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Une patrouille des éléments du Séléka, Bangui, 27 mars 2013 / REUTERS
Une patrouille des éléments du Séléka, Bangui, 27 mars 2013 / REUTERS

Bangui et l'habitude du chaos

La vie, dans la capitale centrafricaine, a du mal à reprendre son cours normal depuis le coup d'Etat du 24 mars dernier.

La ville est toujours privée d'eau potable, et si le courant est revenu dans certains quartiers, il fait cruellement défaut là où les besoins sont énormes, notamment pour la prise en charge des malades.

«La situation est très difficile pour nous en ce moment. Nous recevons beaucoup d'enfants et il y a très peu de personnel soignant. Les gens n'ont pas encore repris le service», affirme le directeur du service de pédiatrie de l'hôpital général, le Dr Jean-Chrysostome Gody.

A l'hôpital de l'Amitié, les patients errent dans les couloirs, livrés à eux-mêmes. «Il n'y a pas d'électricité et pas de médecin pour nous prendre en charge», raconte Sylvain Namboa dont la femme, qui a reçu une balle perdue, a besoin de soins urgents. Désemparé, il a fini par l'emmener à l'hôpital communautaire, où sont amenés les rebelles du Séléka qui ont été blessés lors des combats.

«Là au moins ça bouge, parce que les hommes du Séléka ont acheté eux-mêmes le carburant pour faire fonctionner le groupe électrogène», assure-t-il.

Lundi, le nouvel homme fort du pays, Michel Djotodia, avait pourtant invité les «employés du secteur public et privé» à reprendre le travail dès le lendemain.

Mais les scènes de pillages de magasins, institutions et entreprises dont les locaux ont été vidés ont traumatisé les habitants.

Les fonctionnaires non plus n'ont toujours pas repris le chemin du bureau.

«J'ai appris que les gens (pillards) n'ont pas touché mon service, mais au domicile de M. le maire, il y a eu des actes de pillages. Je vais à la mairie pour voir quand est-ce qu'on pourra reprendre le travail», raconte un employé de mairie.

Le prix du carburant a double

Des patrouilles mixtes composées de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) et du Séléka sont désormais chargées de sécuriser la capitale.

Dans les rues des quartiers nord de la ville, les habitants, qui avaient fui lors de l'arrivée des rebelles dimanche, regagnent peu à peu leurs maisons. A l'entrée de la ville, le PK 12 (point kilomètrique 12) et le quartier Gobongo ont été particulièrement touchés par les pillages et les violences.

Les Banguissois se déplacent à pied, souvent en petits groupes, car les chauffeurs qui osent prendre le volant sont rares.

«J'ai dû marcher une bonne partie du trajet car il n'y avait pas de taxis», témoigne une Banguissoise.

Les stations-service qui ont échappé au saccage affichent toujours porte close. Conséquence, "le prix du carburant a presque doublé chez les revendeurs, il est passé de 850 à 1.500 Francs CFA (2,3 euros) le litre", affirme René Sokambi, secrétaire général du Syndicat des taxis et des bus.

«Certains éléments du Séléka nous ont interdit de travailler, ils nous ont demandé d'attendre une semaine pour faire la parade» dans les rues de Bangui, ajoute-t-il.

A bord de véhicules militaires et de motos, les rebelles continuaient mercredi à tirer des coups de feu en l'air pour impressionner les badauds.

En revanche, le commerce a repris sur les marchés, où un peu de viande, des légumes, des fruits et du pain sont réapparus sur les étals, malgré l'augmentation des prix. «Ca va mieux qu'avant (...), confie une ménagère qui n'a pas voulu donner son nom, mais on est surtout inquiet pour les jours à venir, on ne sait pas comment on va vivre.»

AFP

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