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Escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux : La prévenue comparaît deux fois dans la même affaire

Ndèye Binta Ndiaye a été extraite de sa cellule de prison pour comparaître devant le Tribunal des flagrants. Jugée par défaut devant le Tribunal correctionnel lors de cette procédure, elle a été condamnée à 6 mois ferme pour escroquerie avant que le juge du Tribunal ne décerne à son encontre un mandat d'arrêt.

Hier, celle qui se réclame promotrice sociale était devant la barre pour répondre des délits d'abus de confiance, de faux, usage de faux et d'escroquerie au préjudice de Mme Demba Dieng, chef du Cadastre de Rufisque, de Lobe Guèye et Meissa Daff. Ses avocats n'ont pas manqué de soulever une exception pour dire que c'est la même affaire pour laquelle elle avait été déjà jugée et condamnée. Mes Moustapha Diop et Benoît ont demandé au juge d'ordonner la main levée. Car toutes les parties étaient dans la première procédure. La dame Demba Dieng, chef du Cadastre de Rufisque et initiatrice de cette nouvelle plainte, avait comparu en correctionnelle pour complicité. Alors que Lobe Guèye et Meissa Daff étaient des victimes à qui le Tribunal, en retenant la culpabilité de Ndèye Binta Ndiaye, a alloué respectivement les sommes de 880 mille et 500 mille francs Cfa relativement au préjudice subi.

Ce n'est pas l'avis du Prquet qui estime qu'il s'agit de rapports directs entre la prévenue et la chef du Cadastre de Rufisque. Il a demandé le rejet de l'exception. Abondant dans le même sens, les avocats de la partie civile, Demba Dieng, disent que la plainte de leur cliente est antérieure et que celle-ci avait porté plainte pour abus de confiance. Ils ont demandé de déclarer l'exception mal fondée. Mais le Tribunal a joint celle-ci au fond.

En fait, la prévenue avait reçu 25 fiches de Demba Dieng. A charge pour elle d'aller négocier une diminution des frais de bornage à la mairie de 200 mille francs à 35 mille francs. Des parcelles qu'elle dit acquérir auprès de la famille Mbengue de Diamniadio pour les populations.

Mais après avoir remis les titres, la partie civile a demandé à la mairie de Diamniadio de les supprimer. Ce qui a été confirmé par Abdou Ndiaye, le secrétaire général de la mairie, entendu à titre de témoin.
Mais il se trouve que dans cette affaire de titres, la prévenue soutient le contraire. Elle argue qu'elle les a acquis au prix de 6 millions de francs pour 28 ha. «Quand je lui ai remis les 6 millions, elle m'a remis les 25 fiches. Je lui ai demandé de me faire une décharge. Mais elle m'a priée de l'aider, car elle ne voulait pas son nom figure dans cette affaire», a soutenu Ndèye Binta. Mais la plaignante précise : «Je ne lui ai jamais vendu les parcelles.»

Des dénégations rejetées par la prévenue qui charge. «J'ai 10 ha dans mon assiette et elle a émis un avis favorable pour que j'ai un bail. Et un maire, actuel ministre de l'Assainissement m'a donné 300 parcelles. Au total, j'ai 900 parcelles à mon nom. Elle m'a demandé de lui donner 50 millions, j'ai refusé.» Après la demande sollicitée par la chef du Cadastre à la mairie pour la suppression des titres, celle-ci avait retenu 11 titres de Ndèye Binta Ndiaye. C'est suite à la décision de l'adjointe au procureur de Rufisque que ces titres lui ont été remis par la gendarmerie.

La chef du Cadastre réclame 50 millions

Les avocats de la partie civile de se demander comment elle a pu acquérir des ordres de recettes à 6 millions alors qu'elle est pauvre. Selon eux, les parties étaient liées par un rapport de confiance, mais Ndèye Binta ne s'est acquittée de la mission qui lui a été assignée. Ils ont réclamé la somme de 50 millions de francs pour toute cause et préjudices confondus. Lobe Guèye et Meissa Daff, qui ont fini de rentrer dans leurs fonds, n'ont pas réclamé hier de dommages et intérêts. Estimant qu'elle a reçu mandat de la plaignante, le Parquet a demandé de retenir sa culpabilité sans requérir de peine. Il a demandé de relaxer les parties civiles des délits pour lesquels elles avaient comparu en correctionnelle.

Du côté des conseils de la défense, leur cliente ne pouvait en aucun cas être jugée deux fois pour la même affaire. Toutefois, ils disent que la dame Dieng n'a pas rapporté la preuve du contrat qui la lie à Binta Ndiaye. Selon Me Benoît, c'est la procédure de la vengeance, car leur cliente avait dénoncé la partie civile auprès de l'Ige (Inspection générale d'Etat). Ils ont demandé d'ordonner la main levée et de débouter Demba Dieng de sa constitution.

Apres avoir rejeté la demande de liberté provisoire formulée par la défense, le Tribunal a fixé le délibéré au 3 avril.

Le Quotidien

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