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Le ministre Ousmane Ag Rhissa dans les Mines d’or de Tabakoto, Gountoko et Loulo : «Je vous exhorte à vous investir à fond dans la reconstitution de l’environnement pour éviter qu’après la brillance de l’or les populations ne sombrent dans la désolation»

Après l’étape de Kayes, Yatela et Sadiola, le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Ousmane Ag Rhissa s’est rendu dans les sociétés minières  de  Tabakoto, Gountoko et Loulo, du 24 au 26 mars dernier, pour transmettre le message du gouvernement aux exploitants miniers et échanger sur d’éventuelles possibilités d’apaisement des risques sur les populations et l’environnement.

Le ministre Ousmane Ag Rhissa, en compagnie du DG de Endavour (D), sur le site de l’orpaillage du village de Sitakily

Dans les sites miniers de Tabakoto, Gountoko et Loulo,  le ministre a effectué des visites de terrain et a eu des échanges avec les responsables miniers, les travailleurs et les représentants des communautés. Toute chose qui lui a permis de toucher du doigt les vrais problèmes. La journée du 24 mars a été ponctuée par une séance de travail avec les responsables, cadres et personnels de la mine d’or de Loulo.

Sur place, les principes de protection de l’environnement ont été expliqués au ministre, avec un exposé  représentant trop de lacunes. Ce qui a suscité des échanges houleux et tendus entre les membres de la délégation  et les responsables miniers. Le très orgueilleux et arrogant directeur général Siaka Berthé, de Loulo, se sentant acculé et conscient du non respect des normes environnementales par sa société, n’a pu se défendre qu’en manquant de respect à toute la délégation. «  Nous faisons de notre mieux pour protéger la nature et si vous trouvez cela insuffisant, alors nous sommes désolés et nous ne pouvons pas faire plus! « .  Pris par la colère l’un des conseillers techniques a voulu lui signifier les risques que la société courait si jamais les normes de la protection environnementale n’étaient pas respectées. Siaka Berthé de réagir de façon instantanée «   Même si vous nous retirez  le permis, ça ne fait rien ! Car après la mort il n’y'a rien ! « . Des propos du premier responsable de la société qui ont surpris plus d’une personne. La grande surprise a été  l’impuissance des autorités locales quant à le remettre à l’ordre.   Après cette étape,  ce fut le tour de la carrière de la mine d’or de Gounkoto, même réaction du directeur Berthé, qui a voulu par tous les moyens, boycotter la rencontre. Néanmoins, le ministre Ousmane Ag Rhissa a pu calmer les esprits, afin que se poursuivent les travaux.

La visite du village Sansanba a été la plus catastrophique. Ici, le ministre et sa délégation ont constaté le désastre environnemental, du aux exploitants miniers  traditionnels. Le problème est très sérieux et des mesures draconiennes doivent être prises. Le fleuve Falémé qui sépare le Mali du Sénégal est pollué par les produits chimiques utilisés par les orpailleurs traditionnels. «  Il faut passer à la vitesse supérieure pour que la situation soit vraiment bonifiée, sinon nous sommes en face d’une catastrophe  » a déclaré le ministre de l’environnement.

Le séjour du ministre Ousmane Ag Rhissa sur les sites miniers a pris fin à Tabakoto où Semico-Sa est en activité, avec l’objectif de produire 150.000 onces d’or en 2013. Désormais, en lieu et place d’Avion Gold Corporation qui gérait la mine, c’est la société canadienne, Endeavour qui la pilote, avec de grandes actions. Cela en vue d’apporter de la valeur ajoutée à l’économie nationale et pour le bien-être des communautés. La présentation du responsable suivi environnemental, Dieudonné Dembélé et la visite sur le terrain de la délégation ont été une marque d’espoir, car la jeune société respecte au maximum les normes environnementales.  Les échanges ont été fructueux et Dembélé a soumis  quelques doléances liées au manque de cohésion et de clarté des tests qui régissent dans le secteur minier. Il a souhaité une relecture de ces textes et exhorté le ministre à les aider à bannir le phénomène de l’orpaillage traditionnel, qui selon lui nuit aux sociétés minières reconnues légalement.    Le ministre, en réplique a fait une synthèse globale. Il dira  que sa tournée a été fructueuse et a promis la révision de différents textes qui seront mis à la disposition de toutes les sociétés opérant dans le secteur. Il a également promis l’organisation des rencontres avec les responsables des sociétés minières et ceux de l’environnement dans le but d’éviter les malentendus,  un rapport de la mission portant sur les constats sur le terrain sera mis à la disposition des responsables des sociétés minières et du département des Mines, suivi de pourparlers  afin de trouver des moyens adéquats pour la protection et l’assainissement de l’environnement. Il a enfin félicité la société canadienne, Endeavour pour les efforts fournis dans la protection de l’environnement et l’assainissement, ainsi que son sens de la co urtoisie et l’accueil chaleureux qui a été réservé à toute la délégation.

Lancement de la 2ème session du comité de pilotage du projet Pnud/Fem

Le 26 mars, le ministre Ousmane Ag Rhissa s’est rendu à Kéniéba où il a procédé au lancement de la 2ème session du comité de pilotage du projet Pnud/Fem sur «  l’extension et le renforcement du système des aires protégées au Mali « .  Comme son appellation l’indique, ce projet a pour objectif d’étendre la couverture des aires protégées du Mali et renforcer de manière significative l’efficacité de la gestion du système des aires protégées.

En procédant au lancement du projet, le ministre Rhissa a indiqué que «  le gouvernement a défini la conservation de la biodiversité comme l’une de ses priorités et cherche à promouvoir l’extension et le développement durable des aires protégées comme principale stratégie de conservation.  » Le présent projet contribuera à la conservation de la biodiversité d’importance mondiale dans notre pays et plus particulièrement dans le riche sud-ouest où les mammifères en voie de disparition comme l’élan de Derby et le chimpanzé sont encore présents « .

Avant d’ajouter qu’au delà des problèmes de pollution de l’air et des nappes souterraines par l’utilisation des produits chimiques dangereux, les forêts et la faune sauvage payent un lourd tribut à l’exploitation minière. Malheureusement les compagnies minières qui doivent logiquement contribuer au financement du projet restent toujours silencieuses.  » Je saisis l’opportunité de ma visite dans le cercle de Keniéba pour lancer un vibrant appel à toutes les sociétés minières en général et celles de la région de Kayes en particulier afin qu’elles s’investissent à fond dans la reconstitution de l’environnement pour éviter qu’après la brillance de l’or, les populations maliennes notamment rurales ne sombrent dans la désolation.  »

Clarisse NJKAM

Envoyée spéciale

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