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Laurent Gbagbo lors de sa campagne électorale en octobre 5010. Reuters/Luc Gnago
Laurent Gbagbo lors de sa campagne électorale en octobre 5010. Reuters/Luc Gnago

Fin de partie pour Gbagbo

Celui qui a commencé à faire de la politique dans la clandestinité a terminé son mandat présidentiel caché dans un bunker, refusant de reconnaître la victoire de son rival. Il a été arrêté le 11 avril. Portrait.

Laurent Gbagbo a accédé au pouvoir en 2000, à la suite d’un long combat politique. Jusqu’à sa chute en 2011 consécutive à la crise postélectorale du 28 novembre 2010, le combat politique s’est mué en une guerre sans merci contre son principal rival, Alassane Dramane Ouattara (ADO), reconnu démocratiquement élu par la communauté internationale. Contrairement à la Cour constitutionnelle de Côte d'Ivoire, qui a proclamé Laurent Gbagbo vainqueur.

Originaire de Mama, dans la sous-préfecture de Ouaragahio et dans le département de Gagnoa, Laurent Gbagbo est né le 31 mai 1945. Il est très tôt remarqué comme un agitateur. Cela lui vaut d’ailleurs de quitter le séminaire qu’il fréquente. Passé le baccalauréat de philosophie au lycée classique d’Abidjan, il fait une licence d’histoire à l’université d’Abidjan en 1969. Un an plus tard, il entre dans l’enseignement comme professeur d’histoire au même lycée classique d’Abidjan et chercheur à l’Institut d’histoire, d’art et d’archéologie africaine (IHAA).

Syndicalisme et exil

Dans le contexte de parti unique que vit la Côte d’Ivoire, le combat politique passe forcément par le syndicalisme pour Laurent Gbagbo. La rencontre avec sa future épouse Simone Gbagbo, militante engagée, le galvanise davantage. Il est, du reste, étiqueté par le régime du président Félix Houphouët-Boigny comme étant un «subversif». Il est alors arrêté et emprisonné à Séguéla et à Bouaké de mars 1971 à janvier 1973. A sa sortie de prison, il fonde dans la clandestinité le Front populaire ivoirien (FPI) avec certains camarades.

Après sa maîtrise d’histoire à la Sorbonne, Laurent Gbagbo fait sa thèse de doctorat en juin 1979. Thème: les ressorts socio-économiques de la politique ivoirienne: 1940-1960. Peu après, il devient le directeur de l’IHAA. Le combat politique se dessine à travers son parcours professionnel. Membre du Syndicat national de la recherche et de l’enseignement supérieur (Synares), il utilise ce canal pour asseoir ses réseaux clandestins. Il fait partie des principaux acteurs de la grève dans le secteur de l’enseignement en 1982. Une grève qui paralyse les universités et les grandes écoles.

Aidé par les premiers militants, il installe secrètement et progressivement les structures de ce parti. Puis, en 1985, il prend la route de l’exil pour la France. Avec le soutien des jeunes officiers révolutionnaires du Burkina, en l’occurrence Thomas Sankara et Blaise Compaoré, arrivés au pouvoir une année plus tôt par un coup d’Etat.

En France, Laurent Gbagbo met du temps à se faire entendre dans sa démarche sur la nécessité d’une ouverture politique et démocratique en Côte d’Ivoire. Les relations et les intérêts qui lient Houphouët-Boigny (au pouvoir de 1960 à 1993) et la France sont tels qu’il peine à convaincre les autorités françaises de le suivre. Même ses amis socialistes, dont le Front populaire ivoirien (FPI) est idéologiquement proche. Entre la France et la Côte d’Ivoire, il y a en effet des accords très étroits. Mais qui confortent aussi la détermination de Laurent Gbagbo.

Le président Félix Houphouët-Boigny, qui préfère avoir l’œil sur son éternel «subversif», lui accorde son pardon pour son activisme politique tous azimuts. En déclarant que «l’arbre ne se fâche pas contre l’oiseau» et que son «remuant opposant serait beaucoup moins encombrant à Abidjan qu’à Paris». Aussi, accède-t-il à sa revendication principale de l’ouverture du paysage politique du pays au multipartisme. 

Un parti officiel

Laurent Gbagbo obtient ainsi sa première grande victoire. Il rentre en Côte d’Ivoire le 13 septembre 1988 pour devenir le secrétaire général du FPI à l’issue du congrès constitutif des 19 et 20 novembre 1988. A la faveur de l’ouverture démocratique, il affronte Houphouët-Boigny, qu’on appelle en Afrique le «Vieux», à l’occasion de la présidentielle du 28 octobre 1990. Le «Vieux» est élu sans surprise mais Laurent Gbagbo obtient 18,3% des voix et s’impose comme le leader de l’opposition. Dans la foulée, il participe aux législatives du 25 novembre 1990 et entre à l’Assemblée nationale en tant qu’élu de la circonscription de Ouaragahio dans laquelle se trouve sa ville natale de Mama, avec 8 autres élus du FPI sur les 175 députés que compte cette institution.

«Laurent Gbagbo est un homme intelligent et habile. Il sait se montrer disponible avec ses militants et sympathisants. C’est un homme du peuple qui vit au sein du peuple. C’est aussi un tribun qui sait parler au peuple. Il sait par conséquent naviguer entre populisme et nationalisme. Mais au fond, c’est un homme de conviction, téméraire, qui ne recule devant rien tant qu’il est convaincu», confie l’ancien journaliste béninois Youssouf Akandé, qui a longtemps vécu en Côte d’Ivoire.

Le FPI gagne progressivement en audience en sortant définitivement de la clandestinité. Dès lors, Alassane Dramane Ouattara, qui est le Premier ministre du «Vieux», est la cible de prédilection de Laurent Gbagbo. Qui le traite d’étranger (comprendre: Burkinabè) qui dirige la Côte d’Ivoire avec des étrangers (l’actuel ministre d’Etat Pascal Koupaki du Bénin, l’actuel leader de l’opposition et ex-Premier ministre Sidya Touré de Guinée, etc.). Ce discours est fédérateur au-delà des problèmes économiques et sociaux de la Côte d’Ivoire.

Le leader du FPI organise des manifestations contre le régime du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1960. Lors des grandes manifestations estudiantines du 18 février 1992 auxquelles fait face le gouvernement du Premier ministre Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo est arrêté, jugé et condamné le 6 mars à deux ans de prison. L’animosité entre les deux hommes ne fait que se renforcer.

«Contrairement à l’image que beaucoup peuvent avoir de Laurent Gbagbo, c’est-à-dire l’homme politique et le président de la République qui est certes populiste mais surtout très nationaliste, il est un homme ouvert et affable. C’est quelqu’un qui reçoit sans protocole, qui peut plaisanter à longueur de journée. Il parle volontiers le français ivoirien. Laurent Gbagbo est pour moi un ami avec lequel nous avons longtemps partagé les mêmes préoccupations pour la démocratie et la souveraineté des pays africains du vivant du président Félix Houphouët-Boigny. On a beau ne pas être d’accord sur certains points avec le leader historique, on ne saurait balayer du revers de la main le lancinant problème nord-sud et chrétien-musulman en Côte d’Ivoire, que Laurent Gbagbo a souvent utilisé à des fins politiciennes contre Alassane Dramane Ouattara», raconte le journaliste béninois Serge Félix N’Piénikoua.

La guerre de succession

C’est à la mort du «Vieux» que s’ouvre en réalité l’épisode de la crise ivoirienne avec la guerre de succession des héritiers. D’abord entre Alassane Dramane Ouattara, qui occupe le poste de Premier ministre, et Henri Konan Bédié qui, lui, est le président de l’Assemblée nationale et dauphin constitutionnel. C’est finalement ce dernier qui est installé de droit dans le fauteuil du «Vieux» grâce à l’esprit républicain des forces de l’ordre. Qui s’opposent à un coup d’Etat constitutionnel d’Alassane Dramane Ouattara contre Henri Konan Bédié.

Une fois installé au pouvoir, le président Henri Konan Bédié instaure l’«ivoirité» en guise de représailles à sa tentative de coup d’Etat constitutionnel. Un concept à l’origine destiné à définir la nationalité ivoirienne mais dont la finalité politique veut, dans sa nouvelle version, que pour être candidat à la présidentielle ivoirienne, il faut être de père et de mère ivoiriens et le prouver. Conformément à l’article 35 de la Constitution de l’époque. C’est juste pour écarter Alassane Dramane Ouattara, dont la nationalité ivoirienne est contestée, de la course à la présidentielle.

Si Laurent Gbagbo boycotte la présidentielle du 22 octobre 1995 pour cause de modification du code électoral, il n’en demeure pas moins vrai qu’il se réjouit secrètement de ce concept de l’«ivoirité». D’autant plus qu’il a toujours dénoncé la «nationalité douteuse» d’Alassane Ouattara. Sans surprise, Henri Konan Bédié est élu avec un score à la soviétique de 96,44% des suffrages. Mais, le 24 décembre 1999, il est renversé par un coup d’Etat perpétré par de jeunes militaires qui portent au pouvoir le général Robert Guéï. Lequel, selon son expression, promet au peuple ivoirien de «balayer la maison [Côte d’Ivoire, ndlr] et de partir».

Première élection, première révolte

Contre toute attente, le général Robert Guéï, qui disait être venu faire le ménage et ne pas être intéressé par le pouvoir, change d’avis. Il se porte candidat à la présidentielle de 2000 pour laquelle la Cour suprême écarte plusieurs candidatures, en particulier celle d’Alassane Ouattara pour «nationalité douteuse, faux et usage de faux sur la filiation». Mais le général Robert Guéï, battu dans les urnes par Laurent Gbagbo, tente un hold-up électoral qui tourne à la révolte populaire à Abidjan. Plus de 200 morts avant que les militaires fidèles au général ne baissent les armes face au soutien des forces de l’ordre, qui reconnaissent la victoire de Laurent Gbagbo, crédité de 59,4% des suffrages. Il devient président de la République le 26 octobre 2000.

Le général Robert Guéï reconnaît la légitimité du nouveau président le 13 novembre, mais il est cependant assassiné. Installé au palais présidentiel à Abidjan, Laurent Gbagbo reconnaît qu’il est «mal élu» en raison du taux de participation au scrutin. Celui que l’on surnomme «le boulanger», parce qu’il aura réussi à rouler tous ses adversaires dans la farine pour atteindre son objectif final, ne revient pas non plus sur l’«ivoirité». Cela l’arrange en effet. Et Ouattara est d’office exclu des législatives de 2001, même si son parti, le Rassemblement des républicains (RDR), y participe.

Dans le Nord, où les partisans d’Alassane Ouattara empêchent la tenue du scrutin législatif du 10 juin 2001 pour cause de rejet de sa candidature par la Cour suprême, une élection partielle est organisée pour pourvoir 26 sièges dans un climat délétère. Et certains parlent déjà de sécession du Nord après les violences de mars, que l’on qualifie à Abidjan de tentative de coup d’Etat. Laurent Gbagbo menace de «corrections sévères» les assaillants, qu'il accuse d’être soutenus par des pays voisins, et prévient qu’«il n’y aura pas de grâce présidentielle ni d’amnistie parlementaire pour eux».

La France s'en mêle

Le 19 septembre 2002, alors que le président Laurent Gbagbo est en visite officielle à Rome, des soldats venus du Burkina Faso voisin tentent un coup d’Etat contre le régime. Ils échouent à Abidjan mais réussissent à prendre les villes du Nord dont ils sont majoritairement originaires: Bouaké et Korhogo. Motif: ils sont contre la politique de l’«ivoirité». Ils avancent jusqu’aux portes de Yamoussoukro, la capitale politique du pays et village natal de feu le président de Félix Houphouët-Boigny. A travers l’opération Licorne, la France s’interpose entre les belligérants, accusés de massacres par la communauté internationale.

Pour Laurent Gbagbo et ses partisans, il ne fait l’ombre d’aucun doute. La France veut lui faire payer sa volonté de réviser certains accords liant la France à la Côte d’Ivoire depuis l’indépendance, sa volonté de diversification de ses partenaires et son esprit d’indépendance. Mais il peut compter sur deux faucons dans son entourage: son épouse Simone Gbagbo et le leader de ses «jeunes patriotes», Charles Blé Goudé. Lesquels mettent en place un mouvement de résistance contre les rebelles, et par voie de conséquence contre la France qui les soutient via le Burkina Faso de Blaise Compaoré. L’ONU parle d’exactions commises sur les populations civiles dans les deux camps.

De la réunion des chefs d’Etat de Kleber à l’accord dit de dialogue direct de Ouagadougou en passant par Lomé et Marcoussis, la crise ivoirienne devient un véritable casse-tête africain et international. Le président Laurent Gbagbo, qui est sans conteste un habile homme politique, déclare dès la rencontre de Kleber en France:

«Je n’ai pas gagné la guerre, et c’est pour cela que je dois discuter, faire des compromis. Je m’en vais dire aux Ivoiriens: je n’ai pas gagné la guerre, il faut en tirer les conséquences.»

 De retour en Côte d’Ivoire après l’accord de Marcoussis, il dit à ses compatriotes, mais surtout à ses militants et sympathisants: «Médicament amer qu’il faut essayer.» D'après les termes de l'accord, Gbagbo doit rester en fonction (les rebelles ont précédemment exigé sa démission), un nouveau gouvernement de réconciliation doit être formé avec un Premier ministre «neutre» suivi du désarmement des rebelles. Ce gouvernement inclut le FPI, l'opposition civile et des représentants des groupes rebelles. De plus, des lois doivent être votées afin de satisfaire aux exigences des rebelles.

Mais il gagne du temps pour transformer l’armée ivoirienne, qui n’existait que de nom depuis l’indépendance à cause de la présence militaire française faisant office d’armée nationale, en une véritable armée, en recrutant et en achetant des armes. Entretemps, l’ONU met en place l'Opération des Nations unies pour la Côte d’Ivoire (Onuci) sous la houlette de la France.

Offensives militaires

Une fois bien armé, le régime Gbagbo dénonce un accord jugé trop favorable aux rebelles et accuse les Français de les soutenir. Les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (Fanci) lancent, en novembre 2004, une grande offensive contre des villes sous le contrôle des rebelles du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI) désormais mué en Forces nouvelles, comme Bouaké et Korhogo. A Abidjan, des «escadrons de la mort» sévissent contre des partisans d’Alassane Dramane Ouattara.

Face à cette nouvelle reprise de la guerre entre forces gouvernementales et rebelles, la France demande le 5 novembre au Conseil de sécurité de l'ONU une extension du mandat de l'Onuci pour s'interposer militairement. Les Casques bleus s’opposent à l’avancée de l’armée ivoirienne. Le 6 novembre, les bombardements des Fanci sur la zone de confiance, notamment à Man et Bouaké, font 9 morts parmi les soldats français de l'opération Licorne.

En riposte, le président français Jacques Chirac ordonne la destruction de deux avions de type Soukhoï et les hélicoptères MI-24, soit la totalité de la flotte aérienne ivoirienne. Les drones achetés à Israël sont saisis. C’est sur ce statu quo que le président burkinabè Blaise Compaoré, accusé ouvertement de soutenir les rebelles, a pu réunir à Ouagadougou le chef des rebelles Guillaume Soro et le président Laurent Gbagbo à travers le fameux «dialogue direct»: celui-ci a mis en place le gouvernement de réconciliation ayant conduit à la présidentielle du 28 novembre 2010, moult fois reportée. La communauté internationale a reconnu vainqueur Alassane Dramane Ouattara, contrairement à la Cour constitutionnelle qui a proclamé la victoire du président Laurent Gbagbo.

Les derniers soutiens de Laurent Gbagbo

Alors que toute la communauté internationale exige son départ du pouvoir en envisageant même une option militaire, il bénéficie de quelques soutiens africains, notamment l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, l’Ouganda, l’Angola. «Les suppôts des intérêts étrangers n’ont jamais aidé l’Afrique. Nous en avons eu copieusement notre part au cours des 50 dernières années – Mobutu Sese Seko, Houphouët-Boigny, Kamuzu Banda, etc.», souligne le président ougandais Yoweri Museveni, qui estime que le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et son représentant spécial, Choi, ont failli à leur mission dans la gestion de la crise ivoirienne.

Pour Boi Ishoa, qui a bien connu Laurent Gbagbo, «les traits caractéristiques du personnage sont sa profonde conviction qui a été forgée dans la lutte politique et le militantisme. Il faut avoir le courage de le dire, Gbagbo avait une vision du développement économique de l’Afrique totalement différente de celle d'Houphouët-Boigny. Un seul mot pour traduire très modestement le parcours politique de Gbagbo: le nationalisme. Il perçoit autrement les relations entre l’Afrique et les anciennes puissances coloniales. Gbagbo est dans la lignée des N’Krumah [dirigeant du Ghana et chantre du panafricanisme], sans se réclamer d’un panafricanisme qui était à la mode en son temps. Il croit qu’il faut établir des relations justes et équitables, sans se soustraire d’un partenariat avec les pays développés, qui permettent de jouir des richesses naturelles dont disposent nos pays dans le sens d’un épanouissement et d’un développement réels».

Toutes les négociations de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), de l’Union africaine et de la communauté internationale ayant échoué à obtenir le départ de Laurent Gbagbo, le pays est resté sur le statu quo. Après quatre mois d’attente, l’ex-rébellion soutenant le président Alassane Dramane Ouattara a décidé de lancer l’offensive militaire. Mais le président Laurent Gbagbo résiste, contre toute attente, avec le dernier carré de ses hommes, en l’occurrence les Forces spéciales de la Garde républicaine, autour des principaux symboles de l’Etat: la résidence du chef de l’Etat, le palais présidentiel, la Radio télévision ivoirienne (RTI) ainsi que les camps militaires d’Agban et d’Akouédo. Et l’assaut final lancé par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) pro-Ouattara piétine. Il faudra attendre le soutien des forces de l’Onuci et de la Licorne pour que l’«assaut final», comme l’ont baptisé les FRCI, conduise finalement à la demande d’un cessez-le-feu par les FDS de Laurent Gbagbo.

La diplomatie s’active pour obtenir le départ du «boulanger d’Abidjan» que l’on dit négocier sa reddition. Lequel dit le contraire et persiste et signe à dire qu’il ne reconnaît pas la victoire d’Alassane Dramane Ouattara. Au lieu de se voir transmettre le pouvoir en bonne et due forme, le président reconnu par la communauté internationale se voit dans l’obligation de se substituer à son prédécesseur. En imposant par ailleurs un blocus autour de sa résidence, comme il est lui-même bloqué à l’hôtel du Golf depuis le second tour de la présidentielle. Ce que d’aucuns baptisent, non sans humour «la République du Golf» ou «la plus petite République du monde».

L’éviction du président Laurent Gbagbo intervient donc de facto. Une éviction du pouvoir qui, quoi qu’on fasse, marquera un tournant dans les relations entre la France et ses anciennes colonies en Afrique, mais aussi entre l’ONU et l’Afrique. Cependant, le président Laurent Gbagbo, dont la témérité n’est plus à démontrer et qui ne s’avoue pas vaincu (ni par les armes ni par les urnes), continue de se battre avec le dernier carré de ses fidèles.

Marcus Boni Teiga



Lire aussi:

- Laurent Gbagbo, l'homme qui ne renonce jamais, par Tiburce Koffi

- Pourquoi la France fait la guerre à Gbagbo par Christian Eboulé

- Il était une fois Laurent Gbagbo par Venance Konan

 

Marcus Boni Teiga

Ancien directeur de l'hebdomadaire Le Bénin Aujourd'hui, Marcus Boni Teiga a été grand reporter à La Gazette du Golfe à Cotonou et travaille actuellement en freelance. Il a publié de nombreux ouvrages. Il est co-auteur du blog Echos du Bénin sur Slate Afrique.

Ses derniers articles: Lettre à mon cousin Barack  A-t-on vraiment voulu tuer Boni Yayi?  Il faut privilégier les Bleus évoluant en France 

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