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Syrie: dans un quartier pauvre d’Alep, la vie après le “Scud”

ALEP (Syrie) (AFP) – Assise sur un coussin sorti des décombres, Samia surveille un tas de pierres, vestige de sa maison frappée par ce que tous appellent ici un “Scud”. Chaque jour depuis un mois, elle revient pour empêcher le pillage de ses derniers biens sous les décombres.

“Nous n’avons vu aucune aide humanitaire, les seuls qui sont venus nous visiter, ce sont les voleurs”, dit amèrement cette Syrienne de 50 ans, alors que des hommes s’activent derrière elle.

Pioches à la main, ils dégagent des pans de béton, pour tenter de trouver des objets encore en bon état sous les tonnes de poussière et de barres métalliques qui jonchent les rues du quartier de Tariq al-Bab, à Alep, visé le 22 février par des tirs de missiles sol-sol.

Le visage et les cheveux recouverts d’une épaisse poussière blanche, son voisin Moustapha évoque les pillards: “les gens n’ont rien à manger, alors ils viennent glaner des objets dans les maisons détruites”, dit-il.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), plus d’une dizaine de personnes ont trouvé la mort lors de ces tirs et des dizaines d’autres ont été blessées.

Le gouvernement syrien a utilisé pour la première fois des missiles balistiques en décembre 2012 et il y a eu plus d’une trentaine d’attaques de ce type, selon Human Right Watch.

Selon l’ONU, 1,2 million d’habitations ont été détruites depuis le début du soulèvement en mars 2011.

Lors de l’impact, quatre rues ont été rasées et désormais, plus aucun bâtiment ne se dresse à près de 100 mètres à la ronde. Awach, 60 ans, ne peut retenir ses larmes quand elle présente sa petite-fille.

“Avec ses cinq frères et soeurs, elle est orpheline de mère depuis que le Scud nous est tombé dessus. Nous étions dans la maison et le plafond s’est effondré sur nos têtes”, explique-t-elle, en s’essuyant les yeux avec le revers de son voile noir.

“Depuis, personne n’est venu nous aider, personne ne nous a donné une livre. Nous restons là à mourir de faim et à souffrir, tout cela à cause de notre président Bachar al-Assad”, lance-t-elle, excédée.

“Je déteste cette vie”

Amjad, 10 ans, qui habitait dans la maison d’à-côté vit désormais sous une tente en dehors d’Alep, la capitale économique de la Syrie déchirée depuis neuf mois par de féroces combats entre les troupes syriennes et les rebelles qui veulent la chute de Bachar al-Assad.

Il évoque “le froid, la pluie, le vent” et son petit frère, encore bébé, “qui a de la fièvre à force de vivre comme ça”.

Le “Scud” a tué son père et sa famille, depuis sans aucune ressource, survit grâce à la charité des voisins.

Samia aussi n’a plus désormais qu’une tente pour s’abriter avec ses huit enfants et son mari, âgé de 70 ans.

“Je n’ai que la robe que je porte, nous n’avons rien pu emporter”, dit-elle. “Heureusement que le soleil est revenu, nous n’avons ni couverture ni lumière”, lance-t-elle, ses yeux verts pleins de désespoir et le visage encadré d’un voile violet.

“Mon jeune fils m’a dit l’autre jour +Maman, je ne veux plus manger, je préfère me laisser mourir, je déteste cette vie+”, raconte-t-elle encore.

Un peu plus loin, c’est Ali, 25 ans et ses deux enfants à nourrir, qui montre ce qui reste de la carcasse d’un camion rouge devant les décombres de sa maison. “Voilà ce qu’il reste du camion avec lequel je travaillais. J’ai tout perdu. Il ne nous reste plus rien”, se lamente-t-il.

Au même moment, un voisin traverse la rue. “J’étais avocat, me voilà berger! Voilà à quoi nous en sommes réduits. J’ai tout perdu du jour au lendemain”, lâche-t-il.

LNT

Crédits AFP

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