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Nouvelle confrontation entre la Justice et les Frères

Le procureur général, accusé d’être à la solde des Frères musulmans, va-t-il devoir abandonner son poste? Il ne l’occupe que depuis novembre dernier, suite à une décision du président Mohamed Morsi. Ce mercredi 27 avril, une cour a invalidé le décret présidentiel, et l’ancien procureur général Abdel Meguid Mahmoud devrait donc revenir à son poste. Cependant des sources judiciaires indiquent qu’il n’en a aucune envie, mais demanderait à ce qu’un nouveau procureur général, loin des logiques partisanes, soit choisi, pour remplacer l’actuel procureur, Talaat Abdallah.

 

La démission du procureur général Abdel Meguid Mahmoud était une demande de longue date des pro-révolution. Ils lui reprochaient notamment d’avoir été nommé par Moubarak et d’être à l’origine de l’insuffisance des preuves présentées par le parquet dans les procès des anciens responsables du régime. En octobre, le président avait déjà essayé de le renvoyer discrètement, en le nommant ambassadeur au Vatican, mais avait renoncé, devant le mécontentement de la magistrature.

Il s’y était finalement résolu pendant la période troublée de novembre, mais sa décision est jugé invalide par les experts juridiques : selon la Constitution, le procureur général ne peut que quitter ses fonctions volontairement, il ne peut être renvoyé.

En novembre 2012, le moment que le président avait choisi pour le renvoyer, en même temps qu’un décret où il s’offrait presque les pleins pouvoirs, avait soulevé la méfiance: n’était-ce pas une nouvelle tentative de placer un homme des Frères musulmans à une place essentielle? Depuis, les soupçons se sont en partie confirmés, notamment avec la mise en accusation ce dimanche de cinq célèbres activistes, notamment le blogueur Alaa Abdel Fattah, déjà accusé et emprisonné pour de faux motifs sous le règne du Conseil militair en 2011, et aussi sous Moubarak en 2006.

L’exécutif n’a pour le moment pas commenté cette décision de justice.  Le président peut contester le jugement devant la Cour de cassation.  Mais il pourrait aussi considérer que  la justice ne peut renverser une décision de l’exécutif.

Une solution intermédiaire, qui éviterait une confrontation trop marquée entre la justice et la présidence/les Frères musulmans, serait la nomination d’une troisième personne, neutre, à ce poste.

 

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