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Parlons-En : Du putsch, mon métier, ma patrie

Le 21 mars 2012 aux environs de 10h au camp « Soundiata Kéïta » de Kati, est partie une mutinerie. D'heure en heure, la mayonnaise a bien pris à tel point que mes sources confirmant le clash entre le Ministre de la défense, général Sadio Gassama, sa délégation et les militaires qui étaient venus les écouter. Le scoop était parfait et l'envie de le vivre était grande. L'insistance des coups de feu me poussa à traverser le pont des martyrs pour pouvoir me rendre à Kati via Koulouba. Je serai dissuadé par des éléments des forces de sécurité (Gendarmes, Policiers et Gardes) que la tension était vive, voire grave. Qu'à cela ne tienne, notre reporter, Benjamin Sangala, a couvert le départ des militaires du rond-point Tchétchénie de Kati pour Koulouba.

Néanmoins, un coup de fil me rappelant un rendez-vous au quartier du fleuve me fera finalement revenir en arrière. Et durant cet entretien, j'ai entendu des coups de feu à l'ORTM. Il était 14h30 et les émissions furent brutalement interrompues. C'est en ce moment que j'ai compris que j'avais le plus grand scoop de ma vie de journaliste, moi qui rêvais d'être  reporter de guerre.

De ce pas, malgré l'insistance d'un aîné, j'ai pris le chemin de l'ORTM à mes risques et péril. Effectivement, l'artère quittant la Direction générale de la BDM S.A vers l'ANPE, on pouvait remarquer que des véhicules de la police remplis d'éléments du GMS. A l'approche du carrefour au niveau de la DG de la BDM S.A, malgré les tirs des éléments du GIGM, j'ai continué à marcher vers eux. Après des explications de la raison de ma présence, les jeunes Gendarmes, sans rechigner m'indiqueront le chemin. Ce que j'ai fait jusqu'à l'entrée de l'ORTM où des armes lourdes tenues certaines par des hommes les visages graves, d'autres posées à même le sol mais bien surveillées par leurs utilisateurs.

Après une présentation à un Sergent, celui-ci me présenta leur Chef, lieutenant Boua Koné. Ainsi débuta mon reportage qui sera inédit du fait de l'évènement. Ainsi de 15h à 09h, je vis la chute d'ATT. Dans ce méli mélo, les militaires m'aideront à faire mon travail. Ainsi, les premières interpellations dont le Ministre de la Culture El Moctar et Général Kafougouna Koné seront suivies. Et vice versa.

Une chaude soirée qui a failli tourner au vinaigre n'eût été le tact d'un Sous officier qui a pu mettre à l'abri des officiers venus faire un contre coup.

L'annonce de l'arrivée des éléments du RCP aussi, avait alourdi l'atmosphère. Il y a eu plus de peur que mal.

C'est fort de ce travail de journaliste que nous avions fait et seront toujours prêts à le faire que nous sommes traités de putschistes. Quelle honte ?

En tout cas, nous n'avons pas de leçons à recevoir de qui que ce soit en la matière. Nous sommes aussi le premier journal à fouler les pieds à Gao aux mains des islamistes. Là-bas aussi, nous avions été félicités et encouragés à faire notre travail. Ce noble métier de journaliste.

Loin de donner des leçons à qui que ce soit, nous pensons que nous faisons notre travail malgré les conditions exécrables dans les quelles cela se déroule. En tout cas, du coup d'état à nos jours, « Mali demain » a été régulier. Aussi, nous demeurons l'un des rares journaux à fustigés la gestion ATT (voir articles en rétrospective).

Bokari Dicko

 

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