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Mourad Medelci considère que « la Tunisie est encore à la recherche de ses institutions »

L'Algérie est récalcitrante . Les conditions pour la tenue d'un sommet maghrébin ( Mauritanie , Maroc ,Algérie , Tunisie et Libye ) ne sont pas réunies, a déclaré le Ministre des affaires étrangères Mourad Medelci. Il y a des « divergences d'approche » sur l'ensemble à construire, selon Medelci, qui considère que la sécurité constitue la première préoccupation des pays de la région.

L'Algérie ne souhaite pas un sommet maghrébin dans l'immédiat, mais préfère qu'il se tienne « quand les conditions seront réunies », ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Le Ministre algérien des affaires étrangères, M. Mourad Medelci, l'a affirmé lundi, au cours d'une émission de radio, précisant toutefois que les relations maghrébines sont en phase de « normalisation » après la période de tension qui a dominé durant les derniers mois. M. Medelci a déploré « l'ambiance » créée par l'agence marocaine MAP après un incident entre délégués marocains et algériens en marge du Forum Social Mondial (FSM) qui s'est tenu à Tunis. Cette ambiance est « en contradiction avec la volonté politique » de l'Algérie et du Maroc « d'aller de l'avant » » dans la construction maghrébine. « Avec ces développements, « nous sommes conscients de la nécessité d'une révision importante dans le fond et dans la forme », a affirmé Medelci, sans plus de précisions. Concernant le sommet auquel a appelé le président tunisien Moncef Marzougui, Medelci a précisé que les pays maghrébins sont « engagés dans un processus sérieux de préparation de ce sommet », mais « loin d'avoir bouclé ce qui doit être réuni comme conditions ».En conséquence, « tenir un sommet dans ces conditions est un peu délicat », a-t-il dit. Pressé de dire quand le sommet se tiendra, et quel sera son ordre du jour, il a déclaré : « Je ne sais pas quand, mais il est dans la nature es choses que le sommet (maghrébin) se réunisse, il se réunira quand les conditions seront réunies », mais à l'heure actuelle, « on n'est pas au stade » de la préparation de l'ordre du jour. Il a déclaré que « la Tunisie est encore à la recherche de ses institutions », tout comme la Libye. « Le sommet maghrébin est une priorité, mais dans cette priorité, s'impose une autre priorité, la situation sécuritaire » dans la région, « au Sahel, mais aussi, pourquoi ne pas le dire franchement, en Libye, qui fait beaucoup d'efforts pour maitriser la situation », a-t-il dit. Il a annoncé que l'Algérie a fait « une offre très concrète et très organisationnelle » pour organiser et former la police et l'armée libyenne.

Priorité à la sécurité

« La sécurité est devenue « le problème numéro un dans les agendas maghrébins et régionaux », a déclaré Medelci. « Nous avons convenu de travailler entre maghrébins sur ces questions de sécurité », et « un consensus s'est dégagé. Les responsables des institutions de sécurité vont se rencontrer et dégager une feuille de route et une stratégie commune de lutte contre l'insécurité», a-t-il indiqué. Pour M. Medelci, la sécurité comprend des « volets différents », dont certains « frappés du sceau de la gravité », qui comprennent « la circulation des armes » en Libye et au Sahel, « la lutte contre le terrorisme, la lutte contre le crime organisé et contre le trafic les narcotrafiquants ». Pour le chef de la diplomatie algérienne, le trafic de drogue est « devenu un problème de sécurité » pour l'Algérie, qui est désormais « ciblée ». La priorité à la sécurité n'est pas une remise en cause de l'idée maghrébine, selon M. Medelci. L'unité maghrébine est une « ambition, une option stratégique, ça n'a jamais été un leurre », a-t-il dit, qui a déploré que les pays maghrébins « avancent trop lentement dans le processus d'intégration ». La démarche maghrébine a été portée par une « volonté » qui n'a pas été appuyée par «un cadre organisationnel, des moyens et de mécanismes capables de transformer cette ambition en réalité», a-t-il dit face au volontarisme du président tunisien Moncef Marzouki. « Nous sommes conscients de la nécessité d'aller plus vite, de manière ordonnée ».

Il a salué l'appel du président tunisien à la tenue d'un sommet maghrébin ( annoncé par la Tunisie pour octobre 2012 à Tabarka ), ce qui « donne l'attention nécessaire à la préparation du sommet ». Les ministres maghrébins de l'intérieur vont se réunir à Rabat en avril, avant une réunion des ministres des affaires étrangères destinée à étudier « le contenu » de ce cet ensemble à bâtir, pour dégager « un consensus ». Pour M. Medelci, le contenu de cet ensemble maghrébin fait l'objet de « divergences d'approche». «Il y a un problème de cohérence de l'ensemble maghrébin », a-t-il déclaré. « La zone de libre-échange n'a de valeur que pour les produits disponibles sur le marché maghrébin ; or nous sommes encore, tous les maghrébins, dépendant de l'extérieur ; ce qu'il faut c'est que nos capacités de production se développent dans la complémentarité », a-t-il dit.

Les frontières algéro-marocaines, une question strictement bilatérale

Medelci a par ailleurs déclaré que la question des frontières entre l'Algérie et le Maroc, actuellement fermées, est une question « bilatérale », et ne relève pas de l'Union du Maghreb Arabe. Il a souhaité que la tournée l'envoyé spécial onusien pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, qu'il devait rencontrer dans la journée, fasse avancer le processus de paix. A propos d'un jeune sportif algérien de 14 ans, Islam condamné à un an de prison ferme au Maroc sous l'accusation d'agression sexuelle, M. Medelci s'est refusé à politiser l'affaire. « Pas question de remettre en cause la justice marocaine », et « il n'est pas dans notre intention d'en faire une question politique », a-t-il dit, ajoutant qu'il espère que « le processus d'appel » permette un dénouement rapide.

Concernant la situation au Mali, Medelci l'a qualifié de très préoccupante. Il s'est félicité d'un « début de retour des institutions » au nord du Mali, mais il a estimé que l'option militaire qui « a permis cette évolution ne peut pas suffire ». « Les nouvelles initiatives sur le dialogue doivent être appuyées », a-t-il en référence à la commission de dialogue instituée au Mali. Il a affirmé que l'Algérie est un « voisin privilégié » du Mali, et qu'elle était disposée à « étudier une nouvelle politique de voisinage pour rétablir les vraies priorités de la région », en premier lieu le développement.

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