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An 1 de Macky : L’espoir reste intact

Le président Macky semble se trouver dans une montgolfière. Plus les ambitions de monter s'affichent, plus il doit lâcher du lest. Mais, un exercice délicat que de manier un zeppelin ! Car, se débarrasser du poids mort, un seul coup, équivaudrait à s'envoler définitivement, voler vers des cieux inconnus. Tandis que le garder à bord, est synonyme de chute brutale, de dégringolade. Il faut savoir négocier, même avec les vents.


Voilà donc la situation qu'il vit avec nous autres, sénégalais. Depuis un an qu'il est aux commandes du pays, il vit quotidiennement cet équilibre de vents contraires, pourtant nécessaire à la stabilité du pays. Il n'a jamais pratiquement pas eu de répit, même s'il a hérité d'une situation catastrophique qui en aurait découragé plus d'un. Mais, s'il a parfois cédé sur des projets personnels qui ne rencontraient pas l'assentiment de tous, surtout, pour des raisons hautement politiques, l'honnêteté commande de dire qu'il compte, quand même, à son actif, de nombreuses réformes dont certaines n'attendent que leur printemps pour fleurir. Ce sont des projets bien ficelés qui connaissent un début d'exécution satisfaisant, mais Macky a besoin de temps, de patience, et de confiance pour les mener à terme, et non de propos condamnatoires qui évoquent, tout de suite, déceptions et frustrations. Le délai d'un an est trop court pour lui permettre de relever tous les challenges, tandis que la malhonnêteté intellectuelle consisterait à lui nier les efforts fournis depuis son avènement. Des chantiers comme celui de l'emploi, de l'agriculture et de l'énergie n'ont certes pas beaucoup évolué, à cause de leur lourdeur, mais à côté, des actes positifs ont été posés. Il suffit de prendre en considération la baisse ressentie de 10% des impôts sur le revenu, l'exercice difficile de l'audit biométrique des fonctionnaires de tous bords, la libération heureuse et saluée des otages militaires détenus en Casamance, la réactivation courageuse de la CREI pour la traque des biens mal acquis. Comptez aussi, dans le désordre, la mise en place de l'Office National Anti-corruption (OFNAC), la suppression du Sénat, le plafonnement de salaires exagérés de certains DG, la renégociation des contrats dans les secteurs des mines, la suppression des licences de pêche accordées aux européens, l'érection d'une commission chargée des réformes foncières, la suppression des nuées d'agences nationales et l'apurement progressif de la dette intérieure. Si à ces actions remarquables, on ajoute la suppression des bons impayés, le recrutement imminent de 5500 agents de la fonction publique, l'orientation des nouveaux bacheliers dans les instituts privés, la gratuité de l'hémodialyse, l'accroissement du taux de nomination des administrateurs civils dans les ministères, en lieu et place des politiques et la suppression du redécoupage administratif, il devient, extrêmement, difficile de dire que le chef de l'Etat n'a pas amorcé un nouveau virage susceptible de nous faire redresser la tête, tout en nous permettant de réchauffer l'espoir dans notre sein. Tout n'est pas parfait, bien entendu. D'autres réglages doivent être opérés, pour nous garantir encore plus d'espoir. Mais, comme qui peut le plus, peut le moins...
Cheikh Ba

REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

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