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Arona Coumba Ndoffène Diouf sur l'an 1 de Macky : « Je pense qu’il faudrait reconsidérer le choix de certains hommes...»

Le ministre conseiller chargé de l'énergie, des mines et de l'environnement, dans cet entretien, revient sur le bilan du Président Macky Sall à la tête du pays. Il indexe des manquements à corriger, surtout, sur le choix des hommes.


Qu'est-ce qui explique « la Cacophonie» à laquelle on assiste dans votre Gouvernement ?


Cela serait exagéré de parler de cacophonie, il y a un gap de communication mais, cela est dû au fait que les leaders qui avaient pris en charge ce volet, défendant devant la presse, le «Yonou Yokouté», après la prise du pouvoir, se sont tus. Aussi, les gens qui ont appris le «Yonou Yokouté» quand on a pris le pouvoir, peuvent-ils pas l'expliquer aux sénégalais, n'étant pas au même niveau d'engagement que le Président. Et cela est le premier gap qui a créé les manquements dans la communication. Donc, cela est lié à un problème de personnes mais pas à l'exécution des engagements du président de la République qui a aussi démontré, en un an, tous les axes de sa priorité. Ces personnes n'ont pas autorité à parler au nom des préposés à la défense des engagements du Président.

Des erreurs sur le choix de certaines personnalités, en quelque sorte ?

Un président ne fait pas d'erreur, il peut faire une mal orientation d'un programme, parce que la décision qu'un président peut prendre, en ce moment et temps précis, est toujours bonne. C'est le serviteur de la nation, il prend des décisions qui ne sont pas personnelles. Depuis qu'il est là, Macky Sall n'a pas fait de réformes allant dans le sens d'améliorer son salaire.

Cela ne justifie pas la lenteur sur la satisfaction de demande sociale...

Sur la demande, je pense qu'il faudrait en confier la gestion à des décideurs qui ont fait le terrain. Mais, un x qui a des responsabilités et qui n'a pas connu ce que l'on appelle le social profond, devrait être initié au vécu du Sénégalais des zones profondes. Il faudrait donc que l'Etat utilise des hommes de terrain, des politiques qui connaissent le Sénégal des profondeurs, les mentalités des habitants des banlieues profondes. Je pense qu'il faudrait reconsidérer le choix des hommes à qui l'on confie certaines décisions.

Des ambitions pour les locales 2014 ?

J'ai des ambitions nationales et selon les conseils que j'ai reçus du président de la République, il me serait d'un grand intérêt de me concentrer sur une base, de la massifier et elle ne pouvait être que le lieu où j'ai grandi, la zone de Biscuiterie. Après le parti socialiste qui y est depuis 30 ans et le Pds, je ne vois pas d'amélioration sur la qualité de vie des populations, avec le chômage qui y est endémique. Je suis une personnalité à audience internationale et solliciter cette mairie me permettra de réaliser mes ambitions de voir émerger des projets créateurs d'emplois et porteurs de revenus pour les femmes et la jeunesse.

Me Djibril War est candidat pour cette même mairie, quel sera le compromis ?

Me War ne peut que consentir à un arbitrage. Peut-être, au niveau local, par rapport à l'impact que chacun, en tant que leader, va développer au sein des populations, nous aurons à nous concerter, à dépasser nos intérêts personnels, pour voir qui est le plus à même de diriger la mairie de Biscuiterie.

L'an 1 du Président coïncide avec une pénurie nationale de gaz, une mauvaise chose?

On n'est pas parfait et le Président l'a démontré, avec cet appel lancé à toutes les compétences pour l'accompagner dans sa mission. Il y a des ajustements à faire et je pense que toute sa volonté va dans ce sens de les faire, pour mieux respecter ses engagements. Cependant, je suis de ceux qui pensent que l'Etat doit subventionner tous les produits consommés. L'Etat a une limite, si ces produits dépassent ses capacités financières, nous avons des répercussions sur la gestion financière de notre trésorerie. Il faudrait appliquer la vérité des prix, dire aux sénégalais la capacité de l'Etat, faire des démonstrations. L'Etat sénégalais ne contrôle pas les prix du gaz, du pétrole, cela vient d'un marché international où l'Etat ne siège pas et n'a même pas de représentant. Ce sont des niveaux qui dépassent nos Présidents, nos pays et même, le continent. Il faut donc que cela soit connu des sénégalais et que chacun prenne ses responsabilités.

Votre gouvernance est aussi tributaire de beaucoup de gré à gré...

Cela va dans la recherche de la bonne gouvernance que l'Etat du Sénégal est en train de gérer, avec un ministère pour le suivi des mesures prises lors des conseils ministériels. Il y a aussi la création d'une cour de répression de l'enrichissement illicite. Des ingrédients qui peuvent, dans un an, donner des résultats sur la transparence des l'affaires de l'Etat, le respect des biens communs. Cela changera la mentalité des administrateurs et même des administrés, sur la façon dont le président conçoit une méthode de gérance.

Mamadou DIOUF
REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

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