mis à jour le

Chabat le sauveur…

N'y aurait-il au Maroc qu'un seul parti politique capable de prendre la mesure de la gravité de la situation de nos finances publiques et de l'ampleur de la débâcle qui menace ?

C'est la question que l'on est en droit de poser au lendemain de la tenue de la première réunion du Comité national du Parti de l'Istiqlal au cours de laquelle Hamid Chabat a présenté un plan, sérieux et crédible, de sauvetage des finances du Royaume, qui croulent sous le poids des déficits, des subventions à la Caisse de Compensation, des gaspillages et des dérogations fiscales accordées aux nantis, aux plus riches, aux entreprises les plus prospères !

L'Istiqlal, en soumettant à l'opinion publique ses options salvatrices, en essayant, sans succès jusqu'à présent, de présenter un tel plan aux partis de la majorité, qui ont préféré repousser à une date ultérieure une réunion pourtant décisive, est dans son rôle. À la fois en tant que parti membre d'une coalition assumant une responsabilité gouvernementale, mais également en tant que force de proposition, responsable et décidée. Une attitude qui tranche considérablement avec la démarche de ses pairs en charge des affaires publiques.

En proposant notamment plus de justice et d'équité fiscale, en tordant le cou aux subventions directes accordées aux limonadiers et indirectes accordées à tous ceux qui utilisent le gaz butane domestique pour des usages industriels ou agricoles, en relevant les tranches d'imposition pour les hauts salaires (50 000 dirhams et plus), en refusant les aides financières directes aux populations défavorisées sans une refonte et une redéfinition de la Compensation, en proposant la ré-instauration du Service Civil pour employer 80 000 jeunes diplômés, entre autres choses, l'Istiqlal nous prouve qu'il est en mesure d'appliquer une politique hardie destinée à sauver le Maroc de la faillite.

Hamid Chabat, que l'on a souvent présenté, dans ces colonnes mêmes, comme un populiste impénitent et un trublion, agit en leader déterminé et ses propositions, que l'on sait issues de l'expertise des membres de sa commission économique que dirige Adil Douiri, offrent une alternative crédible.

Pourquoi alors se priver de les appliquer ? Pourquoi repousser aux calendes grecques une réunion des partis de la majorité ? Pourquoi continuer, comme le font Benkirane et ses troupes, de parloter au lieu d'agir ?

Quel est donc ce démon, ce crocodile, cet esprit malin qui empêche le Chef du gouvernement de reprendre à son compte des mesures et propositions courageuses, volontaires et opportunes ?

L'heure n'est plus aux calculs politicards, aux desseins inavoués, aux manigances électoralistes. Benkirane a peut-être l'électorat avec lui, mais notre économie fout le camp, nos finances publiques sombrent, notre dette, intérieure et extérieure, explose, nos déficits deviennent abyssaux.

Et que nous propose-t-on comme solution ? D'attendre les assises de la Fiscalité à la fin de ce mois pour recommencer les palabres devant les caméras de télévision ?

Si le PJD n'est autre qu'une coalition de conservateurs frappés de religiosité incapable de concrétiser ses promesses, si le MP n'a d'autre souci que d'accaparer des postes ministériels pour rester dans sa pratique ininterrompue de parti gouvernemental depuis des décennies, si le PPS n'a d'autre choix pour survivre politiquement que de servir de caution aux islamistes, le salut viendrait-il de l'Istiqlal de Hamid Chabat ?

 

Fahd YATA 

moustache7

La Nouvelle Tribune

Ses derniers articles: Peinture : Patrick Jolivet  Le Maroc renforce ses capacités de production en énergie solaire  Plus de 51.000 bénéficiaires de l’Initiative royale “Un million de cartables”