultivent pas leur nourriture qu'il devient possible de générer d'autres métiers. Lorsque l'Etat est né en Egypte, en -2800 mais c'est parce qu'il y'a eu le néolithique qu'il y'a eu le développement de l'agriculture, qu'il y'a eu un surplus agricole qui permettait à des gens, rois pharaons des scribes et tous les autres de pouvoir se nourrir sans être obligés de cultiver eux-mêmes leur nourriture. Donc, l'agriculture est à la base de développement et de tous les autres métiers. Serigne Moussa Mbacké Nawel me racontait une anecdote forte succulente à ce sujet, il me disait qu'il y'avait un négociant qui recevait des hôtes à Dakar et qui en leur présentant le siège de son entreprise leur a dit vous voyez mon immeuble là, c'est Serigne Mbaye Diakhaté à Diourbel qui était un énorme paysan qui cultivait énormément d'arachide et le négociant disait à ses hôtes, mon immeuble là c'est Serigne Mbaye Diakhaté à Diourbel qui l'a cultivé. Ça veut dire donc, que c'est de l'effort des paysans que les autres métiers prospères.

Aujourd'hui, l'actualité c'est encore vous, sur ce point vous avez effectué une sortie et il y'a eu une réaction du Président de la République, quelle lecture en avez-vous fait ?

Je trouve la réaction du Président de la République intelligente. Je voudrai, tout d'abord, le remercier de respecter ma liberté d'expression et d'opinion sur laquelle au demeurant ni lui, ni personne d'autre n'a aucune prise. Parce que par la Grâce d'Allah, je me suis donné les moyens de garantir en toute circonstance ma liberté de penser, de parole et d'action. Je suis également satisfait qu'il ait dit qu'il restait concentré sur le bilan qu'il aura à présenter aux sénégalais et qu'il souhaite qu'au terme de son mandat que les sénégalais soient satisfaits de lui. C'est exactement ce que visent toutes mes alertes. A chaque fois que je prends la parole, c'est pour le pousser à demeurer concentrer sur cet objectif de livrer les promesses qu'il avait faites au peuple sénégalais. Vous vous souvenez, toutes mes alertes sont fragmentées et graduelles à mesure qu'on approche de l'échéance je deviens plus précis. A la Tabaski, j'avais dit que je n'ai pas noté d'avancée significative mais 6 mois c'est trop peu pour juger. Ce 25 mars 2013, j'ai dit, il est temps de presser le pas, « Rewmi doxoul », pour finir les chantiers de Wade et commencer les chantiers de Macky. Il est temps de presser le pas pour que dans trois mois le nouveau ministre en charge des inondations soulage les populations de cette catastrophe et que le ministre de l'agriculture fournisse ici par exemple des engrais et des semences de qualité pour le développement du Sénégal et pour notre croissance. Il est temps de presser le pas pour que les centrales électriques, les poteaux et les files électriques sortent de terre pour qu'enfin qu'on ne plaigne plus de délestage. Il est temps de presser le pas pour un soutien franc et massif au secteur privé pour qu'il puisse générer massivement ces emplois si vitaux pour notre jeunesse et pour notre pays. Vous savez, il ne reste plus que 4 ans, dont un de campagne électorale. Donc il ne reste que 3 ans, même si aucune crise majeure politique, sociale ne vient ralentir sa marche, Macky Sall n'a absolument aucun moyen de s'offrir le luxe d'un quelconque retard. Il doit presser le pas. Maintenant je suis content qu'il dise qu'il reste concentrer sur son bilan au terme du mandat. Et ce que je souhaite, c'est que les 25 mars 2014, 2015, 2016 mon propos soit réduit à une seule expression, bravo Monsieur le Président, les sénégalais sont satisfaits et moi aussi. Et si c'était le cas, ne vous étonnez même pas que je puisse postuler pour être le Directeur de campagne de sa réélection.

Si je comprends bien pour l'instant, vos critiques ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd, parce que Macky Sall a répondu, selon vous, favorablement à vos critiques.

Il a répondu favorablement à mes critiques. Je pense d'abord, qu'il a dit qu'il respectait ma liberté d'expression et de tond, deuxièmement qu'il restait concentrer sur le bilan, satisfaisant je l'espère qu'il aura à livrer aux sénégalais avant 2017. C'est ça le sens de mon interpellation.

Est-ce qu'il n'y pas un manque de solidarité, qu'en même de votre part, parce qu'il y'a eu un certain lever de bouclier des gens qui ont une position contraire ? Comment comprendre votre réaction quand on sait que vous avez des députés, des ministres entre autre ?

Ah, vous avez raison ! Je l'ai entendu dire ça qu'il s'étonnait que quelqu'un qui est son allié qui a des ministres et des députés puisse parler comme je l'ai fait. Moi, c'est son étonnement qui m'étonne ! Parce que ma présence dans la coalition Benno Bokk Yaakaar, ou la présence de ministres issus de mon parti dans son gouvernement que par ailleurs je n'ai ni négocié, ni sollicité. Et je précise que le départ de ses ministres du gouvernement ne modifiera pas mon engagement dans Benno Bokk Yaakaar, pas plus que leur maintien n'enterrera ma liberté de dire la vérité en toute circonstance. Cela dit, en passant donc, la présence des députés à l'Assemblée nationale, tous ces facteurs là ne sauraient pas être des motifs d'enterrassions de ma liberté de parole. Je dirai en toute circonstance la vérité et je défendrai en toute circonstance les intérêts supérieurs du pays. S'agissant des députés, vous s'avez, nos députés ont été élus sur la même base que les députés de l'Apr, de l'Afp ou du Parti socialiste. Nous avons fait campagne pour la liste Benno Bokk Yaakaar, nous avons dépensé de l'argent, nous avons fait campagne le tour du Sénégal, pour que ces députés soient élus. Donc, ça ce n'est pas un cadeau, pas plus que le l'est, la nomination des ministres. Puisque, quand Macky Sall est venu chez moi solliciter mon soutien au deuxième tour, je lui avais dit que se sera un soutien qui ne sera ni négocié, sans contre partie, sans discutions. Voilà, je voulais clarifier cela.

Est-ce que les ministres de Rewmi seront toujours dans le gouvernement de Macky Sall ?

Ça, ça ne dépend que de Macky Sall lui même ! Moi ce n'est plus mon sujet. Les Ministres de Rewmi du jour où j'ai fait la proposition à Macky Sall, quand il m'a demandé des noms pour prendre Oumar Guèye et Pape Diouf, ils deviennent des Ministres de la République. Ils sont au service de l'Etat du Sénégal, ils ne sont pas au service de Rewmi ou de l'Apr, ou de l'Afp. Et de ce point de vue, ils obéissent aux injonctions du Président de la République et de son Premier ministre. C'est à eux de savoir s'ils sont satisfaits de leur travail ou pas. Mais moi, la seule obligation que j'ai c'est de leur dire de respecter la droiture, de respecter la loi, de respecter les règlements et de ne pas altérer l'image du parti qu'ils représentent dans cette équipe là, c'est tout. Mais pour le reste, c'est au conseil des ministres que ça se décide, ce n'est pas mon sujet.
Ça ne bouge, « Rewmi dokhoul », apparemment vous êtes insatisfaits pour l'instant !
Je suis insatisfait du bilan, d'étape à 1 an et j'ai dit, il est temps de presser le pas, parce qu'il y'a du travail.

Qu'en était-il quand vous étiez Premier ministre ?

Mais moi, mon bilan ne se discute pas. Je pense que tous les sénégalais en sont informés et satisfaits. Quand j'étais Premier ministre, le lendemain de ma déclaration de politique générale, il n'y avait plus de bons impayés au Sénégal. J'ai tenu à payer tous les bons dus aux paysans. J'ai fait recruter 15 000 fonctionnaires pour que des infirmières, des policiers, des gendarmes puissent aller servir dans des infirmeries, des polices et des salles de classe qui étaient fermées. Ensuite, j'ai atteint un taux de croissance de 6%, vous êtes à 2%. Personne n'a atteint ce niveau là. La politique économique que j'ai conduite, et que vous me permettrez là de rendre hommage à notre formidable administration des finances qui compte des Hauts fonctionnaires de classe mondiale, dont Sogué Diarri Sow de la Banque Centrale qui était mon conseiller économique à la Primature, de renouveler ma satisfaction à l'endroit de l'ancien Ministre des finances que j'avais présenté à Wade, Abdoulaye Diop et qu'il a gardé pendant 12 ans et qui a été doublement primé par les organismes indépendants comme étant le meilleur Ministre des finances de l'Afrique. Emerging Markets, qui est le journal de référence des Assemblées annuelles du fonds monétaire et de la Banque Mondiale à Washington l'a dit. L'autre magazine, Pinker, qui est édité par Faynel times de Londres l'a dit. Avec l'aide précieuse de cette équipe, nous avons pu obtenir l'atteinte du point d'achèvement PPTE, ça veut dire que tous les bailleurs de fonds ont été satisfaits, nous avons parachevé toutes les réformes économiques. Cela a eu pour conséquence, l'annulation de la dette PPTE qui n'a été accordée qu'à 16 pays dont 8 en Afrique, 4 en Asie et 4 en Amérique du Sud. Et cela avait généré pour le budget du Sénégal, 70 milliards de Francs CFA par an. C'est cette même politique économique qui a aboutit à l'Initiative d'annulation de la dette multilatérale (IADM) qui a fait qu'on a pardonné au Sénégal 1272 milliards de Francs CFA de dette internationale. C'est cette même politique économique qui a conduit à l'instrument de soutien à la politique économique l'ISPE qui n'a été accordée qu'à 5 pays dont le Sénégal par le Fonds monétaire international. Et cela a eu pour conséquence de dire au Sénégal qui ne voulait plus se contenter seulement des prêts que lui faisait le fonds monétaire international et qui correspondait à une demi-journée de recette fiscale annuelle, c'est-à-dire pas de quoi développer le pays, le fonds monétaire, nous nous avions choisi que le Fonds monétaire nous permette d'emprunter directement sur le marché financier mondial pour financer des secteurs porteurs de croissance. C'est ça qui a rendu possible le financement de l'électricité et le financement de l'autoroute à péage. Donc de ce point de vue là, plus les grappes de convergence vous vous en souvenez, j'avais entamé le développement de pôles économiques au niveau du Sénégal en dehors de Dakar. On n'a commencé par Thiès. Si on n'avait pas été freiné, aujourd'hui, 8 autres capitales régionales auraient été déjà équipées : Fatick, Diourbel, Matam, Dagana, Tambacounda, voilà ce que nous avons réalisé.
Sur le plan de l'éducation, les lycées pleuvaient, sous gestion, vous avez 30 000 bacheliers. Quand on est arrivé au pouvoir en 2000, il y'en avait que 9 000. Et plus important que ça, quand j'étais là, il y'avait de la discipline et de l'autorité dans la marche de l'Etat. Il n'y avait pas désordre .Ca c'est important.

L'ordre vient d'être rétabli par le Président ?

J'espère qu'il va rétablir l'ordre, j'espère qu'il va rétablir le développement. Le Premier ministre pense qu'en réalité c'est lui l'économiste et que vous avez tenté à plusieurs reprises de rejoindre son école et que vous n'avez pas pu. Votre réaction !
Je n'ai aucune réaction par rapport à cela, et croyez moi ce n'est pas du mépris à l'endroit du Premier ministre parce que je respecte chaque être humain qu'Allah a honoré et je ne me permettrais jamais de sous estimer qui que ce soit mais je lui répondrais pas.

Pourquoi ?

Parce que j'estime que c'est le Président de la République qui définie la Politique de la nation qui est digne de recevoir ma réponse parce que c'est lui qui décide, l'autre exécute. Donc, je réponds au Président de la République, à personne d'autre.
L'assertion selon laquelle Wade aurait laissé des caisses vides est une pure contre vérité vous savez le coran est formel et ne mêler pas le faut à la vérité ne cacher pas sciemment la vérité, vous m' avez tous vu combattre Wade fermement pour lui éviter l'ignominie de la dévolution monarchique du pouvoir et l'ignominie d'un troisième mandat anti constitutionnel mais on peut tout reprocher a Wade sauf d'avoir laisser des caisses vides et le Président de la République en vertu du verset que je viens vous donner ne mêler pas le faut à la vérité ,ne cacher pas sciemment la vérité son premier ministre et le ministre des finances doivent dire aux Sénégalais qu'en mars 2012 Wade leur a laissé dans les caisses précisément 417. 907. 700. 000f CFA voila ce Wade à laisser en mars 2012 aux Sénégalais donc y'a pas de caisses vides c'est quoi cette histoires.

Mais c'est dans quel intérêt ?

Je n'en sais pas, poser la question à ce qui vous ont dit ça, moi je vous ai dit la vérité, et je prends en témoins le gouverneur de la Banque Centrale et la Représentante du Fond Monétaire International qui regarde quotidiennement la position nette du gouvernement, la PNG pour les experts pour évaluer et estimer la santé financière du pays. Wade à laisser une situation bien meilleure que celle que Diouf laissée en 2000.

L'intégralité de l'interview d'Idrissa Seck avec le groupe D-Média :


REWMI.COM/AW Via ACTU24.SN

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