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LA REPLIQUE DE PAPISS CISSE SUR L’ARTERCATION AVEC ALAIN GIRESSE : «Tout sauf insulter mon coach»

Il était annoncé à Dakar que Papiss Cissé aurait insulté le technicien français, Alain Giresse, à la fin de la rencontre Sénégal-Angola, samedi dernier, à Conakry. Dans la salle de départ de l'aéroport international de Conakry Gbessia, avant son voyage pour l'Angleterre, le joueur de Newcastle dit la vérité sur cette affaire. Entretien


Est-ce vrai que Papis a insulté Alain Giresse à la fin match Sénégal -Angola ?
Tout sauf insulter mon coach. C'est impensable, je n'ai jamais insulté Alain Giresse. C'est un truc que j'ai entendu, après le repas du soir (après le match contre l'Angola à Conakry). C'est une fausse information. Rien de cela n'est vrai. En fait, c'est juste que j'avais le sentiment de revivre la même chose à tout moment. Comme l'équipe se retrouve également dans la même situation. On a souvent l'occasion de tuer un match, mais jamais on arrive au bout de nos peines. Cela nous est arrivé en Ouganda, ça nous a arrivé aussi en amical contre la Guinée et aujourd'hui c'est l'Angola qui nous rattrape au score. C'est cette instabilité dans la performance qui me préoccupait. Et c'est de cela que je discutais avec mes coéquipiers. C'est de cela aussi que j'ai parlé avec le coach. Et c'était dans le seul but de lui rappeler nos passés avec ces histoires de se faire rattraper au score. Donc c'était juste ça. Je n'ai jamais insulté le coach.
Vous avez quand même levé le ton dans les vestiaires...
Oui. Je pense que je n'avais pas droit de râler, parce qu'il y a le capitaine, c'est son travail. Mais, je me disais que c'était de trop. Et c'était le moment de taper sur la table, parce qu'il ne nous reste plus que trois matchs. Je ne partage pas l'idée de faire croire aux gens que c'est juste un tournoi et qu'on a d'autres opportunités à saisir. C'est bien. Mais moi je me dis que quand c'est le moment de gagner, il ne faut pas calculer. Quand c'est possible de prendre des points, pourquoi ne pas le faire. Hier, c'était deux points qu'on a perdu (samedi dernier). Seul, le bon Dieu décide mais, je pense qu'on avait largement de quoi prendre les trois points.
Est-ce que ton discours a plu au coach ?
Ce que j'ai dit était en concordance avec ce que le coach a dit, après la première mi-temps. Il a dit qu'on jouait comme si nous étions dans un match amical. Donc moi et le coach, on a tenu le même langage. Parce que ce qu'il a dit, c'est la même chose que j'ai fait savoir à mes coéquipiers, mais en y mettant le ton. J'étais un peu énervé. Et je ne me suis pas énervé contre une personne, mais c'était une colère contre tous, y compris moi. Donc j'ai crié. J'ai fait savoir qu'il faut prendre les choses en main, si on veut se qualifier en coupe du monde.
Quelle a été la réaction des autres ?
Les autres n'ont pas réagi, parce qu'ils savent que ce j'ai dit est une vérité. Même s'ils l'ont pris mal, l'essentiel pour moi est que je dise ce que je pensais. Donc, je pense que tout le monde l'a pris dans le bon sens. Comme ça, on pourra aller loin.
Vous vous retrouviez sur le banc après deux ans de titularisation, comment avez-vous vécu ces moments ?
C'est le football. Aujourd'hui, c'est moi demain, ça peut-être une autre personne. C'est à moi de me battre pour récupérer ma place. C'est vrai que je me retrouve sur le banc après deux ans de titularisation, c'est un choix du coach. Alain Giresse a préféré des joueurs qui sont capables de marquer des buts, comme moi aussi. Ils n'ont pas eu la chance de marquer dans cette rencontre (Sénégal-Angola), ça pouvait foirer pour moi aussi dans cette situation. Donc, je ne prends pas les choses comme ça, puisque ça n'a pas marché pour eux, je vais leur tomber dessus, non. Papiss va retourner dans son club, se battre, pour avoir la confiance du coach.
Maître Augustin Senghor demande à tous de se remettre en cause. Ton avis ?
C'est tout à fait vrai. Il faut qu'on se remette en cause. Parce qu'à chaque fois, on a les matchs en main et à l'arrivée, la victoire nous échappe. Et il y a des déceptions, des regrets, des choses qui se répètent aussi souvent pour nous depuis que je suis en sélection. Donc, il faut que ça change. On doit désormais viser dans le même endroit. Parce que l'équipe nationale, ce n'est pas à nous. C'est pour le peuple sénégalais. On a eu la chance d'être là, alors qu'il y a des milliers de jeunes sénégalais qui souhaiteraient également être à notre place. Donc il faut que nous mouillions le maillot, montrer notre envie d'être là, se battre, aimer le maillot national. C'est juste un cri de c½ur, montrer aux gens tout ce qu'on peut faire mieux.
Le prochain match sera contre l'Angola, l'espoir est bon ?
Rien n'est perdu, jusqu'à présent, on est premier. Mais, il faut se projeter à l'horizon dans de nouvelles bases. On ne doit plus attendre le dernier moment pour aller chercher la victoire. Désormais, quand c'est possible, il faut profiter de l'occasion. En Angola, ça ne sera pas facile. Mais, je pense bien que ce match-aller va nous servir de leçon. Sinon à Conakry, on avait la clé du match. Mais, on a manqué de chance. Et on n'a pas été agressif.
Propos recueillis par Issiaka TOURE
REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

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