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AU COIN DU PALAIS : « Je suis plus à l'aise en prison »

Ancien « volontaire » au sein des forces belligérantes en Côte d'Ivoire au plus fort de la crise, Sawadogo M. est devenu le poil à gratter de sa famille. Rentré de l'aventure avec de mauvaises habitudes, il a coutume de se « shooter » au cannabis pour ensuite battre sa concubine.

Vint le jour où il a poignardé de trois coups de couteaux, son frère aîné Sawadogo A. qui tentait de mettre fin à l'une de ses nombreuses querelles avec sa femme. Traduit devant le Tribunal correctionnel, pour répondre des faits de coups et blessures volontaires, de consommation de drogue, il a refusé de reconnaître les faits, tout en avouant que « je fume un peu un peu » au juge. Cet accusé-là ne comprend pas pourquoi on le poursuit pour une histoire de drogue qu'il a achetée non pas publiquement au marché, mais « clandestinement », au domicile du dealer. Il ne comprend pas non plus pourquoi le Tribunal veut s'immiscer dans un problème « entre lui et sa propre femme » et en vouloir aussi à sa personne pour avoir blessé au couteau quelqu'un qui est rentré, semble-t-il, jusque dans sa chambre, fut-il son grand frère. « Si je lui donne des avertissements et qu'elle n'obéit pas, je peux la frapper. Personne ne doit rentrer dans ça », croit savoir l'accusé à propos de sa femme. Il précise par ailleurs que sa famille, son père, ses frères, sa femme sont tous jaloux de lui. Il indique aussi au parquet qu'il ne peut pas manger s'il ne « fume » pas et qu'il est plus à l'aise à la prison de Bobo-Dioulasso où il séjourne, en attendant son procès. Prenant acte de ses dires, le Tribunal a offert à Sawadogo M., reconnu coupable des faits, un bail supplémentaire de 6 mois à la Maison d'arrêt, en lui infligeant 15 000 F CFA d'amende ferme. « Je ne suis pas d'accord », a-t-il signifié aux juges qui lui ont rappelé qu'il peut faire appel du jugement rendu.


L'âne entretient sa mauvaise réputation, même devant le Tribunal

Il y en a qui n'ont pas encore compris la légende moaga qui veut que même si tu vends ton âne pour payer tes impôts, il ne t'arrivera que des ennuis. Des faits viennent chaque jour alimenter et entretenir ce mythe d'une prétendue malédiction du baudet. Le sieur Sanou S. l'a appris à ses dépens en février dernier. Natif de Borodougou, un village rattaché à la commune de Bobo-Dioulasso, il y est retourné pour voler une ânesse et son petit. Il a par la suite vendu les deux bêtes à 55 000 F CFA à Bobo-Dioulasso. Pour ses premiers pas de délinquant, Sanou S. a vite été repéré et conduit devant les tribunaux afin de répondre des faits de vol d'une ânesse et de son petit. Très taciturne à l'audience du Tribunal correctionnel du 22 mars 2012, l'accusé n'a eu d'autres choix que de reconnaître les faits, précisant au passage que les animaux ont été restitués à leur propriétaire et le prix de la vente à l'acheteur. Des circonstances reconnues atténuantes qui lui ont quand même valu une peine d'emprisonnement de 12 mois avec sursis. Cette histoire d'âne rappelle une autre qui a été jugée par le même Tribunal, il y a quelques années. Un jeune voulant traverser la ville pour rejoindre le marché des ânes, est passé sans le savoir devant la cour du propriétaire de l'animal qui ne s'est pas privé de trimbaler son voleur de force au fond de la concession.


Elle ne veut pas laisser son ex-mari tranquille

Le 6 novembre 2012, Mme Da A. s'est rendue chez son ex- mari Konkobo O. pour « tout casser ». Du matériel électroménager et une motocyclette ont fait les frais de la colère de l'ex-épouse. C'est de cette façon que la dame qui ne jouirait pas de toutes ses facultés mentales traumatise son ancien mari. Jugée pour les faits de menace sous conditions, et de dégradation volontaire de biens, le parquet a diligenté une expertise psychiatrique pour être situé sur l'état réel de l'accusée. L'expertise a révélé qu'elle « a des moments d'altération du jugement ». Ce qui a fait dire par le parquet que l'affaire tombe sous le coup de l'article 73 du code de procédure pénale qui stipule en substance qu'il n'y a ni crime, ni contravention si l'auteur au moment des faits, a une démence... Le juge devrait ordonner son internement dans un centre spécialisé. Le procureur a soutenu par ailleurs que les crises n'étant pas permanentes, il était difficile de savoir si au moment de la commission des faits, l'accusée était normale ou pas, au-delà du doute. Le parquet a par conséquent, demandé la relaxe de la prévenue au bénéfice du doute, et son internement dans un centre spécialisé. Le Tribunal a prononcé la relaxe de Mme Da A « pour absence d'infraction ». Avant de partir, celle-ci a expliqué dans un français limpide au Tribunal, qu'elle n'est pas prête à laisser son mari tranquille, parce que « c'est lui qui m'a mise dans cet état là ».

Rassemblés par Mahamadi TIEGNA

Sidwaya

Le Faso

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