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A propos du Putsch du 22 mars 2012 : Les vrais acteurs du changement souhaité

Parler du renversement du régime du Général Amadou Toumani Touré et de son équipe, c'est évoquer une audace d'un groupe de militaires et de civils qui en avaient marre de la chienlit. Ironie du sort, le mercredi 21 mars 2012, votre journal avait dépêché son envoyé spécial sur le terrain pour couvrir l'évènement inédit pendant que les candidats battaient campagne pour la présidentielle du 29 avril 2012 et que le locataire de Koulouba se réunissait avec ses ministres tranquillement. Chronique d'une audace qui a surpris plus d'un. Mais pas les militaires de la Compagnie de Commandement et d'Appui pour les Services (CCAS) de Kati) dont l'un des chefs, Major Djinama Fomba, (qui vient de passer Lieutenant le mois de septembre dernier), avaient perdu trop d'hommes sur le terrain malgré leurs mises en garde au Commandement et au Ministre de la Défense, Général Sadio Gassama. Ils seront appuyés par le groupe des Onze (11) drivés par le duo Adjudant Seyba Diarra et le Commandant Youssouf Traoré qui était radié des effectifs de l'armée plus le capitaine Amadou Haya Sanogo ainsi que les autres forces de sécurité et de défense. Rappel historique de Bokari Dicko, seul journaliste témoin des évènements tant à l'ORTM qu'en ville (Koulouba, centre-ville, rive droite.

Junte de Kati

Mercredi 21 mars, les Katois ainsi que les usagers de l'axe menant à Bamako, le camp « Soundiata Kéïta », ont été surpris d'entendre des coups de feu dans l'enceinte. Cela s'est produit suite aux propos jugés provocateurs du Général Sadio Gassama accompagnés par le Général Minkoro Kané et du Général Gabriel Poudiougou, Chef d'Etat Major Général des Armées à l'époque. Il faut dire que c'est le Major Djinama Fomba, cet autre chef de la Compagnie de Commandement et d'Appui pour les Services (CCAS) de Kati qui avec ses hommes ayant appris la visite du Ministre Gassama, se sont préparés pour les attendre tout en informant les autres frères d'armes de l'armée et des forces de sécurité et même du régiment des para-commandos de Djikoroni.

En réalité, à en croire nos sources, tout le monde attendait cette occasion pour agir. Et les éléments de la CCAS à l'unanimité de tous les acteurs, ont été l'élément déclencheur, la charnière du coup d'état du 21 mars 2012. Et à l'unisson comme des abeilles dans la ruche, le rouleau compresseur est parti du rond-point Tchétchénie de Kati, pour se diriger vers le palais présidentiel de Koulouba malgré la puissance de feu des bérets rouges.

A  Koulouba, déjà régnait un climat délétère, précisent nos sources car, des éléments du GIGM et du PIGN qui étaient en faction ont été sommé par leur hiérarchie à décamper laissant derrière eux, que des bérets rouges restés fidèles au régime.

ATT avait les yeux braqués sur les gars de la CCAS de Kati et le groupe des onze

En réalité, selon nos informations, depuis quelques temps, le Président ATT avait appris à travers ses services spéciaux que des éléments de la CCAS ainsi que le groupe des onze (11) ( entre autres Adjudant Chef Seyba Diarra infanterie, Adjudant chef Siméon Kéïta, Police nationale ; Madou Koné dit « Tout peut » ;  sous lieutenant Oumar Diarra, Lieutenant David Sagara (renseignements) ; Adjudant Chef Samba Sangaré, Capitaine Amadou Haya Sanogo) ainsi que certains Officiers (tels que le Lieutenant amadou Konaré, Lieutenant Boua Koné, Capitaine Cissoko ; Lieutenant Ouédraogo ; Lieutenant Koman Kéïta comme l'Adjudant Soungalo des blindés (il n'est pas membre du groupe des onze) et bien d'autres, qui s'apprêtaient depuis des mois à le renverser à cause de sa mauvaise gestion de la guerre au nord Mali qui a vu de nombreux militaires mourir sans qu'ils aient des renforts, des armes adéquates et de la nourriture convenable. C'est fort de cela qu'ATT, indiquent nos sources, avait décidé les yeux braqués sur les militaires de la CCAS pour les punir : certains devraient être radié dont le Major Djinama Fomba, d'autres punis sévèrement, voir exécuter. Certains éléments de la CCAS devraient même être arrêtés, voir exécutés, précisent nos informations. N'en parlons pas du groupe des onze dont le Commandant Youssouf Traoré qui avait été déjà radié des effectifs de l'armée, de l'Adjudant Chef Seyba Diarra comme bien d'autres qui ont été retardé dans les grades ou bien mutés ça et là. Le Capitaine Sanogo aussi « purgeait » déjà une punition suite à l'affaire de bahutage de Koulikoro. Les cas sont très nombreux pour expliquer cette synergie d'actions de ces hommes et femmes militaires et même civils qui ont risqué leur vie pour chasser ATT et sa bande du pouvoir au soir du 21 mars dernier.

Premier mort au niveau du cassis dos d'âne

Selon nos informations bien qu'ayant invitées des responsables du RCP à la rencontre avec le Ministre Gassama, les bérets rouges tendront une embuscade à la colonne de mutins qui se dirigeaient sur le palais de Koulouba. C'es ainsi que le Sergent Seydou L. Traoré sera tué par des balles des bérets rouges venus leur tendre une embuscade au niveau du cassis dos d'âne. Des renforts seront demandés aux éléments postés au rond-point dénommé « Tchétchénie » de Kati. La marche sur Koulouba encadrée au départ par un char et un BRDM, reprend après plus d'une demi-heure d'attente après la mort de cet élément de la CCAS. « Ce qui va donner de l'ardeur à la troupe », explique un militaire qui a participé aux combats.

Le sergent N'fa Sidi est atteint mortellement au niveau du camp des bérets rouges

Aux environs de 22H, arrivée au niveau du camp du RCP, le Sergent N'fa Sidi tombe sous els balles de snipers du RCP postés des deux côtés de la voie qui mène au palais et même dans le ravin. « Au niveau de la Mairie de Koulouba, les tirs seront très nourris, un élément de la GAM est atteint. C'est en ce moment que le BRDM ripostait appuyé par les fantassins ; Cinq éléments du RCP se rendront à cause de notre détermination et de l'intensité du feu », explique un sous-officier.

Arrivée du Zou-21

« Enfin, face au palais présidentiel, les tirs sont devenus plus nourris et trois de nos soldats tombent. Ce qui fait six morts dans nos rangs, tous de la CCAS. Nous étions obligé de reculer de vingt mètres en attendant, l'arrivée du Zou-21 qui a permis finalement de déloger ATT et sa garde rapprochée. Les morts et les blessés côtés garde présidentielle étaient nombreux », précise un haut gradé qui était aux combats. « Et à 5h30, nous avions pris le contrôle total du palais présidentiel que nous avions bien fouillé», explique cet autre haut gradé et non le moindre.

Il faut rappeler qu'avant la mutinerie qui avait été minutieusement préparée par des éléments de la CCAS (dont le Major Djinama était l'éminence grise) avait averti la hiérarchie militaire qu'avant le  23 mars, si les les armes n'étaient pas à leurs dispositions pour aller appuyer leurs camarades au front, ils allaient marcher sur Koulouba à la date indiquée, pour remettre leurs doléances au président ATT dont entre autres : – donner des moyens nécessaires à la troupe pour mettre fin aux tueries dans les rangs ; laver l'affront infligé à notre armée à Tinzawaten, Aguel'Hoc, Abeibara, Tessalit et autres. En fait, c'était une façon d'annoncer leur prise du pouvoir par les armes pour mettre fin à l'anarchie et  à l'injustice. « Et c'est ce qui a vu le Ministre de la Défense accompagné du Chef d'Etat Major Général des Armées, Général Gabriel Poudiougou et du Général Minkoro Kané, venir rencontrer la troupe pour la rassurer de l'arrivée imminente des armes et des dispositions idoines prises pour tenir compte des desiderata des hommes. « Le président ATT voulait prendre les devants car, il y a eu une semaine d'instruction avec des éléments du RCP à Kati. L'objectif visé, ceux-ci devaient prendre rapidement le contrôle de nos magasins d'armes à la veille de notre marche du 23 mars sans compter qu'un Commando était désigné pour tuer certains d'entre nous », martèle un Officier furieux. « Donc, c'est fort de tout cela qu'en apprenant la visite du Général Gassama à Kati, nous avions alerté tout le monde. C'est ce qui explique notre stratagème du 21 mars où les Généraux ont été hué et chassé par des jeux de pierres avant que nous ouvrions les magasins d'armes et donner l'assaut sur le palais présidentiel », poursuit notre interlocuteur.

Aussi selon nos sources, faut-il le rappeler, le Colonel Yamoussa Camara, actuel Ministre de la Défense,  demeure l'un des rares hauts gradés qui a donné son feu vert aux membres du Comité mis en place à la CCAS. « Il nous a même donné du carburant pour que nous puissions marcher le 23 mars comme c'était prévu », nous confie un officier.

L'Adjudant Chef Seyba Diarra et le groupe des dix

Dans la même dynamique, à en croire un membre du groupe des Onze, l'Adjudant Seyba Diarra, et dix autres compagnons dont le Commandant Youssouf Traoré, qui a été radié de l'effectif de l'armée par l'Etat Major Général des armées, resteront en contacts et feront appel au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui venait d'être sanctionné lors du bahutage qui a occasionné la mort de jeunes Officiers dont une sénégalaise.

En réalité, le Capitaine Sanogo a été appelé du fait qu'il avait de très bons rapports avec la troupe et savait convaincre. En clair, l'homme avait le verbe facile et était populaire. C'est ainsi qu'il sera désigné Président du CNRDRE au nez et à la barbe d'autres Officiers supérieurs.

Une nouvelle page de l'armée malienne venait de s'ouvrir.

La Compagnie CCAS de Kati au c½ur du putsch...

Pour cet Officier et non le moindre qui préféré gardé l'anonymat : « C'est notre compagnie la CCAS qui depuis des mois a décidé de chasser ATT du pouvoir du fait ce sont nos camarades qui sont morts à Abeibara, Aguel'Hoc et autres sans que la hiérarchie militaire et Koulouba ne changent rien dans nos conditions de vie et de travail ». « La révolte de nos femmes est parti du constat de l'injustice, le vol et la corruption qui gangrène l'armée. Et elles ont décidé d'aller dire ces faits au Président ATT qui les a minimisés », poursuit notre interlocuteur.

Le groupe des onze reconnait la CCAS acteur principal ayant déclenché le putsch...

Pour cet autre haut gradé du groupe des 11 plus Amadou Haya Sanogo : « Il faut reconnaître que ce sont les éléments du Major Djinama Fomba qui ont déclenché le coup d'état. Ils ont été déterminants, acteur principal. Rendons à César ce qui appartient à César. Nous avons profité et avions conjuguer nos efforts». Du côté de l'entourage du Major Djinama Fomba (Cet Officier qui a trop vu, subit n'aime pas parler du putsch) et qui est passé en septembre dernier, Lieutenant : « C'est clair, nous sommes responsables de la chute du régime d'ATT afin de changer les conditions de vie des militaires, équiper l'armée pour libérer les villes occupées, organiser des élections justes et transparentes et nettoyer la classe politique. Il s'agit de stopper l'hémorragie, voir l'hécatombe. Et pour cause, c'est avec nos camarades des autres corps de l'armée et de la sécurité, que nous avions pris le contrôle de l'ORTM, de l'aéroport et le palais présidentiel. Vous étiez présents». « Aucun Officier supérieur ne pouvait s'aventurer la nuit du 21 mars sans notre accord. S'il s'entêtait, il allait avoir des démêlés avec la troupe car nous avions estimés qu'ils ont démissionné et ont préféré leurs avantages donnés par ATT et son équipe que de nous soutenir», martèle un Sous Officier de la CCAS de Kati qui a gardé l'anonymat. « J'ai dit à mes camarades d'éviter de faire des amalgames car tous les Officiers ne sont pas mauvais », explique un gradé.

Un jeune Officier de la Gendarmerie reconnait l'action salvatrice des gars de la CCAS

Pour ce jeune Officier de la Gendarmerie Nationale : « Il faut reconnaître que ce sont les éléments de la CCAS de Kati qui ont su galvaniser tout le monde derrière eux du fait qu'ils ont perdu beaucoup de camarades au front sans que le commandement ne daigne arrêter l'hécatombe. Enfin, il y a eu une synergie d'action des forces armées et de sécurité et que rien ne pouvait empêcher parce que tout le monde en avait marre du régime ATT».

Self service à la station « Dia-négoce »...

Ensuite, des véhicules bourrés d'hommes armés après avoir pris du carburant à la station « Dia Négoce », quittent le camp et se dirigent vers le centre ville. Il était 14h15 mn. A 14h30, le convoi débarque à l'ORTM et prend le contrôle des lieux sommant le personnel à vider les bureaux. Ce qui fut fait sans incident car ils trouveront que les éléments du GIGN et de la Garde Nationale appuyés par la policiers étaient maîtres des lieux. La synergie était totale. Même un  détachement du RCP qui était venu sur les lieux et conduit par le Capitaine Tandina épaulé par son adjoint, Lieutenant Moussa Rama, le Capitaine Abdoulaye Traoré, le Lieutenant Dicko, l'Adjudant Chef major Ballo, se sont joints au groupe. C'était le début d'une prise du pouvoir inédite.

Les Gendarmes, Gardes et Policiers contrôlent Bamako

Il faut dire que la prise de Bamako a été possible grâce aux éléments du Groupement d'Intervention de la Gendarmerie Mobile (GIGM), commandé par le Lieutenant Samba Karim Timbo (non moins Instructeur qui avait été coupé de sa base du camp I de Gendarmerie et qui dirigé l'Escadron trois ans durant) a su convaincre les éléments du Peloton d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (PIGN) à rallier le groupe à l'ORTM; la Garde Nationale par le Capitaine Soungalo Coulibaly et la police par le Secrétaire du Syndicat de la police, l'Adjudant Chef Siméon Kéîta. Nous avions été témoin de voir à tous les carrefours des Gendarmes armés tirant en l'air pour demander aux usagers de rentrer à la maison. Notre équipe de reportage avait été stoppé au niveau du rond-point de la Direction générale de la BDM S.A, avant d'être autorisé à rejoindre l'ORTM. Il était 14H45 mn. A 15h, notre reporter était à la devanture de l'ORTM où nous nous sommes présentés aux hommes armés qui ne tarderont pas à nous montrer l'Officier Boua Koné, le plus gradé présent sur les lieux.

Les combats faisaient rage au palais présidentiel

Au même moment, des unités de l'armée du camp de Kati appuyé par des forces de sécurité à bords d'engins blindés, se dirigent vers le palais présidentiel où le Président ATT et ses Ministres se réunissaient. Un premier accrochage a eu lieu aux abords du camp du détachement du régiment Commando-Para (RCP). Six militaires (bérets verts de la CCAS) tombent. Cela va galvaniser la troupe. Le bilan du côté des bérets rouges n'est pas connu. Pendant ce temps, à l'aéroport les éléments de la base 101 appuyés par des forces de défense et de sécurité prennent le contrôle de l'aéroport sans rencontrer aucune résistance. La synergie est déclenchée. Ainsi, tous els corps se sont retrouvés à l'ORTM et même les Eaux et Forêts et les Douaniers.

A 15h GMT, arrivée de notre reporter à l'ORTM

A 15h GMT, notre reporter accède à l'ORTM après des tentatives des éléments du GIGN au niveau du rond-point de la Direction Générale de la BDM S.A. Il sera reçu par les militaires dont le Lieutenant Boua Koné et ses camarades, au four et au moulin. « Je ne peux rien vous dire pour le moment. J'attends les ordres de ma hiérarchie », a-t-il dit à notre reporter. L'autre surprise, c'est la présence du caméraman Makanfing Konaté. En réalité, lorsque les mutins ont fait vider les locaux de l'ORTM, il s'était caché pour sauver sa vie. Chose normale. Mais son apport sera déterminant pour que la junte puisse lire son discours avant le levée du soleil.

Combats à Koulouba

Si à l'ORTM et à l'aéroport, il n y a pas eu de combats avec des forces loyalistes, au palais présidentiel de Koulouba, il y a eu des combats véritables. Et pour cause, si certains éléments du RCP étaient d'accords avec ceux du 421ème CCAS de Kati (Compagnie de Commandement et d'Appui pour les Services), fer de lance du putsch du 21 mars, la marche de ceux-ci appuyés par les autres éléments de l'armée et des forces de sécurité (Policiers, Gardes Nationales et Gendarmerie), il y a eu des combats violents à tel point que l'intervention des engins lourds (char, BRDM et le Zou 21) ont été déterminants pour déloger le Président ATT et mettre en déroute des éléments du RCP qui lui sont restés fidèles et tenaient à arrêter la machine de feu des mutins. A en croire nos informations puisque notre reporter n'a pas pu accéder à la zone à cause de l'intensité des  combats à l'arme lourde, il y a eu des morts et des blessés de part et d'autres. Enfin, les bérets rouges se replieront dans leur camp de Djikoroni-Para laissant derrière plusieurs morts et des blessés. « Le président ATT a été exfiltré par l'arrière du palais pour ensuite être évacué à bord d'un taxi « Mercedes » jusqu'au camp Para », nous confie un gradé. Son règne venait de finir.

A en croire un haut gradé et non le moindre puisque membre du groupe des 11 qui avait fait appel au Capitaine Amadou Haya Sanogo, « la bataille pour la prise du palais de Koulouba a été dure mais nous avions pris le dessus à cause de la détermination des hommes à en finir avec le régime d'ATT. Après des heures de combats, le palais de Koulouba était sous contrôle. Nous avions malheureusement déploré six morts et quelques blessés».

Des renforts de Nara et de Koulikoro déterminants

Pour consolider cet acquis, c’est-à-dire la chute du régime d'ATT, des renforts ont été demandés aux éléments de Nara et de Koulikoro et même Ségou. Les mêmes sources évoquent même de l'arrivée des Damiers basés à Sévaré. Ceux-ci seront invités à rester sur place. Mais ce sont des éléments de Nara dirigés par le jeune Capitaine Anna (qui perdra quatre hommes puisqu'une des TOYOTA avait fait un tonneau) et de Koulikoro qui viendront renforcés les mutins à Bamako. Leur arrivée a été déterminante pour que la chute du régime ATT soit définitivement consommée. Si ceux de Koulikoro ont été dans un premier temps empêché par un détachement du RCP, d'entrer dans Bamako pour venir renforcer les positions de l'ORTM et au palais présidentiel, ceux de Nara arriveront massivement avec la détermination de terrasser le pouvoir d'ATT. Cela sera fait.

A l'ORTM, les hommes sont sur le qui-vive

A l'ORTM, les hommes (Gendarmes, gardes, Policiers, militaires, paramilitaires) sont sur le qui-vive. Et pour cause, vers 18h20, l'imminence de l'attaque d'éléments du RCP pour les déloger a crée un remue-ménage. En réalité, les mutins se positionnaient pour attendre l'arrivée de toute force qui tentera de s'approcher des lieux. Ainsi, tous les abords de l'ORTM sur un rayon de 500 m avaient été sécurisés sous les regards de notre reporter posté à l'ORTM et qui assistait à la scène malgré les risques encourus. En face, à l'hôtel de l'Amitié, le portail avait été fermé sur ordre des militaires pour éviter que d'éventuels assaillants qui tenteront d'attaquer les nouveaux maîtres de l'ORTM, ne trouvent refuge.

Le tandem

Aux environs de 00h20, le patron du GIGN, Colonel Diamou Kéïta, Instructeur à l'école de Gendarmerie et patron de la Légion de Gendarmerie de Bamako),  fait son entrée dans l'enceinte de l'ORTM ainsi que des éléments du RCP qui avaient rallié les mutins depuis la matinée du  21 mars 2012. Il faut rappeler ici que les bérets rouges étaient divisés en trois clans : – celui de Siaka Koné, d'Abidine Guindo et d'ATT. Donc ce sont des Adjudants de compagnie, des chefs du personnel, en clairs trois Commandants ont rallié le mouvement. Entre autres on peut citer le Capitaine Abdoulaye Traoré, Lieutenant Dicko, Capitaine Tandina, Lieutenant Moussa Rama, Adjudant Chef Major Ballo et des éléments tous du RCP de Djikoroni-Para. Aussi, le Commandant Mala et ses hommes étaient présents en nombre à l'ORTM. En tenue camouflet, ce jeune Officier travaillant à la SE était perceptible à cause de sa belle tenue. Un tandem qui a pesé lourd dans la balance.

Reprise du fonctionnement de l'ORTM

A 23h30, l'ORTM a été mise en marche après interruption des émissions aux environs de 14h30 qui a vu les militaires venus de Kati et plus précisément de la CCAS, renforcer les positions des Gendarmes, gardes et policiers. Grâce à la Maestria du caméraman Makanfing Konaté, appuyé par votre reporter, lui qui venait en congé de la France puisqu'étudiant dans la capitale française, que les antennes de l'ORTM ont pu être rétablies. Ainsi, arrivera à 3h50, le Capitaine Amadou Haya Sanogo dans l'enceinte de l'ORTM sous bonne garde. Il y avait plus d'un bataillon qui escortait le nouveau maître du pays. La tension était perceptible et la zone de l'ORTM était devenue militaire. Tous les actes et mouvements sont suivis.

Discours lu  à 4h50 mn

Il faut attendre 4h50 pour que le discours dit de délivrance du Capitaine soit lu. Mais il est précédé par celui du Lieutenant Amadou Konaré. Ainsi, se fermait la page de dix ans de règne absolu d'ATT et compagnie.

Un contrecoup avorté

Pendant que les combats faisaient rage à Koulouba et que d'anciens Ministres du gouvernement sont interpelés à leur domicile afin de les protéger, un groupe d'Officiers s'étaient rendu à l'ORTM. En réalité, ils s'apprêtaient à désigner un leader pour prononcer leur discours au moment où des dispositions étaient en cours pour permettre au Capitaine Sanogo d'accéder à l'ORTM. Ces Officiers seront immédiatement arrêtés par des soldats puis isolés dans des bureaux au premier étage, juste à côté du DG de l'ORTM, afin de sauver leur vie car, certains voulaient les exécuter. Nous avions frôlé la catastrophe. Il y  a eu plus de peur que de mal. Quant au DG de l'ORTM, M. Baly Idrissa Cissoko, il sera escorté à domicile par des militaires. Ce n'est qu'après de geste que ceux-ci se rendront compte qu'ils ne devaient pas accompagner le DG puisqu'il fallait mettre l'ORTM en marche. Le contre coup venait d'être avorté et ces hauts gradés auront la vie sauve n'eut été l'intervention d'un Sous Officier qui les enfermera dans des bureaux. Ainsi, le chef du Comité National de Redressement de la Démocratie et de rétablissement de l'Autorité de l'Etat (CNRDRE), Capitaine Amadou haya Sanogo, lira son discours et prendra congé des lieux sans qu'il ne rencontre aucun de ces Officiers qui seront convoqués à Kati « QG » du nouveau pouvoir.

Enfin, pour joindre l'acte à la parole, la ville de Bamako était sous contrôle même « si certains bandits ont réussi à voler des tenues et des armes pour commettre leurs forfaits », explique un militaire furieux. Ainsi, les premiers larcins pris en flagrant délits sur les lieux : cité administrative, dans des ministères et autres directions Générales, seront conduits dans des Commissariats et autres Brigades de Gendarmeries. Certains seront acheminés à l'ORTM puisqu'arrêtés non loin de là.

Une nouvelle page d'espoir, venait de s'ouvrir pour le Mali.

Bokari Dicko

 

La visite de trop du Général Sadio Gassama à Kati (9)

La traîtrise des Officiers supérieurs dénoncée

Mercredi 21 mars 2012, il était 10h, lorsque le Ministre de la Défense, Général Sadio Gassama, accompagné du Général Minkoro Kané et du Chef d'Etat Major Général des Armées, Gabriel Poudiougou, venait d'arrivée au camp « Soundiata Kéïta » de Kati. L'atmosphère n'était pas festive. Bien au contraire, indiquent nos sources. L'objet de cette journée d'échanges était de faire le point de la situation sur le terrain, les dispositions prises par les autorités pour faire venir des armes et aussi écouter les doléances de la troupe. Il faut dire que l'atmosphère était délétère puisque les femmes des militaires de Kati avaient déjà protesté contre les nouvelles du front et le traitement infligés à leurs maris. Elles réclamaient une audience avec le Président ATT qui leur assurera que les conditions de travail de leurs époux vont changer rapidement.

L'accueil des revenants de la Libye

L'accueil des revenants de la Libye avec armes et bagages ; les relèves de Tinzawaten à travers l'opération « Badenko » qui ont vu l'opposition de revenants basés à Zakak et ne tarderont pas à attaquer des positions de l'armée à Ménaka; aussi les interventions de quelques hommes qui ont dénoncé le vol, la corruption des officiers supérieurs qui ne tenaient plus compte de l'humiliation subit par les soldats (devenus esclaves) au front malgré les appels aux renforts qui restaient lettre morte pendant qu'à Bamako, c'est la fiesta ; l'injustice dénoncée ; les modes de recrutements décriés ; manque de formation des hommes, des équipements adéquats. Bref, ce sont les actes et attitudes des chefs qui ont été mis à nu et dénoncés avec véhémence, précisent nos sources. Et le Major Djinama Fomba qui a forcé la parole selon un proche, a traité les Officiers supérieurs de « traîtres » et s'en sont suivis les jets de pierres contre le Ministre et sa délégation.

Les propos du Général Gassama

Les mêmes sources indiquent que si le Général Poudiougou qui a fait la genèse des nouvelles du terrain sans convaincre la trouve venue massivement les écouter, le Général Gassama vers la fin par des propos sur la mort des militaires, provoquera l'ire de la troupe dont les plus nombreux, les jeunes ne tarderont pas à jeter des pierres sur la délégation. « Nous étions fâchés et dégoûtés des propos du Ministre de la Défense. Donc avec les nouvelles des dispositions prises à notre encontre, nous avions dit que cette visite était une aubaine pour déclencher le putsch », martèle un gradé. Ce qui fut fait, car, la foule a molesté le   Ministre Gassama et sa délégation pour ensuite, très furieuse, casser els magasins d'armes du camp. Ainsi débuta la mutinerie qui conduira à la chute du régime.

Bokari Dicko

Mali Web

Ses derniers articles: Atelier de concertation du HCR sur le retour des réfugiés et déplacés du Mali : Les acteurs en conclave pour la facilitation du processus  ORTM / Journal TV 20h du 15 Septembre 2013  L’étrangleur de Bagadadji étranglé 

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