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ASSISES - Condamné à 20 ans de travaux forcés : Birahim Cissokho avait asséné un coup de couteau au lutteur Elton junior

La prolongation de la finale zonale de Navétanes entre les Asc Hamo 4, 5, 6 et Diamono II s'est jouée hier, devant la Cour d'assises de Dakar. Un match de football qui a viré au drame avec le décès du lutteur Mamadou Lamine Faye alias Elton junior, pensionnaire de l'école de lutte Balla Gaye. Chose curieuse, il n'y avait la présence d'aucuns membres de ladite écurie.

La famille du défunt lutteur Elton junior, Mama­dou Lamine Faye à l'état-civil, a dû certainement être replongée dans le drame. La Cour d'assises de Dakar a réparé à sa manière cette perte en condamnant son meurtrier Birahim Cissokho à 20 ans de travaux forcés pour meurtre, coups et blessures volontaires. Cette juridiction a reçu la constitution de partie civile de Daouda Camara en lui allouant la somme de 300 mille francs Cfa.

Sous le coup d'un mandat de dépôt depuis le 12 décembre 2008, le meurtrier âgé de 32 ans - il est né le 20 avril 1981 à Dakar -, n'a pas échappé au glaive de la justice et au réquisitoire de l'avocat général. Madiaw Diaw a écarté la légitime défense, d'autant que l'agression est disproportionnelle à l'attaque. A son avis, en se basant sur les déclarations du présumé meurtrier, celui-ci avait déjà pris le dessus sur son protagoniste. Estimant que ni la légitime défense ni l'excuse de provocation ne sauraient prospérer, l'avocat général a requis une peine de 20 ans de travaux forcés et une amende de 100 mille francs Cfa.

A l'origine, une rivalité qui débouche sur des injures

Le 29 novembre 2008, le commissariat central de police Guédiawaye est informé d'une bagarre au quartier Cheikh Yade, près de la boulangerie Serigne Saliou. A l'intérieur de cette boulangerie, le corps sans vie de Mamadou Faye gisait dans une mare de sang. Surplace, les enquêteurs constatent une blessure ouverte au niveau du cou, du côté gauche du cadavre de Mamadou Lamine Faye alias Elton Junior, lutteur et pensionnaire à l'école de lutte Balla Gaye. Le certificat de genre de mort établit un décès à la suite d'hémorragies secondaires et un traumatisme par arme blanche.

Selon les informations recueillies, Daouda Camara se serait aussi blessé à la nuque et a été évacué à l'hôpital. Une agression survenue à la suite des préparatifs d'une finale zonale du championnat national populaire communément appelé Navétanes. Les partisans de l'Association sportive culturelle Hamo 4, 5, 6 ont abreuvé d'injures ceux de l'Asc Diamono II. Certainement courroucés, Mamadou Lamine Faye et Daouda Camara, employés de la boulangerie Serigne Saliou, somment les uns et les autres d'arrêter. Une bagarre opposant ces derniers au sieur Birahim Cissokho s'en est suivie.

A l'hôpital, le rescapé Daouda Camara explique aux enquêteurs qu'il est blessé par Birahim Cissokho qui a aussi porté un coup fatal à son collègue Mamadou Lamine Faye à l'aide d'un couteau. Devant la barre de la Cour d'assises, le témoin et partie civile Daouda Camara, 39 ans, a expliqué qu'au moment du drame il lavait son tee-shirt. Son attention, explique-t-il, a été détournée par les injures proférées par Cissokho. A l'aide d'un couteau, celui-ci a blessé Mamadou Lamine Faye. Atteint, ce dernier s'est écrié :
«Woy ! On m'a blessé.»

Par la suite, Elton Junior s'est dirigé à l'intérieur de la boulangerie. Daouda Camara tente de relever sa tête de la bassine, au même moment Birahim Cissokho le blesse à la nuque. «Je ne l'ai pas senti, sinon il ne m'aurait pas blessé», déclare devant la Cour Daouda Camara.

Entendu, Cheikh Dione, un autre témoin des faits, explique que les supporters de l'Asc Hamo décoraient la chaussée pour préparer leur finale. Arrive à leur niveau un groupe d'individus dont l'un a proféré des injures. Et Birahim Cissokho sans aucune explication s'est attaqué à Dion en le poignardant avec un couteau et en assénant aussi un coup de l'arme blanche à Daouda Camara avant de prendre la fuite. Tout comme Cheikh Dione, Abdou Aziz Niasse confirme que l'accusé avait dissimulé le couteau sous son habit.

«Je l'ai transpercé sans le vouloir»

A son tour, le faux-lion Birahim Cissokho reconnaît les faits, arguant que la victime l'avait provoqué en l'injuriant de mère à deux reprises. Mamadou Lamine Faye s'est même rué sur lui en brandissant un couteau. Celui-ci trébuche et l'arme lui échappe des mains. Birahim Cissokho s'en saisit pour lui en asséner des coups et en porte aussi à Daouda Camara venu secourir son collègue.

Inculpé, Birahim Cissokho maintient ses déclarations, en soutenant avoir agi en état de légitime de défense. «C'est en revenant de la Maison des enfants sur la corniche de Guédiawaye que j'ai vu des jeunes qui s'apprêtaient pour la finale zonale. J'ai dit à l'un deux : «Hamo 4, 5, 6 va gagner par trois à zéro contre Diamono II.» Mamadou La­mine Faye a bondi de la natte où il était assis pour m'injurier. Il a enchaîné avec les insultes. Avant de retourner dans la boulangerie pour y prendre un couteau. Dans notre accrochage, la victime a perdu le contrôle du couteau. Je m'en suis saisi et sans le vouloir le couteau l'a transpercé. Un autre qui était assis sur la natte est venu à sa rescousse. Il a voulu m'attaquer et j'ai répliqué en le piquant», relate Birahim Cissokho qui a déjà fait la prison pendant deux ans en 2006 pour détention de chanvre indien.

Le meurtrier conduit à la police, dix jours après les faits

A la suite de la bagarre, le présumé meurtrier célibataire avec trois enfants nés de relations extraconjugales, jette le couteau. Il se réfugie par la suite à la cité Asecna, à Yeumbeul. Avant de s'en ouvrir à son frère qui le conduit à la police, dix jours plus tard. Dans sa plaidoirie, l'avocat de la défense a relevé beaucoup de «contrevérités» dans la déposition de Abdoul Aziz Niasse. Me Khalil Sèye a écarté l'homicide volontaire qui ne peut être invoqué dans cette affaire, puis que l'arme du crime était entre les mains de la victime. Par conséquent, il a plaidé une requalification des faits en coups mortels sans intention de donner la mort.

Malheureusement pour lui, la Cour a condamné le meurtrier Birahim Cissokho à vingt ans de travaux forcés.

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