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Soumaïla Cissé, candidat de l’Urd à l’élection présidentielle : «S’il plaît à Dieu, le Mali ira de l’avant»

Invité-surprise de la cérémonie d'adhésion de militants des partis Sadi, Mpr, Rpm, Cnid et Pdes à l'Urd, le mercredi 20 mars 2013, Soumaïla Cissé en a profité pour échanger avec les militants de son parti. C'était au grand hôtel de Bamako. En marge de ces retrouvailles au sein du parti de la poignée de main, nous avons réalisé une interview avec le candidat de l'Urd à l'élection présidentielle de 2013.

Soumaila Cissé s’adressant aux participants.

Quel sentiment vous anime après ce retour au bercail ?
Soumaïla Cissé : Je remercie tout d'abord les militantes et militants de l'Urd, pour leur accueil. Je voudrais les remercier parce que ça fait un an que je suis hors du pays, et pendant ces longs mois, j'ai eu le soutien de tous les Maliens mais aussi leur accompagnement. Il n'y a pas de jour où je n'ai reçu un coup de fil de Maliens, qu'ils soient au Mali ou à l'extérieur. Des anonymes que je ne rencontrerais jamais dans la vie, qui m'ont témoigné leur sympathie et souhaité un bon rétablissement. Je voudrais dire à tous ces anonymes, merci du fond du c½ur. Je voudrais remercier le bureau exécutif national de l'Urd, notamment le président Younoussi Touré, qui m'a rendu visite au moins une dizaine de fois. Je voudrais le remercier très sincèrement et tous ceux qui sont venus me voir. Au nombre de ceux-ci, il y a des militants de l'Urd, mais également beaucoup de responsables politiques d'autres partis politiques du Mali, qui ont mis en avant la solidarité, la compassion, l'amitié et les valeurs qui réunissent tous les Maliens. Il y a des moments où la politique, on la met de côté, l'aspect humain des choses prend le dessus sur tout.
On peut savoir les personnalités ou hommes politiques qui vous ont rendu visite ?
Il y a eu la visite de Dioncounda Traoré alors qu'il était malade, celle de Diango Cissoko, alors qu'il n'était pas encore Premier ministre. J'ai reçu la visite de Tiébilé Dramé, Iba N'Diaye, Mountaga Tall, Choguel Maïga ; je vais certainement oublier d'autres qu'ils m'en excusent. Ils sont tous venus me saluer, je voudrais leur dire merci infiniment. En partant, j'ai eu des soutiens énormes parce que partir n'était pas facile. J'ai eu le soutien de la France, du Burkina Faso et de la CEDEAO, et celui du gouvernement malien dirigé par Cheick Modibo Diarra. Sans eux, je ne serais pas là aujourd'hui. Merci au bon Dieu, tout simplement. J'ai été bien pris en charge par les médecins français. Mais, je voudrais remercier et féliciter le docteur Cissé, qui m'a accompagné jusqu'à Paris. Je voudrais remercier particulièrement mon infirmière en chef, Madame Cissé, je lui connais des qualités, mais je ne savais pas qu'elle était une bonne infirmière. Je voudrais dire merci à tout ce monde. J'ai été fier d'être Malien parce que, quand on est Malien, il y a toujours un Malien quelque part qui s'inquiète pour vous. Je voudrais dire merci à tous les Maliens.
Des militants des partis Sadi, Mpr, Cnid, Pdes et Rpm viennent d'adhérer à l'URD. Ça vous inspire quels sentiments?
Cela nous conforte de rassembler le maximum de Maliens autour de notre projet. Si nous avons des responsables politiques qui nous rejoignent, qui sont implantés dans l'ensemble du pays, je crois que cela nous permet de dire que nous sommes dans le bon sens.
Pendant cette absence, comment avez- vous suivi la situation au Mali ?
Vous savez, je suivais la situation dans le nord bien avant le coup d'Etat,  moi-même étant ressortissant de cette zone. C'est normal que je m'inquiète pour les familles qui y sont, mais surtout pour l'intégrité de notre territoire. Les choses sur le plan militaire vont dans le bon sens, j'espère seulement que cela va être conforté et que nous allons retrouver l'intégrité de notre pays sous un seul et même gouvernement. J'ai eu des périodes de souffrance, mais quand je pense aux souffrances qu'il y a eu ici, je dis que, pour moi, ce n'était rien. Quand on pense aux femmes qui ont été violées et violentées, quand on pense à ceux qui ont eu des membres coupés, à ceux qui ont souffert au nord du Mali au quotidien.  Quand on pense à l'avenir de ce pays, que nous aimons, nous avons toujours aimé et continuerons à aimer,  et qui fera encore notre fierté, on se dit que sa personne n'est rien à côté de tout cela. Ce qui est important, c'est l'avenir de notre pays. Ce qui est important, c'est ce que nous laisserons à nos enfants et nos petits-enfants. C'est pour ça qu'il faut se mobiliser ; c'est pourquoi, une cérémonie comme celle-ci est importante.
Comment vous voyez la situation et qu'est-ce qu'il faut faire, qu'est-ce vous voulez maintenant ?
Nous voulons consolider notre démocratie, nous voulons faire revivre encore une République. C'est pour cela que l'Union pour la République et la démocratie est un choix judicieux. La démocratie demeure pour nous une nécessité. Des élections transparentes, justes, mais surtout des élections crédibles pour nous les Maliens, et crédibles pour la communauté internationale, nous devons tous veiller à ce que cela soit. Nous voulons une République et la République nécessite des institutions qui marchent. Deux me tiennent particulièrement à c½ur : la justice, il faut qu'elle soit équitable pour tous ; l'armée, parce qu'il nous faut une armée forte, une armée qui se respecte et qui est respectée, une et une seule armée dans notre pays. C'est comme cela dans tous les pays. Je pense qu'aujourd'hui, nous avons un chemin d'espoir qui est tracé. Ce chemin d'espoir doit nous permettre tous de rêver ensemble et dans le même sens, mais surtout de pouvoir nous mobiliser et de mettre de côté tout ce qui peut être considéré comme futile. Aujourd'hui nous sommes tous interpellés, que ce soit les partis politiques, la société civile, que ce soit l'armée, parce qu'il s'agit de notre pays ; il s'agit de son existence même. Je pense que depuis de très longues années, peut-être même de longs siècles, le Mali n'a connu une situation aussi difficile. C'est pourquoi nous devrons être mobilisés le plus rapidement possible.
Pensez vous que les élections sont possibles avant le 31 juillet prochain ?
Ce qui est sûr, ce que c'est un défi important. Nous savons tous qu'une bonne finalité c'est de faire les élections le plus rapidement possible. Je crois qu'il faut s'atteler à cela. Je  ne vais pas rentrer dans un système pessimiste, on ne va pas réussir, il faut se donner la main, il faut aller de façon volontaire vers cette solution. Si on se rend compte qu'on peut le faire, on le fait ; mais on est assez grand pour se dire à un moment donné qu'on a des retards, qu'il faut décaler les élections. Faisons confiance aux membres du gouvernement et aux techniciens qui ont proposé les dates, ils doivent savoir où on en est avec le fichier électoral. Ils doivent savoir quelles sont les mesures qu'ils ont prises pour les réfugiés ; ils doivent savoir quel est l'état de mobilisation des ressources financières pour faire face à la situation. Surtout, ils ont une avance sur nous sur le plan sécuritaire global du pays. Tous ces paramètres, à mon avis, sont centrés au niveau d'un gouvernement central, qu'au niveau de chacun de nous pris individuellement. C'est pourquoi, faisons leur confiance, accompagnons-les, rentrons dans leur optimisme. Je crois qu'on réussira.
Et la situation sur le théâtre des opérations, disons la guerre au Mali ?
La lutte militaire est avancée. Je pense qu'aujourd'hui une grande partie du territoire est libérée, bien sûr, il y aura encore du banditisme résiduel ; partout encore il y aura des problèmes de sécurité à régler. Mais, aujourd'hui, le défi que nous avons, c'est de réussir la solution politique qui passe forcément par les élections, mais aussi par un dialogue et la réconciliation. Chacun de nous est interpellé, il y aura une commission mais chacun est interpellé. Nous devrons faire en sorte que le vivre-ensemble au Mali soit une réalité. Chacun doit pouvoir vivre avec son voisin quelle que soit la couleur de sa peau ; chacune de nous doit pouvoir pardonner et éviter les amalgames ; chacun de nous n'oubliera pas, mais doit pouvoir se surpasser, et nous devrons nous surpasser. À l'Urd, nous saurons nous surpasser. Ensuite, il faut reconstruire ce pays, il faut aller de l'avant. Nous avons une situation économique qui est difficile aujourd'hui ; une situation humanitaire qui laisse à désirer à tel point que nous avons nous-mêmes des doutes sur l'avenir. Nous allons reconstruire ce pays parce qu'il a un potentiel énorme. Ce pays n'attend que la mobilisation de ses enfants qui doivent croire en l'avenir ; si nous croyons en l'avenir, si nous nous mobilisons, je suis sûr et certain que nous allons réussir. La confiance, c'est ce qui est à la base de ce que nous allons construire demain. Si nous nous faisons confiance, si nous nous tenons la main, nous devrons pouvoir nous supporter et aller de l'avant.
Avez-vous un message ?
Qu'on se donne la main, se parle : dialoguons. Il faut aussi faire la part des choses, que ceux qui doivent être jugés soient remis à la justice, sans règlement de comptes. On ne doit pas se rendre justice. Cela peut engendre des règlements de comptes à ne pas finir. Il y a eu des choses par le passé que nous avons gérées entre nous. Nous avons l'avantage d'avoir des griots chez nous, des chefs coutumiers et des autorités traditionnelles, des leaders religieux, nous avons tellement de mécanismes de gestion de nos différends, que les autres pays n'ont pas. Nous devons les utiliser, même le synakoungna peut résoudre beaucoup de choses chez nous ; les liens de parenté, d'alliance peuvent nous servir pour régler ce conflit. Je suis confiant, car nous sommes avant tout un pays de paix, de tolérance. S'il plaît à Dieu, le Mali ira de l'avant.
Rendue en français par Kassim TRAORE

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