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Cheikh Yérim Seck fait la Une des quotidiens

Les quotidiens réservent jeudi une large place aux conditions de vie carcérale du journaliste Cheikh Yérim Seck, qui dit avoir été torturé, reléguant au second plan les autres sujets de l'actualité dominés par la politique.

''La prison du camp pénal est devenue un +enfer+ pour Cheikh Yérim Seck. Le journaliste, qui se dit victime d'une agression qui a abouti à une incapacité de 30 jours, interpelle l'opinion sur le +danger+ qui le guette'', indique le quotidien L'Observateur.

Il donne ainsi le ton à plusieurs autres journaux qui annoncent le transfert du journaliste du Camp pénal où il était jusque-là détenu pour viol au Cap manuel. Direct Info évoque aussi une détérioration des conditions carcérales du journaliste qui assure avoir été ''agressé'' au camp pénal.

''Cheikh Yérim Seck se dit maltraité par des gardes pénitentiaires suite à une altercation. Des militants des droits humains élèvent la voix. De plus en plus des cas de tortures sont dénoncés dans nos prisons. Tout ce ci au grand dam des Sénégalais'', écrit ce journal.

L'As pour sa part revient sur les ''dessous'' de ce transfert. ''ce +déménagement+ intervient quelques heures après la publication sur le site dakaractu.com de la lettre de Cheikh Yérim Seck accompagnée d'un certificat médical faisant état d'une incapacité temporaire de 30 jours suite, écrit-il, à une +agression+ de 2 gardes pénitentiaires'', rapporte ce journal.

Le journal ne s'en limite pas cependant là. Il cite ''une source de l'administration pénitentiaire'', pour aller au fond de cette affaire. ''Si Cheikh Yérim Seck a des preuves qu'on l'a torturé, il n'a qu'à porter plainte et l'affaire suivra son cours. La torture est abolie dans les établissements pénitentiaires et on n'acceptera pas d'être l'otage de qui que ce soit'', dit cette source.

''Cheikh Yérim Seck était privilégié. Il se permettait de recevoir des visites de sa femme trois fois par jour et parfois jusqu'à 21 heures. Or aucun visiteur n'a le droit de rester dans les prisons au-delà de 17h30'', poursuit la source du quotidien L'As.

Le journaliste n'en démord pourtant pas. Rewmi quotidien rapporte ainsi qu'il ''dénonce une campagne orchestrée par le père de Ndèye Aïssata Tall'', la jeune fille qui l'accuse de viol, ce que l'intéresse nie. ''Cheikh Yérim Seck, qui s'estime réellement en danger et malade, saisit en même temps l'opinion publique, pour réclamer protection'', écrit ce journal.

Boubou Tall, le père de la victime, ''actionne Diadji Ndiaye (le régisseur de la prison du camp pénal) dont l'acharnement à mon endroit est injustifiable'', déclare le journaliste dont les propos sont rapportés par Le Populaire. ''Le régisseur dit appliquer le règlement, le magistrat Boubou Tall déclare n'avoir aucun commentaire à faire'', ajoute-t-il.

''Yérim Seck internationalise son combat et les droits de l'hommistes ''s'en mêlent'', constate Grand-Place. La Ligue sénégalaise des droits de l'homme (LSDH) ''réclame l'ouverture d'une enquête'', renchérit le quotidien Enquête, évoquant le ''drame'' du journaliste.

''La vie carcérale de Cheikh Yérim Seck est loin d'être un long fleuve tranquille. Dans une correspondance, il dénonce des mauvais traitements et accuse le magistrat Boubou Diouf Tall et le régisseur Diadji Ndiaye (du Camp pénal). Les organisations des droits de l'homme veulent que toute la lumière soit faite sur cette affaire'', écrit Enquête.

D'où son transfert précipité au Cap manuel. ''Les autorités pénitentiaires n'ont voulu prendre aucun risque. La tension allait crescendo entre Cheikh Yérim Seck notamment et une partie des gardes est à l'origine du transfert du journaliste vers le Cap manuel'', renseigne La Tribune.

Pour tout dire, ce sujet ne laisse que peu de place à d'autres dans le menu du jour des quotidiens, même si la politique tente de se faire une place. Le journal Le Quotidien ouvre ainsi sur la proposition de limitation de l'âge des présidentiables à 70 ans.

''Des destins croisés'', affiche le journal à sa Une, avec à l'appui des photos de quelques dinosaures du personnel politique sénégalais : Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng, Ibrahima Fall, Me Doudou Ndoye.

''Tanor Niasse, Ibrahima Fall...à la retraite'', titre ce journal dans ses pages intérieures. ''La dernière sortie du ministre de la Justice a montré que l'APR n'a pas encore oublié un des points figurant dans son programme : la limitation de l'âge du candidat à la présidence de la République à 70 ans. Une proposition qui est aujourd'hui entourée de plusieurs +si+, puisque menaçant la carrière des dinosaures politiques'', écrit Le Quotidien.

Walfadjri lui fait état des déceptions de Malick Noël Seck, un jeune ex-militant du Parti socialiste (PS) sénégalais, concernant le nouveau régime du président Macky Sall et son ''gouvernement de représentations sans pouvoirs réels''. ''Malick Noël Seck tire à boulets rouges sur Macky'', constate la manchette du journal.

''Macky Sall devra désormais compter sur Malick Noël Seck parmi les opposants à son régime. Le patron de Convergence socialiste qui faisait face à la presse hier (mercredi) a tiré à boulets rouges sur Macky et son régime. Sans épargner son ex-mentor Ousmane Tanor Dieng sur qui il s'est bien défoulé avant de dénoncer l'arnaque qui sévit au sein de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar'' regroupant les partis de la majorité présidentielle, rapporte Walfadjri.

De son côté, L'Observateur parle de la visite du chef de l'Etat sénégalais aux Etats-Unis où il est l'invité de son homologue américain. ''Macky Sall, le bon élève d'Obama'', souligne le quotidien du Groupe Futurs Médias en revenant sur le sens et les enjeux de ce déplacement du président sénégalais chez l'Oncle Sam.

Me Abdoulaye Wade, le prédécesseur de Macky Sall, ''a été moins chanceux. Il avait fait, en vain, des pieds et des mains pour se faire inviter à la table du président de la première puissance mondiale. Le président Macky Sall a su vite assimiler la leçon du président Barack Obama lors de son voyage au Ghana, le 11 juillet 2009'', écrit-t-il.

APS

Rewmi

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