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Autant le dire… : Ainsi, on tue l'industrie et on fait des chômeurs

Dans un supermarché, à la recherche d'un jus de fruits, j'ai dû fouiller pendant longtemps dans le réfrigérateur pour retrouver mon Dafani national, produit à Orodara, à base de mangues et d'oranges produites par nos parents, ces braves producteurs qui gagnent ainsi leur vie et celle de leurs familles.

Dans les rayons du même supermarché, comme dans bien d'autres, le Dafani, pur produit de chez nous, était encore plus noyé dans la flopée de jus de fruits aux couleurs et aux noms difficiles à retenir. Mieux, à la caisse, ces produits venus d'ailleurs coûtent moins chers que le Dafani. Comprenez que malgré la volonté du client de participer à l'effort des travailleurs et promoteurs de cette unité nationale de création d'emplois et de production de revenus, le choix est vite fait de prendre autre chose. Les surprises ne s'arrêtent pas là. Les emballages de certaines de ces marques de jus de fruits ne portent même pas de pays d'origine. Quant à la date de péremption inscrite sur le même emballage, il ne restait plus que quelques deux mois ou même moins pour y arriver.

Les producteurs d'huile alimentaire et d'aliments de bétail ont été obligés de monter au créneau ces temps-ci pour crier à la fraude, à l'entrée d'huiles sur le marché national. Ce qui crée naturellement, à leur niveau, de la mévente, et qui pourrait, si on ne prend pas de dispositions, avoir des menaces dangereuses et graves sur les emplois qu'ils assurent. Comme dans le cas des jus de fruits par exemple, ces huiles rentrent de partout sur le marché national et concurrencent les productions nationales d'huile. La Société africaine de pneumatiques (SAP) procède régulièrement à la destruction de pneumatiques fraudés et qui, une fois sur le marché national, mettent à rudes épreuves la production nationale de pneumatiques en même temps qu'ils menacent de disparition la nationale de production des pneus et chambres à air. Avec les emplois qui y sont liés. Les exemples sont nombreux et peuvent être multipliés à souhait.

Voici des produits qui entrent sur notre territoire, qui sont mis à la consommation sans que le client ne sache exactement de quels pays ils viennent. Voici des produits qui viennent d'ailleurs et qui, curieusement, coûtent moins chers que ceux qui sont produits sur place. Il y a un problème. Voici des produits qui viennent de pays qu'on ne connaît pas et dont la date de péremption pourrait être manipulée et qui malheureusement, menacent les emplois de nos frères et s½urs. Voici des produits importés par des Burkinabè et qui viennent malheureusement menacer de disparition le tissu industriel et économique du pays. Et le comble dans tout cela, est que chaque jour, ils en rentrent de plus belle.

En effet, les questions qu'on peut bien se poser, sont entre autres, de savoir si l'ouverture des frontières veut dire entrée tous azimuts de produits provenant de n'importe quel pays ? Est-ce que l'ouverture des frontières au marché mondial, sous-régional veut dire entrée frauduleuse de produits sur le marché national ; l'ouverture des frontières suppose-t-elle qu'on ne protège pas notre tissu industriel et économique surtout quand on sait que ce sont des emplois qui sont menacés et par ricochet le bien-être et la paix sociale ? L'Etat a été obligé d'intervenir très récemment pour sauver Dafani. Pourquoi ne prendrait-il pas des mesures pour la sauver davantage et assurer les emplois du personnel et les revenus des producteurs de mangues et d'oranges ? Ne peut-il pas, dans le même cadre, assurer la survie des unités industrielles de production d'huile alimentaire qu'il a soumises à un cahier de charges ? Puisqu'en le faisant, il assure la santé de la Sofitex auprès de laquelle il est intervenu plusieurs fois pour la remettre sur les rails. On peut bien s'ouvrir aux marchés extérieurs, mais pas au détriment des efforts nationaux de développement de l'industrie.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

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