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Les Congolais rêvent d'emplois avec la visite du président chinois

"Les Chinois devraient recruter en priorité des Congolais". Edgar, l'un des nombreux jeunes sans emploi de Brazzaville, voudrait bien que la visite du président Xi Jinping apporte "du boulot" au Congo. Mais, trop souvent, dit-il, les sociétés chinoises arrivent avec leurs employés.

"Qu'il apporte du boulot! La majorité des jeunes ici, ce sont des chômeurs", insiste le jeune homme, pendentif du révolutionnaire cubain Che Guevara au cou, dans son quartier de Makélékélé, l'un des plus peuplés de la capitale, avec ses 200.000 habitants.

"Il n'y a plus que deux compagnies qui fonctionnent: celle des militaires et celle des chauffeurs", ironise Edgar, désignant les taxis verts et blancs alignés sur l'avenue, courte et défraîchie, portant le nom de l'abbé Fulbert Youlou, devenu, en 1960, le premier président du Congo indépendant après la colonisation française.

"Nous avons du pétrole (constituant environ les 3/4 des recettes budgétaires du pays, ndlr), nous avons du bois, nous sommes entourés du fleuve... On a tout. On ne devrait pas souffrir!", enrage un fonctionnaire, pourtant proche du pouvoir, qui rappelle que le salaire moyen au Congo tourne autour de 50.000 FCFA (75 euros).

 Investi mi-mars comme président de la République populaire, Xi Jinping, consacre à l'Afrique la majeure partie de sa première tournée à l'étranger. Et sa visite, vendredi au Congo, doit renforcer des relations déjà importantes entre Pékin et Brazzaville: les accords portent sur plusieurs milliards de dollars, dont le financement de plus de 500 kilomètres de route entre Brazzaville et Pointe-Noire, la capitale économique.

Mais dans le quartier de Makélékélé proche du fleuve Congo, frontière naturelle avec la République démocratique du Congo, l'annonce de cette "visite historique" ne soulève que peu d'espoirs.

"Qu'est-ce que ça va changer?", interroge un chauffeur de taxi. Mais "qu'est-ce qu'il va amener?", ronchonne une coiffeuse.

"Aucun transfert de compétences"

Rosine, 32 ans, employée dans l'hôtellerie, est l'une des rares à dire que "c'est une belle publicité".

"Cela va apporter de l'aide au Congo. Je crois que là, on aura beaucoup de travail. C'est le plus important", assure la jeune femme, fine silhouette perdue dans un jeans et un polo de l'hôtel qui l'emploie.

La Chine et l'Afrique ont considérablement renforcé leurs liens depuis une quinzaine d'années. Mais l'amertume domine chez les jeunes Brazzavillois désoeuvrés qui regrettent que les sociétés chinoises fassent venir directement de Chine leurs travailleurs, logés bien souvent à proximité des chantiers. Comme près de l'aéroport Maya Maya, où Xi Jinping doit inaugurer de nouveaux bâtiments que certains qualifient de "bijou" ou de "fierté" du Congo, voire d'Afrique centrale.

"C'est comme s'il n'y avait pas de bras au Congo. On peut +importer+ des travailleurs quan

d il n'y a pas de gens valides ni de spécialistes, là, d'accord. Mais les Chinois font même venir des chauffeurs! Il n'y a aucun transfert de compétences", se plaint Lewis, 46 ans, professeur dans un collège d'enseignement technique.

Autre frustration: les seuls Congolais qui sont embauchés reçoivent un très faible salaire. Et la plupart critiquent le gouvernement qui, selon eux, ne fixe pas un minimum décent pour un travail souvent harassant.

AFP

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