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Bassem Youssef donne son avis mais il n’est pas libre de le faire

Son sarcasme irrite les hautes sphères. Bassem Youssef, phénomène médiatique né de la révolution, est attaqué en justice. Une affaire hautement symbolique dans une Egypte où journalistes et activistes voient leur liberté reculer.  Le présentateur satirique libéré sous caution dimanche 31 mars n’est pas à l’abri de nouvelles poursuites judiciaires. Initialement accusé d’avoir insulté le président Morsi et l’islam, Bassem Youssef dit  être poursuivi pour de nouveaux motifs.

«Une nouvelle plainte  a été déposée contre moi au parquet général, pour avoir propagé des rumeurs, des fausses informations, et troublé l'ordre public après les derniers événements», a indiqué Bassem Youssef sur son compte Twitter.

«J'ai l'impression qu'on veut nous épuiser physiquement, émotionnellement et financièrement», a ajouté l'humoriste

Assis devant un plateau de télévision décoré à l'américaine, tasse de café à la main, Bassem Youssef se moque, parodie et caricature les nouveaux acteurs de la vie politique égyptienne. Une chose qui était impossible sous la présidence d'Hosni Moubarak. Le président islamiste Mohamed Morsi n’est pas épargné. Ni l’opposant El Baradei, ni même le propriétaire de la chaîne ONTV Naguib Sawiris. Avec son programme El Bernameg, Bassem Youssef offre un format novateur où s'entremêlent divertissement, éducation politique, activisme. Et surtout humour. C’est cette liberté de ton qui dérange.

«Je ne suis pas intimidé, je suis juste épuisée, a déclaré Bassem Youssef sur la chaîne CNN…Je ne vais pas faire marche arrière.»

En décembre dernier,  Bassem Youssef s'adressait directement à ses contempteurs, ceux-là même qui ne supportent pas la critique et la satire. Le présentateur les a bien identifié. Ce sont des hommes qui, selon lui, regardent la société à travers une grille binaire, les bons et mauvais musulmans, les croyants et les infidèles, la religion et les ennemis de la religion. « Je ne suis pas neutre. Je donne mon avis et je suis libre de la faire », maintient Bassem Youssef, la tête haute.

Pour le soutenir, Jon Stewart, le célèbre animateur du Daily Show  s’est à son tour moqué du président égyptien Mohammad Morsi et de sa gestion du pays. «Morsi Viva hate».

NB

 

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