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PREMIÈRE TRANCHE DE LA CENTRALE DE KOMSILGA : Les premiers mégawatts disponibles cette semaine

Le groupe électrogène de 18 MW de la première tranche de la centrale de Komsilga est enfin d'être testé avant sa mise en service. Les premiers essais débutés le 21 mars 2013 devraient permettre, selon les techniciens, d'injecter déjà quelques mégawatts cette semaine dans le réseau de distribution de la SONABEL.

Commandé à St Nazaire en France en 2008 et arrivé à Ouagadougou en juin 2010, le groupe électrogène de la tranche n°1 du projet de construction de la centrale de Komsilga n'a pas encore injecté ses premiers mégawatts (MW) dans le circuit de distribution de la SONABEL. Retard accusé par le fournisseur pour la livraison du moteur, blocage de l'engin au port d'Abidjan à cause de la crise ivoirienne, difficultés d'acheminement du moteur à Ouagadougou...ont constitué le lot de malheurs de la première tranche d'un projet ambitieux en trois phases d'environ 90 MW. Mais depuis ce 21 mars 2013, après moult péripéties, les premiers démarrages du groupe électrogène ont débuté à l'issue de plus de trois mois de mise en conformité de la machine. Les premiers MW sont même attendus cette semaine. « Cette mise en conformité était nécessaire étant donné le long stockage de la machine au port d'Abidjan. Il allait être imprudent de notre part, vu la taille et la puissance du moteur, de prendre des risques », a précisé le chef de projet de la centrale de Komsilga, Gnoumato Bernard Ouattara. Il fallait, selon lui, pendant plusieurs semaines, dépiécer le moteur, inspecter toutes les pièces afin de détecter d'éventuelles petites défaillances. « Il y a eu après la phase de rinçage des circuits qui ont été installés depuis 2010, un gros travail de nettoyage nécessaire que nous avons terminé en fin février », a-t-il ajouté. Sur le site, c'est un travail de fourmi qui est effectué par des techniciens. Le tout est supervisé par des ingénieurs de MAN Diesel, fournisseur du groupe.

En ce début d'après-midi du 22 mars, Josée Roccoli démarre la machine pour la dernière fois de la journée. Une fumée blanche puis noire s'échappe de la cheminée à l'extérieur. « Quand la machine sera bien rodée, vous n'apercevrez plus de fumée », a commenté Gnoumato Bernard Ouattara. Dans la salle de commande, le cerveau de tout le système, l'ingénieur de mise en service du moteur, Josée Roccoli et son équipe supervisent tout. « Le groupe est en phase d'essai dynamique à vide, c'est-à-dire que le moteur tourne mais on n'a pas de charge. Pour valider cette phase, il faudrait avoir un certain nombre de conditions, en particulier que les protections du moteur soient actives et fonctionnelles à 100% », a-t-il indiqué. Il s'agira ensuite, a-t-il précisé, de passer à la phase d'essai dynamique à charge pour vérifier si les systèmes et les circuits répondent bien aux critères définis au départ. Enfin, le rodage échelonné de la machine dans le temps permettra d'atteindre la puissance nominale prévue (16,5 MW). « Le fonctionnement se fait en deux phases parce que nous avons deux types de combustibles. Nous avons le DDO qui est le combustible léger que nous utilisons actuellement pour les essais. Au cours du rodage, nous installerons parallèlement un système qui nous permettra de passer au fuel, le carburant qu'utilise la SONABEL », a déclaré le chef de projet de la centrale de Komsilga, Gnoumato Bernard Ouattara.

Lentement mais sûrement...

Les travaux de mise en service de la tranche n°1 de Komsilga sont complexes. L'équipe pluridisciplinaire d'automaticiens, d'électriciens, de mécaniciens... s'efforcent à produire les premiers MW de la machine. « Toutes les activités doivent être coordonnées. Il faut que tout le monde arrive au même résultat au même moment. Il y a beaucoup d'équipements dissimilés à tous les niveaux dans la centrale. S'il y a un manquement quelque part, c'est le système entier qui ne fonctionnera pas », a assuré Josée Roccoli, tout en précisant qu'à chaque fois, il faut arrêter, modifier ou transformer.

Avec les délestages que vivent les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, le chef de projet de la centrale de Komsilga, Gnoumato Bernard Ouattara, reconnaît qu'il est urgent d'aller vite afin d'injecter rapidement les 16,5 MW dans le réseau de distribution de la SONABEL. « Mais en tant que responsable technique, nous avons l'obligation de veiller à ce que tout se passe bien. Il y a des étapes que nous ne pouvons pas sauter quelles que soient les contraintes que nous avons. Il nous faut une machine qui réponde aux critères d'origine. Au vu de tout ce qui s'est passé avec cette tranche de Komsilga, nous n'avons pas droit à l'erreur », a-t-il indiqué. En attendant, les techniciens sont satisfaits des premiers essais et espèrent que les mégawatts de cette première tranche de Komsilga, qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive, viendront rapidement s'ajouter aux capacités de la deuxième phase du projet fonctionnel depuis mai 2012.

Simplice Hien

Sidwaya

Le Faso

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