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PROFIL D’ACCUSE : Amy Ngom, une timidité meurtrière

L'infanticide est le destin judiciaire des femmes pauvres, disait un avocat, convaincu que le plus souvent, ces femmes échangent la vie du nouveau-né à l'honneur de vivre avec un enfant sans père. C'est pour cette raison que les hommes aussi doivent répondre, au même titre que ces infanticides. Amy Ngom se retrouve parfaitement dans ce profil. En effet, cette dame qui répondait, hier, devant la cour d'assises a tout connu sauf une vie de confort.

Mariée très jeune, la native de Yargouye, un village périphérique de Fatick, n'a pas connu le bonheur dans son ménage. «Son divorce est survenu, suite aux mauvais traitements que son mari lui faisait subir», a renseigné sa s½ur Fatou Ngom, matrone de profession. De ce mariage qui a duré 11 berges, Amy donnera la vie à 3 bouts de bois de Dieu. Après son divorce, ne voulant pas que ces enfants soient dans le besoin, elle a rejoint des parents à Dakar, où elle officiera comme femme de ménage. Mais, elle rencontrera le sérère, Ibrahima Faye à qui elle a fait confiance et qui l'a trompée par une boisson gazeuse, avant de l'engrosser. Cette unique relation sexuelle adultérine, à l'en croire, de toute sa vie, aura des conséquences macabres. Au terme de sa grossesse, ses libano-syriens de patrons sont retournés au pays et elle rejoindra Ouakam, le lieu de l'infanticide.
Amy est décrite par son entourage comme une fille timide, très calme mais aussi, très travailleuse. «Je n'ai jamais vu dans ma famille un enfant né hors mariage et de surcroit dont la paternité est refusée», a-t-elle confié devant la barre. Musulmane pratiquante, elle est voilée et jeune tout le mois de ramadan et tous les lundis et jeudi. Mais, à l'époque de l'infanticide, sa colère a pris le dessus sur sa foi. Elle est, pour reprendre le président de la cour, d'une fertilité exceptionnelle, ayant donné la vie à trois mômes, en l'espace de quatre ans. Après son divorce, elle a cherché à être autonome, en venant chercher un travail à Dakar. Mais hélés, le cruel destin l'a conduite vers l'infanticide qui rime avec privation de liberté.......................
Yandé DIOP
REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

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