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‘’Ganu keur gui’’ avec Souleymane Diallo Sg du Sels «Avec autant de grèves, on va vers une privatisation de l’école publique»

Votre rubrique hebdomadaire ''ganu keur gui'' de rewmi quotidien et de rewmi.com a reçu, cette semaine, le secrétaire général du syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), Souleymane Diallo qui s'est prononcé sur l'état du système éducatif, prônant une tenue obligatoire des assises de l'éducation, pour sortir l'école du cycle de crise.


Pourquoi, la ,plupart de vos revendications portent sur des questions financières ?

Ce sont les revendications à usage financier qui sont mis en exergue par le gouvernement. Etant donné que ce sont les questions d'argent qui fâchent, elles opposent toujours l'Etat et les syndicats. En outre, le gouvernement les utilise pour stigmatiser les enseignants, en montrant à l'opinion une mauvaise facette. Ce qui est loin de la réalité. Chaque travailleur a le droit de revendiquer une meilleure condition salariale, d'autant que le coût de la vie a augmenté. Dans nos revendications, il y a des points qui sont liés aux infrastructures, aux ratios entre les élèves et les maitres, entre les maîtres et les inspecteurs, outre des questions pédagogiques.
Avec tant de grèves, l'école ne peut pas trouver son équilibre ?
Les crises scolaires sont devenues récurrentes, à partir de 2003, avec les protocoles d'accord entre les syndicats de l'enseignement et le gouvernement. Les accords peinent à être appliqués, c'est pourquoi ils sont remis sur la table, accompagnés d'un préavis de plan d'action, chaque année. Les retards persistants de salaires et le mode de paiement, surtout, pour les volontaires et vacataires, restent des problèmes. Alors pour éviter ces obstacles, il faut mettre en place un dispositif de prévention de gestion des conflits. L'état attend que les préavis soient déposés, que les syndicats soient en grèves pour appeler aux négociations, avant d'accepter de satisfaire à moitié à la fin de l'année, afin de la sauver.
N'est-il pas temps de regarder l'intérêt des enfants qui ne comptent que sur une bonne formation ?
La grève est un droit universel consacré par le code du travail. Alors, on ne peut pas y mettre un terme, même si elle doit être utilisée avec intelligence. Avant d'aller en grève, les enseignants diagnostiquent le problème, situent les responsabilités. L'opinion ne voit jamais que le gouvernement n'a pas respecté ses engagements. Le droit à l'éducation est reconnu, le droit à un travail décent aussi. Et aucun de ces droits ne peut primer sur l'autre, alors, il revient aux autorités de faire en sorte que ces droits s'exercent concomitamment. La grève est l'arme ultime des syndicats.
Le nombre pléthorique des syndicats n'est-il pas un handicap pour de bonnes négociations ?
L'émiettement du mouvement syndical entrave le dialogue social de qualité et cause l'inefficacité de la lutte syndicale. Malgré cette dispersion, il y a un cadre unitaire. Pour lutter contre cela, maintenant, il faut organiser des élections de représentativité syndicale, indispensable à une rationalisation du syndicalisme et des négociations. La politisation du mouvement syndical pose aussi problème. On veut faire un tronc commun avec tous les syndicats, qu'ils soient de l'élémentaire ou du moyen secondaire.
Avec autant de perturbations, c'est évident que le niveau scolaire des élèves soit en baisse, en tant que formateur, cela ne vous alarme pas ?
La baisse de niveau des élèves est une problématique qu'il ne faut pas réduire au niveau des enseignants uniquement. Cela fait aussi appel à la qualité de l'éducation. Il faut voir le curricula, le quantum horaire, la formation de l'enseignant, ses conditions de travail, ses méthodes d'évaluation. La pauvreté agit aussi sur la qualité de l'enseignement. Il faut noter aussi qu'avec autant de grèves, on va vers la privatisation de l'école publique.
Votre lecture sur l'état actuel de l'éducation sénégalaise...
L'école en en crise. Au-delà des grèves récurrentes qui posent le problème du dialogue social dans ce secteur qui engage la responsabilité du gouvernement, les parents d'élèves doivent s'impliquer sur le dialogue entre enseignant et autorités. Certes, beaucoup d'efforts ont été faits mais, cela reste. L'orientation des nouveaux bacheliers pose un hic, les abris provisoires sont toujours d'actualité. Le véritable problème reste la qualité qui nécessite un financement conséquent. Aussi, faut-il faire ces assises proposées par le gouvernement, afin d'éviter ce qui s'est passé en 1988.
Un an après l'arrivée de Macky, y-a-t-il un changement dans vos revendications ?
C'est seulement un an après que le gouvernement a un peu frémi sur les revendications des enseignants. Macky s'était engagé à respecter les accords mais, rien n'a été fait durant cette période. C'est lors de la dernière rencontre qu'ils ont fait des propositions sur la question de la validation des 2/3 sans rappel. C'est certes un pas en avant, mais très insuffisant par rapport aux attentes des organisations syndicales.
La rédaction
REWMI QUOTIDIEN

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