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Dialogue et réconciliation au Mali : Le MNLA disqualifié par ses actions subversives

L'opération Serval a remis en selle le Mouvement pour la Libération de l'Azawad (MNLA), notamment à Kidal. Soutenu par un puissant lobby de trafiquants (armes et drogues), le MNLA ne cherche aujourd'hui qu'à asseoir son contrôle sur le Nord-Mali. Ce qui fait qu'au lieu de l'accepter à la table des négociations, il faut engager la force militaire contre ce mouvement insignifiant car très peu représentatif de la communauté touareg.

combattants MNLA

«Des négociations avec le Mali ne sont nullement à l’ordre du jour au moment ou l’armée malienne procède à l’épuration ethnique de l’Azawad» ! C'est le contenu d'un communiqué daté du 21 mars 2013 (Ouagadougou, Burkina Faso) et signé de Mossa Ag Attaher, Porte-parole du MNLA. C'est une réaction à un article de la presse marocaine faisant cas de l'ouverture prochaine entre le gouvernement et le MNLA dans le Royaume Chérifien.

Ce communiqué est à lui seul assez évocateur de l'attitude belliqueuse du Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA). Il cherche aujourd'hui à asseoir son contrôle sur le Nord-Mali afin de garantir son juteux trafic d'armes et de drogues. Nous pensons que ce n'est plus la peine de perdre notre temps et notre énergie à prouver que l'Azawad n'est qu'une pure invention des bandits armés pour légitimer leurs actions de déstabilisation. Ils le savent mieux que quiconque. Tout comme les lobbies qui les soutiennent et qui ½uvrent aujourd'hui à ternir l'image déjà écornée de notre pays en faisant cas d'exactions jamais avérées sur des Touaregs.

Le Mali n'a pas de problèmes avec sa communauté Touareg ! Mais, plutôt avec des illuminés entraînés ailleurs pour servir les réseaux de trafic de drogues et d'armes. Une minorité qui essaye aujourd'hui désespérément de servir de toute une communauté comme bouclier.

Et pourtant, la communauté internationale veut nous imposer ces rebelles comme acteurs incontournables du processus de réconciliation. Le MNLA n'est pas crédible. Et cela pas seulement parce qu'il n'est pas représentatif des Touaregs, mais pour plusieurs autres raisons.

D'abord, la position de ses leaders politiques n'a jamais été claire. Depuis le début de la crise, ce mouvement à soufflé sur le chaud et le froid. Tantôt, disposé à négocier, tantôt prêt à s'allier avec Ançar Dine pour créer un Etat islamiste fort. Entre l'indépendance et l'autodétermination, sa position a toujours été ambigüe.

Mais, le constat sur le terrain, c'est que le MNLA travaille toujours à asseoir son autorité sur le nord du Mali, surtout sur l'imaginaire Azawad. De nombreux témoignages font cas d'une mise en place d'une administration parallèle dans la région de Kidal. En effet, des éléments du MNLA ont commencé à y distribuer des cartes de sécurité aux automobilistes qui circulent dans la région.

L'autonomie pour le trafic d'armes et de drogues

«Ces documents portent le nom de la République de l’Azawad proclamée par les rebelles l’an dernier et sont attribués aux conducteurs de véhicule circulant dans et autour de Kidal», témoignait récemment un confrère de la presse internationale. Sur un document distribué par le MNLA et que Reuters a pu voir, figure le type de véhicule, le nom du propriétaire, son téléphone et son adresse.

Des habitants de Kidal précisent que les documents émis par le MNLA proviennent de son département de la sécurité intérieure, et portent le tampon: Etat de l’Azawad: unité, liberté, sécurité. «Tous les véhicules à l’intérieur du territoire contrôlé par le MNLA doivent avoir ce document», avait confirmé Moussa Ag Assarid, représentant des rebelles en Europe.

«De cette façon, nous pouvons faire la différence entre les terroristes potentiels, les trafiquants de drogue et les conducteurs ordinaires», s'était-il justifié sans dire quel moyen il disposait réellement pour cette distinction. Surtout que depuis le début de l'Opération Serval et la débandade des Jihadistes, son mouvement a accueilli des dissidents d'Ançar Dine.

Un mouvement qui est réellement disposé à abandonner les armes et négocier la paix et l'unité nationale se livrerait-il à de tels actes séparatistes ?

Le président de la république par intérim, Dioncounda Traoré, s’est dit prêt à négocier avec le MNLA du moment que le mouvement renonce à demander l’indépendance. Mais, celui-ci avait répliqué en indiquant qu’il accepterait une simple autonomie au sein du Mali tout en refusant de rendre les armes avant la tenue de négociations.

Il avait eu la même réaction face au communiqué final du sommet de la CEDEAO (28 février à Yamoussoukro, Côte d'Ivoire) qui avait souhaité le désarmement de ces éléments avant toute négociation avec l'Etat malien.

Pour la communauté ouest-africaine, «le dialogue inter-malien doit passer par le désarmement des rebelles touaregs du MNLA». Mais, dans un communiqué signé de son secrétaire général Bilal Ag Achérif, le MNLA avait «rejeté catégoriquement toute déclaration faisant de son désarmement un préalable à sa participation au processus de négociation».

Une autre raison de ne pas accepter le MNLA dans le dialogue national, pas la moindre, c'est que ce mouvement poursuit de plus belle sa campagne de dénigrement de l'armée malienne. «Les soldats maliens se sont livrés à des actes de torture, des exécutions sommaires et des disparitions forcées», mentent-ils fréquemment. Une litanie mensongère qui trouve l'écho favorable dans la presse occidentale financée par les lobbies qui soutiennent ces bandits armés.

Et tout porte à croire que le MNLA compte profiter de la confusion actuelle pour s'armer et recruter. Ainsi, il a récemment annoncé sur son site l'adhésion de  certains combattants islamistes, dont des officiers comme les colonels Intalla Assayid et Bah Moussa. Et pour la circonstance, le MNLA avait rappelé «l’importance primordiale» qu’il accordait à une «Armée de l'Azawad». Celle-ci devait avoir comme mission, entre autres, de «protéger les populations civiles de l'Azawad des violations répétées de l’armée malienne et de ses milices, de travailler à assurer la sécurité et la stabilité dans  l’Azawad...». Un mouvement adhérent à la paix et à l'unité a-t-il besoin d'une armée pour défendre un bout de terre dont la majorité des habitants ne se reconnaissent pas dans son combat ?

La Commission dialogue et réconciliation (CDR) doit bien analyser cette question pour ne pas s'ouvrir à un Cheval de Troie ! Le MNLA n'a jamais été crédible et il ne le sera jamais parce que sa revendication territoriale cache d'autres ambitions inavouables à la communauté internationale !

Alphaly

Mali Web

Ses derniers articles: Atelier de concertation du HCR sur le retour des réfugiés et déplacés du Mali : Les acteurs en conclave pour la facilitation du processus  ORTM / Journal TV 20h du 15 Septembre 2013  L’étrangleur de Bagadadji étranglé 

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