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USADF : la présidente visite des projets financés au Burkina Faso

Au cours d'un périple qui l'a conduite au Burkina Faso, au Bénin et au Sénégal, Shari Berenbaech, la toute nouvelle présidente de la Fondation des Etats-Unis pour le développement en Afrique (USADF), en compagnie de Christine Fowles, directrice régionale pour l'Afrique de l'USADF a visité des projets réalisés grâce aux financements accordés par sa structure. Elle a aussi signé un accord de subvention avec l'Association Djigui Espoir. A l'issue de sa tournée à l'intérieur du pays, elle a indiqué avoir « rencontré des hommes et des femmes qui se battent pour changer positivement leur quotidien ».

Mardi 19 février 2012. Il était 10h lorsque le cortège de l'USADF s'immobilise devant une cour à Pissy, dans le secteur 17. C'est le siège de l'Association Djigui Espoir. A l'intérieur de cette maison, un groupe de femmes handicapées attendent l'hôte du jour. Avec à leur tête, Dominique Marie Toé, ces femmes mènent des activités génératrices de revenus qui permettent de subvenir à leur besoin. Mais ce jour-là, leurs efforts connaissent un appui particulier. La Fondation des Etats-Unis pour le développement en Afrique (USADF) octroie à cette association une subvention de plus de 56 millions de francs CFA.

Après avoir obtenu de l'Ambassade de la République de Chine (Taiwan) un équipement pour la transformation du soja en lait, en « tofu » et en « tokan », les femmes ont reçu des mains de la présidente de l'USADF himself, la bagatelle financière de plus de 56 millions de francs CFA. Cette somme est destinée à financer le fonctionnement de l'unité de transformation du soja que les femmes comptent mettre en place. Le projet qu'elles ont présenté à l'USADF est du reste très clair sur les activités à mener. En plus du fonds de roulement pour l'achat de la matière première, des emballages et autres intrants entrant dans la production du lait et du tofu, de la réalisation d'un magasin de stockage du soja et de la réfection du toit de la salle de production, elles entendent aussi construire un endroit pour laver et sécher le soja, refaire les carreaux de la salle de production afin de garantir plus d'hygiène dans la production et acquérir un groupe électrogène pour pallier aux éventuels coupures d'électricité. Pour faciliter la commercialisation de leurs produits, les femmes vont acquérir un véhicule de livraison, mettre en place un kiosque de vente. Elles veulent également se former en comptabilité, en informatique et se payer l'assistance technique de personnes ressources afin de mener à bien leur projet. En retour, elles se sont engagées dans le cadre de la convention de produire des rapports trimestriels à l'USADF, à ouvrir des comptes spécifiques pour recevoir les fonds du projet et également pour gérer le fonds de roulement, à bien suivre les règles de bonne gestion financière à travailler dans la transparence pas seulement parce que cela fait partie des procédures du donateur mais surtout parce que cela génère de bonnes pratiques à appliquer dans leur entreprise et a éloigner la drogue et tout produit toxique des lieux du travail. Elles s'engagent surtout à accroitre la production et la vente de ces produits à base de soja, qui sont particulièrement bons pour la santé du consommateur. Ce projet va certainement permettre de créer de l'emploi et d'améliorer les revenus des femmes. Et l'espoir c'est aussi que les produits à base de soja vont rentrer dans les habitudes alimentaires des Burkinabè.

Créée en 1995, l'Association « Djigui Espoir » a été officiellement reconnue un an après. Elle regroupe actuellement 33 femmes handicapées qui « entendent contribuer au développement du Burkina Faso ». Elle a pour ambition de sensibiliser et encourager les femmes à se prendre en charge afin d'éviter la mendicité, le vol et le désespoir. Cela passe par l'apprentissage de métiers adaptés à leur état.

La première responsable de l'USADF, Shari Berenbaech s'est dite touchée par « la volonté de ces femmes de contribuer au développement de leur pays ». L'USADF apporte un appui financier à l'exécution du projet. Selon la président de l'USADF, cet appui est infime par rapport à la volonté et à l'engagement des membres de l'association à réussir leur projet.

UPPA-Boulgou, une Union pour le bien-être de ses membres

Au 2e jour de sa visite au Burkina, la première responsable de l'USADF a mis le cap sur les provinces du Boulgou et du Gourma. Première escale, Tenkodogo, chef lieu de la province du Boulgou où elle s'est entretenue avec les membres de l'Union Provinciale des Professionnels Agricoles du Boulgou (UPPA-Boulgou). Au total 356 personnes venant de 18 associations forment cette union. Leurs principales activités sont la production et la commercialisation du niébé et la transformation du niébé en différents produits : biscuits, couscous,farine etc. L'union a reçu, en vue de renforcer ses capacités opérationnelles, un financement de plus de 89 millions de francs CFA. Selon la présidente de l'UPPA-Boulgou, Siboné/Nombré Aminata, cette aide devra permettre d'accroitre les activités de sa structure et surtout de créer de meilleures conditions de travail pour les membres. Pour la production du niebe, le projet va nous permettre d'avoir des charrues des charrettes, du petit équipement pour le compostage et de mettre en place un fonds de roulement pour faciliter l'accès des membres aux intrants de qualité notamment la semence et les engrais. « Nous allons aussi pouvoir fabriquer des biscuits avec les fours que nous avons acquis. Et nous allons les vendre à travers tout le pays. Pour nous faire connaitre, nous allons entreprendre des actions de marketing » Nous aurons un centre de transformation équipe à Tenkodogo et a Keogho (petit village) a-t-elle indiqué. Même si Shari Berenbaech a indiqué avoir rencontré « un regroupement de personnes intelligentes et engagées pour leur bien-être et pour le développement du pays », elle ne s'est pas empêchée de leur prodiguer des conseils pour réussir. « Vous devez avoir un signe sur vos biscuits et vos gâteaux qui sera comme une composante de l'identité visuelle de l'UPPA-Boulgou. Vous devez être très organisés et vous devez utiliser à bon escient les financements pour accroitre vos activités », a-t-elle dit avant de rappeler aux bénéficiaires la nécessité de respecter les termes de l'accord qui sont entre autres de produire régulièrement des rapports sur les activités de l'union, de garder l'argent dans un compte spécifique de l'union et surtout de réaliser les indicateurs de production et de vente convenus dans l'accord. Ce projet vise à, renforcer les capacités de l'union à créer plus de valeur ajoutée à travers la collecte, le conditionnement, le stockage et la vente du niébé et également sa transformation. Il s'agit aussi de, développer un marché rentable pour l'écoulement des produits de l'union...

Namougou, le village où le coton fait le bonheur de la population

Rassurée que ses financements seront utilisés tel que souhaité, Shari Berenbaech et Christine Fowles, la directrice régionale de l'USADF et les autres membres de la délégation se sont rendus à Namougou, un village situé à 30 kilomètres de Fada N'gourma sur la route du Niger. Là bas, la présidente de l'USADF est allée s'enquérir des nouvelles des producteurs du coton biologique. Membres de l'Union Nationale des Producteurs du Coton du Burkina (UNPC-B), ces hommes et femmes ont reçu des financements pour améliorer la production du coton bio. Etendus sur plusieurs années, les millions de l'Oncle Sam, sinon de tante Shari Berenbach, ont permis selon les bénéficiaires d'accroitre la production. « Grâce au projet, j'ai accru ma production et je paie la scolarité de mes enfants avec ce que me rapporte la vente du coton », a témoigné une dame membre de l'union, la trentaine bien sonnée.

Mis en route en 2012, ce projet va permettre d'équiper et de former les petits producteurs constitues en majorité de femmes et de jeunes afin d'accroitre la quantité et la qualité du coton biologique produit. « « Grâce à la culture du coton bio, je suis arrivé à augmenter ma production et à subvenir aux besoins de ma famille », témoigne Lompo Lèrè, un habitant de la localité. Une fois, le coton récolté, les femmes vendent leurs productions, à travers l'UNPC-B, à Victoria Secret, une société américaine.

Le projet financé par l'USADF a permis de « changer la vie » des bénéficiaires. Ils ont tenu à le dire à la présidente de l'USADF : « nous avions un manque de matériels de production comme les charrues, les b½ufs, les ânes, les charrettes, les fosses fumières. Mais ce problème est résolu maintenant », ont relevé les bénéficiaires. En plus de cela, la culture du coton bio a amélioré les capacités de gestion des membres de l'association et même mieux, elle a réduit leurs risques de maladies. « Pour la culture du coton bio, nous n'avons pas besoin d'utiliser des produits chimiques qui pourraient nous rendre malades », raconte une responsable de l'association.

Eu égard aux bienfaits du coton bio, les producteurs ont émis la volonté d'accroître leur surface cultivée afin de « produire plus et se faire plus d'argent ».

Kodjonki, les producteurs du sésame satisfaits de leurs productions

Avant de prendre la route du Bénin où elle devait également visiter des associations qui ont bénéficié des financements de l'USADF, la présidente s'est entretenue avec les membres de l'Association TIN BAA. Avec ses 2300 membres, cette association couvre la plupart des villages de la région de l'Est même ceux situés à plus de 200 km de Fada. Leur domaine d'activité : la culture et la commercialisation du sésame. Le projet soumis par cette association est arrivé à terme et les résultats sont visibles sur le terrain. Tenant à manifester leur reconnaissance à l'USADF pour avoir contribué à améliorer leur vie, les membres de TIN BAA n'ont pas marchandé leur mobilisation. Leur joie était aussi perceptible. Danse, chants, démonstration des techniques culturales avec les ânes et les b½ufs, de la vente du sésame dans les villages ont été le plat d'entrée de la rencontre. Rien ne cachait vraiment leur joie. Et pour ce vieil homme de plus de 50 ans, le projet a beaucoup aidé. « A Kodjonki, il n'y avait pas de mobylette avant l'arrivée du projet. Mais aujourd'hui, grâce aux financements qui m'ont permis d'accroître ma production, je me suis acheté une moto. Elle sert à tout le village », a-t-il indiqué avant d'aller enfourcher sa moto pour la présenter aux visiteurs. Tout comme lui, une jeune dame a montré une bicyclette qu'elle a achetée grâce au projet. « J'ai déboursé près de 45 mille francs CFA pour payer la scolarité de mes enfants », a-t-elle ajouté.

Les membres de TIN BAA veulent capitaliser leurs retombés du projet

La joie de retrouver la donatrice et celle des nouveaux engins achetés n'ont pas jeté un voile sur les ambitions futures des membres et de l'organisation. . Elles sont très nombreuses. Charrettes tracteurs en passant par des charrues, des magasins, des bâches plastiques pour la conservation, de l'engrais, les besoins de TIN BAA sont énormes. Mais pour Shari Berenbaech, vu que le projet est arrivé à termes et que le groupe a réalisé de bons résultats, il est nécessaire d'élaborer un autre projet, s'il reçoit l'aval de l'USADF, pourra leur permettre de s'équiper et d'accroitre la taille de leur entreprise.

Déjà les membres de TIN-BAA se sont dotés d'un plan d'action pour le futur, un plan marketing et ont mis en place une union. Leur prochain objectif est de pouvoir exporter leurs productions vers l'extérieur. Afin d'y arriver, ils comptent bien accroître leurs capacités infrastructurelles.

Avant de boucler sa visite au Burkina, au cours de laquelle elle a rencontré les maires de Tenkodogo et de Fada N'Gourma et rendu visite aux vieilles dames du Centre Delwendé à Tanghin, la présidente de l'USADF, a reçu les « Merci » de plusieurs centaines d'agriculteurs qui ont bénéficié des financements de sa structure.

Nommée en décembre 2012 à la tête de l'USADF, la nouvelle présidente entend imprimer sa marque sur le fonctionnement de la structure. Ce qui augure un meilleur lendemain pour le public cible de la Fondation. Elle était accompagnée pour sa visite par Christine Fowles, directrice régionale de l'USADF, Nathalie Tinguery, Coordonatrice nationale de l'USADF et Félicité Traoré, directrice générale de l'ICDE, un cabinet d'expertise partenaire technique de.

Etablie en 1981 par le Congrès américain, USADF est une agence fédérale indépendante qui a pour ambition de soutenir les solutions portées et mises en ½uvre par les Africains afin de résoudre leurs problèmes socio-économiques. Elle appuie directement les communautés a la base a travers leurs groupements, Unions de groupements, Coopératives pour les aider a développer leurs micro et petites entreprises rurales. USADF intervient au Burkina Faso depuis Septembre 2008, date de la signature de l'accord de Coopération avec le Burkina Faso et dans plusieurs pays africains. Au Burkina Faso elle a déjà soutenu la mise en ½uvre de plusieurs projets, qui ont bénéficié à la population surtout dans le domaine de la production agricole, la transformation des produits agricoles et forestiers non ligneux et la commercialisation.

Jacques Théodore Balima

Lefaso.net

Le Faso

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