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A l’attention de Sihem Badi, « Ministre » de la Femme, de la Famille et de l’Enfance

A l'attention de Sihem Badi, Ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfance.

Madame la Ministre , que des viols arrivent dans notre pays, cela est tout à fait normal puisque cela arrive dans tous les pays du monde.

Que les gouvernants n'aiment pas être mis en cause à chaque fois qu'un viol arrive, là aussi, on peut comprendre qu'ils ne peuvent empêcher les fléaux sociaux ni les pervers d'exister, qu'il y aient des délinquants, des bandits et des pervers sexuels c'est de plus en plus fréquents dans les sociétés les plus évoluées et là on est bien d'accord.

Et on est aussi d'accord que le viol est un fait à traiter sur le plan judiciaire, social et psychologique et que c'est la mission des spécialistes, experts et associatifs à côté des pouvoirs en place et les institutions de la République.

Par contre, ce qui n'est pas du tout normal ni raisonnable , c'est quand la Ministre chargée de la protection de l'enfance dans notre pays, devance et anticipe l'enquête policière, le rapport des experts chargés de l'enquête ainsi que les pouvoirs judiciaires, et se met à défendre aveuglément, bec et ongles, les responsables du viol d'une petite fille de 3 ans.

Ce qui est surréaliste dans votre attitude Madame la Ministre, c'est de persister dans l'erreur, signer et affirmer une incompétence démesurée à côté de la faiblesse de votre exercice depuis des mois. En effet, cela fait des mois que les associations de tout bord et actives en Tunisie, vous appellent et vous invitent à veiller au contrôle des établissements destinés à la petite enfance qui s'ouvrent de façon anarchique partout en Tunisie, sans répondre à des cahiers de charges spécifiques garantissant le respect des droits de l'enfant et la protection de l'enfance de toute forme de fléau social portant atteinte à son développement et épanouissement au sein des structures collectives.
Madame la Ministre, nous vous avons vu vous prendre en photo avec les chaussure de Leila Trabelsi Ben ali, nous vous avons vu également, au milieu de l'Avenue Habib Bourguiba, sur la tribune, lors de la manifestation de soutien au gouvernement et à la Nahdha, crier et traiter vos opposants de tous les noms en oubliant votre fonction de Ministre de toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens, nous vous avons écouté lancer, cyniquement à travers les médias, un défi aux Tunisiens « buvez l'eau de mer si vous n'êtes pas contents », mieux encore, lors de vos déclarations radio sur l'affaire de ce viol de la petite fille de 3 ans, non seulement vous avez défendu les responsables, donc cautionné le viol de façon abjecte, mais aussi vous avez, encore une fois, mis les Tunisiens au défi en lançant avec arrogance « je ne démissionnerais pas » .

Madame la Ministre, quelle est donc votre mission au sein de ce gouvernement ? Qu'est ce qui compte le plus pour vous, le titre de Ministre, la fonction en soi ou les prérogatives pour lesquelles vous avez été désignée ?

Madame la Ministre, votre arrogance, votre opportunisme exacerbant mais surtout votre incompétence dans la gestion du ministère qu'on vous a attribuée dépassent tout entendement.
Madame la Ministre, votre exil doré en France, aurait du vous servir pour apporter à la démocratie naissante en Tunisie un enrichissement certain, malheureusement, le constat, au bout de plus d'un an d'exercice, démontre votre incapacité à gérer le pouvoir qu'on vous a octroyée, votre déni de la cause noble qui est la défense des droits de la femme, de l'enfant et de la famille : Madame, nous vous avons vu vous lever contre une campagne publicitaire parodique, à laquelle vous n'avez rien compris, pour dénoncer un côté mal veillant pour les enfants, vous étiez, d'ailleurs, la seule à avoir vu ce côté Madame, nous vous avons vu vous lever contre l'existence de FEMEN ( groupe féministe ) en Tunisie, le qualifiant « d'atteinte aux bonnes m½urs et aux traditions tunisiennes ».

Par contre, dans cette même logique de pensées et si l'on veut bien vous croire, nous ne vous avons pas vu vous lever ,ou du moins lever le petit doigt, contre les extrémistes islamistes (salafistes) violents qui envahissent les écoles, les lycées, les universités et la place publique pour déverser leurs discours de haine, de violence et faire leurs appels aux meurtres et au jihad, nous ne vous avons pas vu bouger ou vous indigner ,quand une femme s'est faite violer par trois policiers et s'est faite accuser d'atteinte aux bonnes m½urs, ni quand une jeune fille de 11 ans (sourde et muette) s'est faite agresser et violer.

Madame, les atteintes à l'intégrité physique des femmes et des enfants se font presque au quotidien depuis le 23 octobre 2011, que ce soit, par la police ou par les extrémistes islamistes qui vous ont applaudit lors de la manifestation du 9 Février 2013.

Madame la Ministre, connaissez vous vraiment la société tunisienne ? Savez-vous vraiment pourquoi vous avez pu rentrer en Tunisie après le 14 Janvier 2011 ? Êtes-vous certaine de vouloir et pouvoir aider et apporter votre pierre dans cette transition démocratique ? La majorité des Tunisiennes et des Tunisiens vous sermonnent de quitter, (pour ne pas employer l'autre mot magique qui vous a permit d'accéder là où vous vous trouvez).

Les Tunisiennes et les Tunisiens ont perdu patience, et, estiment que chaque ministre qui ne rempli pas sa mission doit démissionner, car, c'est comme cela que l'on doit bâtir une démocratie, en donnant l'exemple et en instaurant une éthique et une certaine règle de conduite prouvant la bonne foi et la bonne volonté des dirigeants, c'est avec tout ça qu'on peut inculquer au peuple les bonnes manières et le devoir de citoyenneté, donnez l'exemple, soyez dignes de ce peule et de sa révolte ,mais surtout soyez dignes de tous ceux qui se sont exposés aux balles de Ben Ali quand vous étiez devant votre écran tv en France à rêver d'un poste de Ministre dans une Tunisie libre grâce au sang des martyres et de tous ceux qui ont lutté de l'intérieur contre la dictature..

Madame la Ministre, les femmes, les enfants et les familles de Tunisie ne vous connaissent pas, ne vous reconnaissent pas et ne vous ont pas vu agir pour eux ni servir leurs intérêts, alors il est temps de leur faire vos adieux et laissez votre place à plus compétents que vous.

Madame la Ministre, vous me rappelez beaucoup le régime Ben Ali et toutes les femmes qu'il a utilisées pour embellir la vitrine d'une Tunisie meurtrie. Vous ne faites pas honneur à la Tunisienne que je suis ni à toutes les Tunisiennes qui luttent et se battent sans arrêt pour préserver nos acquis.

Par Aïda Akari Cherif

Militante Politique & Féministe

Nous ajoutons à cette lettre ces vidéos  adressées ce vendredi 29  à Sihem Badi

 

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