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Universités publiques du Burkina : La réforme oui, la chienlit non !

Sacrée université de Ouagadougou ! Elle ne changera donc jamais. Depuis bientôt 40 ans, elle porte mal son surnom de « temple du savoir ».

Un surnom tiré de sa devise, « populi sapientia populo ». Traduisez, ?« la science du peuple au service du peuple. » Tout un programme ,plus volontariste que réaliste car même si on ne peut pas dénier à l'université de Ouagadougou d'avoir formé des milliers de cadres au service du développement du Burkina et bien d'autres pays africains, force est de reconnaître que cette université au fil du temps a rapidement montré ses limites conceptuelles et matérielles. De fait, depuis sa création, tous les 10 ans en moyenne, elle est sujette à des réformes plus ou moins pertinentes.

Ainsi, des grandes écoles à ses débuts, elle a évolué vers la création d'instituts. Des instituts elle a muté vers la naissance de facultés. Des facultés on en est aujourd'hui à des unités de formation.

A chaque réforme, le leitmotiv des autorités universitaires et gouvernementales a toujours été d'adapter le contenu académique de la formation dispensée aux besoins du marché national de l'emploi. Pour le succès de toute autre réforme, il faut désormais ajouter à l'ancienne donne, les besoins de salles de cours et d'équipements pédagogiques en qualité et en quantité suffisante.

En effet, depuis une quinzaine d'années, ce ne sont pas seulement les effectifs des étudiants qui ont explosé, c'est aussi les besoins d'une formation pointue à l'aide des nouvelles technologies de l'information et de la communication qui se sont fait sentir et rendus incontournables par l'environnement mondial.

L'étudiant du 21e siècle doit être plus équipé pour ses études et ses recherches que celui du 20e siècle. Par conséquent les universités doivent aussi être plus équipées avec un personnel enseignant plus manager que magister.

Ce qui n'est pas actuellement le cas dans nos universités publiques. Quand s'ajoute à ce manque de moyens matériels et de personnels d'encadrement, les difficiles conditions de vie des étudiants dues à la rareté des bourses d'étude et au faible niveau de revenu des parents, poursuivre des études supérieures devient une gageure dans bien d'universités publiques africaines et celle de Ouagadougou ne fait pas exception à la règle.

Mais à côté de ces difficultés matérielles, financières et pédagogiques que connaît nos universités publiques, il faut noter un autre problème, hautement subjectif, celui de l'agitation politique contestataire qui depuis l'existence de l'université de Ouagadougou se manifeste par des grèves pas toujours légales.

Ces grèves se sont multipliées ces dernières années sous la houlette de l'Association nationale des étudiants burkinabè (ANEB). Ce syndicat qui dans ses textes fondateurs se déclare « ?anti- impérialiste ? » et prône « ?la lutte des classes ? » pour une « ?révolution nationale, démocratique et populaire ? » n'a jamais fait mystère de ses accointances avec un éternel parti clandestin qui se dénomme « ?parti communiste révolutionnaire voltaïque ? »(PCRV).

Ce parti qui depuis sa naissance s'est toujours mis à la marge de tout processus électoral, n'en use pas moins des libertés démocratiques républicaines pour créer des syndicats dans toutes les branches des activités socio- professionnelles mais aussi des associations de la société civile, par le biais desquels il mène une lutte oppositionnelle acharnée et méthodique contre le régime en place.

Défense des intérêts matériels et moraux des étudiants, des travailleurs, protection et promotion des droits de l'homme, lutte contre la corruption, tels sont les thèmes mobilisateurs mis en avant par les idéologues du PCRV au sein des syndicats et associations qu'il contrôle. De la sorte, il passe incognito aux yeux des observateurs non avertis et des bailleurs de fonds dont les largesses servent à entretenir un réseau, opaque, clanique, sectaire et manipulateur de la jeunesse.

Pour des étudiants adeptes d'une telle officine politique, ni Luc Adolphe Tiao ni aucune autorité gouvernementale du pouvoir actuel, animée des meilleures intentions du monde ne sera le bienvenu à l'université de Ouagadougou. Que leur importe d'être une minorité. Ils exercent un tel terrorisme intellectuel et à l'occasion une violence physique contre la communauté universitaire, que celle-ci demeure silencieuse, tétanisée dans un embrigadement corporatiste.

Et pourtant à y regarder de prêt, les meneurs de ce hooliganisme récurrent dans nos universités publiques, sont les étudiants têtes de pioche. A la peine dans leurs études, ils n'ont rien à gagner dans une année universitaire convenablement menée à terme.

Par contre, les années académiques inachevées ou qui se chevauchent sont un épouvantail pour masquer leur propre carence intellectuelle dans l'insuccès collectif. Dès lors, parler de blanchissement technique pour rétablir une année universitaire normale c'est mettre à nu leur propre échec, leur responsabilité individuelle dans la mauvaise assimilation des enseignements dispensés.

Or selon leur entendement, c'est toujours la faute des autres, en commençant par le gouvernement et le premier d'entre les ministres. Pour ces étudiants têtes brûlées et leurs mentors, opposants politiques opportunistes, c'est moins d'une réforme des universités qu'ils veulent, qu'une chienlit sociale pour justifier leurs thèses sur l'inaction du gouvernement. Un activisme gauchiste que De Gaulle avait stigmatisé en mai 1968 avec sa formule choque ? : la réforme oui, la chienlit non ? !

L'hebdo du Burkina

Par : L'Hebdomadaire du Burkina

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