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Présidentielle 2017 - Proposition de la limitation de l’âge des candidats à 70 ans : des destins forclos

La dernière sortie du ministre de la Justice a montré que l'Apr n'a pas encore oublié un des points figurant dans son programme : la limitation de l'âge du candidat à la présidence de la République à 70 ans. Une proposition qui est aujourd'hui entourée de plusieurs ''si'', puisque menaçant la carrière des dinosaures politiques. Voici les scénarii auxquels on pourrait assister, si toutefois la loi passe sous le premier mandat de Macky Sall.

«Il ne faut pas oublier la limitation de l'âge du candidat à la Présiden­tielle proposée par le programme Yonnu yokkuté qui est fixé à 70 ans». Cette phrase du ministre de la Justice, Aminata Touré à l'endroit des parlementaires lors du panel des députés de Benno bokk yaakaar sur l'an 1 de Macky Sall est la preuve que l'Apr n'a pas abandonné ce point contenu dans son programme. Le candidat de Macky2012 avait, en effet, divisé les réformes institutionnelles en «mots clés». La première d'entre elles est la limitation de l'âge du candidat. Voici ce que propose le texte : «Encadrement de l'âge des candidats à l'élection présidentielle : 35 ans minimum et 70 ans maximum le jour du scrutin du premier tour». C'est la preuve, si besoin en était encore, que Macky Sall et ses camarades de parti donnent une place primordiale à cette réforme, pourtant sensible, parce que recalant des présidentiables. Et pas des moindres.

Assises nationales

S'ils continuent à s'y agripper, cette proposition peut faire grincer des dents du côté de la coalition au pouvoir, Benno bokk yaakaar. Annoncée comme faisant partie des réformes institutionnelles de l'Etat «muries en coulisses», elle pourra faire l'objet de profondes divisions. Et les pages de l'histoire récente du Sénégal qui n'ont pas fini d'être écrites sont là pour le rappeler. Si cette proposition passe, elle sera lourde de conséquences pour les alliés du Président Macky Sall, particulièrement les têtes d'affiche que sont Moustapha Niasse et Ous­mane Tanor Dieng, même s'ils disposent de marge de man½uvre pour faire échouer une telle initiative.

Niasse, la retraite «entérinée»

Né en 1939, Moustapha Niasse qui a franchi la barre des 70 ans depuis longtemps ne pourra plus être candidat. Or, pour être effective, cette loi devra passer par l'Assemblée nationale dont il est le président. La question peut se poser de savoir alors quelle chance une telle loi a pour passer. Certes, Moustapha Niasse est au crépuscule de sa vie politique, mais l'histoire contemporaine de l'Afrique montre que les leaders, qu'ils soient politiques ou syndicaux ne sont guère prêts à céder leur fauteuil aux plus jeunes. Même si, lors de son dernier Comité directeur, il avait annoncé sa volonté de promouvoir les jeunes. Libre à Malick Gackou, Malick Diop et autres loups progressistes d'être candidats à la candidature.

Niasse invité à scier sa branche

Niasse saura-t-il prendre les devants. A supposé qu'il le fasse, il pourra alors trouver un compromis avec le Président pour éventuellement appeler ses camarades de parti, députés à l'Assemblée, à voter oui. Dans ce cas, lui qui n'a qu'un mandat d'un an pourra demander à Macky Sall à ce que sa présidence soit portée à la fin de la Législature avec toutes les garanties. Ainsi, à l'issue des 5 ans, il ira bien se reposer. Ses partisans y verront la preuve que leur leader est prêt pour une alternance générationnelle tout à leur bénéfice.
Moustapha Niasse sera donc appelé à scier la branche sur laquelle il est assis. En assistant au vote d'une loi qui mettra fin à sa carrière politique et son Cv ne restera qu'à l'état de «faiseur de rois». Du fait, comme on l'a souligné plus haut, que son mandat à la tête des députés est d'un an, les Apéristes peuvent essayer de rebattre les cartes en renégociant les termes d'un retour au quinquennat du président de l'Assemblée nationale. Cependant, elle peut malgré tout porter ses fruits.

Tanor «éliminé» de justesse en 2017

Ousmane Tanor Dieng est aujour­d'hui contesté, en coulisse, dans sa formation par des moins jeunes que lui. Il pourra prendre prétexte de la loi pour partir, puisque lors de la validation des candidatures en 2017, il aura 70 ans plus un mois, lui qui est né le 2 janvier 1947. Il faut, cependant rappeler que le secrétaire général du Parti socialiste avait annoncé que 2012 était sa dernière candidature à la Présidentielle. La porte est ouverte pour Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall et autres potentiels prétendants au fauteuil de Macky Sall.

2012, la der de Ibrahima Fall, Doudou Ndoye...

Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng ne seraient pas donc les seuls à ne plus solliciter le fauteuil présidentiel. Deux autres candidats à la dernière élection ne devraient plus passer les mailles de ce filet constitutionnel. Me Doudou Ndoye, né en 1944 et Ibrahima Fall en 1942, n'auront pas la chance d'être Président. L'avocat, très assidu aux rendez-vous présidentiel, peut se concentrer sur sa commission en charge de la réforme foncière. Tandis que le diplomate chevronné, accueilli en «sauveur» à quelques mois seulement du scrutin de 2012, devra se contenter de son prestigieux titre de fonctionnaire international jusqu'aux Nations unies. Et la liste des septuagénaires s'étend aussi à certains opposants.

Le Quotidien

Rewmi

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