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20 ANS DE TRAVAUX FORCES POUR LE DISCIPLE DE BACCHUS : Babacar Diop, en état d’ébriété, avait poignardé son «beau-frère»


Pour un disciple de Bacchus, Babacar Diop n'en est pas un moindre. Placé sous mandat de dépôt depuis 2008, il répondait du meurtre d'Aliou Ndour, un jeune qui s'apprêtait à se marier. Les faits avaient eu lieu à Yoff. Babacar aura encore 16 longues années à passer en prison.
Dans la nuit du 22 octobre 2008, les gendarmes de la brigade de la Foire étaient informés d'une bagarre opposant un ivrogne à son voisin. Sur les lieux, ils trouveront Alioune Ndour victime d'un coup de poignard de son acolyte Babacar Diop, un véritable disciple de Bacchus, selon ses voisins. Evacué à l'hôpital général de Grand Yoff, il ne survivra pas à ses blessures.
Le certificat de genre de mort délivré par le légiste fera état d'une plaie traumatique profonde de quatorze centimètres de l'hémothorax gauche atteignant le c½ur avec hémorragie interne et externe. Cette lésion serait, selon le Toubib, faite par un objet pointu.
Ousmane Diop qui a alerté la gendarmerie, affirmera que c'est après qu'il les a séparés, retournant chez lui, qu'il entendra les gens dire qu'il l'a poignardé. Inculpé de meurtre, Babacar Diop avouera, en légitime défense, avoir donné un coup mortel au sieur Ndour. «J'ai vu mon adversaire sortir quelque chose de sa poche et j'ai saisi une paire de ciseaux, sur le capot du véhicule sur lequel je m'étais adossé, avant de lui en asséner un coup à la poitrine», confiera-t-il. Devant la barre, le mis en cause ne faisait que tergiverser, quant aux circonstances du meurtre.
Le parquet général requit la perpétuité
L'avocat général n'était pas du tout clément avec Babacar Diop qui a dû recevoir son réquisitoire, tel un coup de massue sur la tête. Pour Ibrahima Bakhoum, l'élément intentionnel peut faire l'objet de débat mais celui factuel est constant. «Il s'est levé à une heure de crime- 00H 30mn-, est allé à la rencontre de sa victime, après s'être gavé d'alcool, pour renforcer son courage et commettre son forfait», dira-t-il, précisant que si les motivations du crime restent une énigme, l'intention de donner la mort est manifeste. «C'est à la limite une invasion, un élément extérieur qui infiltre le quartier d'autrui, pour commettre un meurtre, n'a pas outre qualification», poursuivra le président Bakhoum. Aussi, estimera-t-il que le sieur Diop ne mérite aucune circonstance atténuante, encore moins une application bienveillante de la loi. Il demandera donc à la cour de le déclarer atteint et convaincu des faits et, selon la disposition de l'article 289 du code de procédure pénale, il requerra les travaux forcés à perpétuité.
ME SOW AVOCAT DE LA DEFENSE : «le parquet est très sévère»
Le dossier est si léger et pouvait aller en flagrants délits. L'enquête de la gendarmerie est mal faite et le dossier ne présente pratiquement que des zones d'ombre. Dans la poursuite de ses irrégularités, il n'y a pas eu de reconstitution des faits. Pis, le genre de genre de mort ne peut pas aller plus loin, il faudrait une autopsie pour déterminer l'arme de la mort. C'est là que l'avocat de la défense a axé sa plaidoirie. Me Sow pense que l'enquête a été bâclée. «Mon client a regretté, pendant tout le temps qu'il a passé en prison et aujourd'hui, devant la barre, il regrette encore, comme il en sera pour toute sa vie», a-t-il précisé. Poursuivant, il s'appesantira sur la famille et la mère de l'accusé qui ne compte que sur lui pour vivre, pour plaider une application bienveillantes de la loi, en vertu de circonstances atténuantes que devra lui faire bénéficier la cour, une manière de lui tendre la perche.
FATIMATOU DIALLO, MERE DE VICTIME
«Mon fils s'apprêtait à se marier»
C'est une dame sous le poids de l'âge qui s'est constituée partie civile, hier. Encore abattue par la reconstitution des circonstances dans lesquelles son enfant a été froidement poignardé, ayant assisté aux débats d'audiences, Fatimatou Diallo a pourtant su garder son calme et sa foi en Dieu, près du meurtrier de son fils. «Je viens de le voir, je ne le connaissais pas avant, j'ai été juste informée, après la mort de mon enfant à l'hôpital», a-t-elle témoigné. Poursuivant, d'une voix presque aphone, elle dira : «mon fils a été poignardé, le lendemain du jour qu'il m'a informée de son désir de se marier». Très sereine, elle dira s'en remettre à Dieu, demandant que la justice fasse son travail. Une justice qui semble l'avoir entendue. Babacar Diop a écopé de 20 ans de travaux forcés.
Yandé DIOP
PROFIL DE L'ACCUSE :
Un disciple de Bacchus qui noie sa peur dans l'alcool
En poltron avéré, il masquera sa couardise dans les excitants et l'alcool. Babacar Diop qui répondait du meurtre d'Aliou Ndour, est un chauffeur de transport en commun. De la drogue à l'alcool, le Yoffois n'y allait pas avec le dos de la cuillère. Pourtant, il se prétend soutien de famille.
C'est justement en état d'ivresse que le mis en cause a poignardé le beau-frère de son jeune frère. «Alioune Ndour était le frère de l'épouse de mon jeune frère, je ne l'ai jamais vu ivre, il ne fumait pas et était un homme de paix», a déclaré l'accusé devant la barre. Crane rasé, taille moyenne (1m 75 environ), le sieur est un gringalet qui n'a pas du tout l'apparence ni la corpulence du meurtrier dont on lui colle l'étiquette. Toutefois, il n'a pas hésité, en commettant son forfait, à en croire l'avocat général. Très serein, même s'il perdait le fil, de temps à autre, peut-être, hanté par le mythe des robes rouges (comme le signale son avocat), était, pour l'occasion, vêtu d'un ensemble Obasanjo de couleur blanche. Les mains au dos, il était là debout à répondre aux questions de la cour qui devait statuer sur son sort, après 5 ans de préventive. Babacar se définit comme un poltron qui ne pouvait contrôler sa peur, quand il a vu son acolyte se diriger vers lui, la main dans la poche. « Je pensais qu'il sortait quelque chose, pouvant être une arme et comme je ne suis pas fait pour la bagarre, j'ai piqué une panique qui m'a poussé à m'emparer de la paire de ciseaux», a-t-il confié. Ayant perdu son père très jeune, Babacar a été éduqué par sa grand-mère à Mbacké, avant de venir rejoindre sa mère à Yoff. Il est marié et père de sept bouts de bois de Dieu dont l'une s'est mariée pendant son séjour carcéral.
Y. DIOP

REWMI QUOTIDIEN

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