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Sénégal : les défenseurs des droits de l’homme demandent le respect de la présomption d’innocence

Alors que des enquêtes sur les biens mal acquis se sont ouvertes au Sénégal mais qu'aucune poursuite n'est encore engagée, le refus de laisser sortir du territoire les dirigeants de l'ancien parti au pouvoir, le PDS, fait polémique. Les trois principales organisations sénégalaises de défense des droits de l'homme sont montées au créneau, ce lundi 1er avril, pour rappeler que l'Etat du Sénégal devait se conformer à la décision de la Cour de justice de la Cédéao qui avait demandé au Sénégal de respecter la présomption d'innocence.

Dans son arrêt du 22 février, la Cour de justice de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) avait estimé que « l'interdiction de sortie du territoire telle qu'elle avait été faite n'avait pas de base légale ». Forts de cette décision, les anciens ministres Oumar Sarr, Madické Niang, Samuel Sarr et Karim Wade se sont rendus, vendredi 29 mars, à l'aéroport, accompagnés d'un huissier de justice pour faire le constat qu'ils étaient encore soumis à une interdiction de sortie du territoire. Le PDS (Parti démocratique sénégalais) a aussitôt annoncé qu'il allait saisir de nouveau la Cour de justice pour demander cette fois la suspension du Sénégal de la Cédéao.

Lundi 1er avril, les trois organisations sénégalaises de défense des droits de l'homme, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho), la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) et Amnesty International ont tenu à rappeler que l'Etat du Sénégal devait se conformer à toutes les décisions de la Cour de la Cédéao, qu'elles lui soient favorables ou défavorables.

«La lecture de l'arrêt diffère», pour le gouvernement

« Ne pas le faire constituerait un précédent dangereux », explique Assane Dioma Ndiaye, de la LSDH. Pour lui, « la Cour de la Cédéao a été claire. Interdire à une personne de quitter le territoire national en l'absence de toute poursuite est une atteinte à ses libertés fondamentales. »

De son côté, Abdou Latif Coulibaly, le porte-parole du gouvernement, affirme que les termes de l'arrêt de la Cour de la Cédeao ont été « scrupuleusement respectés » puisqu'une notification écrite a été envoyée aux intéressés. « C'est la lecture de l'arrêt qui diffère », selon lui.

Rfi.fr

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