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Conflit inter- communautaire à Passakongo : La ministre Julie Nigna appelle au calme

La ministre des Droits humains et de la Promotion civique a effectué le vendredi 22 mars 2013 un déplacement à Passakongo, village située à un jet de pierre de Dédougou. Dans cette localité où un conflit foncier oppose depuis plusieurs années, les Peulhs aux Bwabas, Julie Nigna est allée exhorter les deux communautés à enterrer la hache de guerre.

Le déplacement du ministre des Droits humains et de la Promotion civique à Passakongo intervient une semaine avant la commémoration de la Journée du souvenir dont les activités sont prévues cette année à Dédougou. Julie Nigna est allée exhorter la communauté bwaba à apprendre « le vivre ensemble », socle d'un développement durable. « Nous avons suivi à travers la presse qu'une crise sévit à Passakongo. C'est pourquoi, au nom du gouvernement, nous sommes là ce matin (ndlr) pour vous transmettre le message de paix, de solidarité et de cohésion sociale », a d'entrée de jeu souligné la ministre. L'émissaire du gouvernement a ensuite traduit ses remerciements à toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont intervenu dans la résolution de cette crise avant d'écouter la version de la notabilité bwaba sur les faits qui ont favorisé le déclenchement de la crise.

Prenant la parole, le chef de la communauté bwaba, à travers son porte-parole est longuement revenu sur la genèse du conflit. Un conflit qui, d'après lui, fut orchestré par la communauté peulh qui se réclame propriétaire terrien à Passakongo et dans ses environnants. Courant mars 2012, ils sont allés jusqu'à nous empêcher de construire des habitations. Face à ces agissements, nous avons entamé des démarches auprès de l'autorité afin qu'elle ramène les Peulhs à la raison. Malheureusement, a poursuivi le porte-parole du chef bwaba, toutes les voies de négociations ont été épuisées et les Peulhs n'ont pas voulu entendre raison. C'est en ce moment que nous avons décidé de résoudre nous même le problème, a déclaré le porte-parole du chef devant la ministre et sa délégation. La suite de l'histoire, on la connaît tous. Dégradation de biens mobiliers et immobiliers, abatage d'animaux domestiques sans nécessité, coups et blessures volontaires, bref, les 16 et 17 avril 2012, les Bwaba se sont livrés à une véritable chasse à l'homme envers la communauté peulh. Le 12 novembre 2012, 68 personnes soupçonnées d'avoir participé sont arrêtées puis incarcérées. 15 novembre 2012, le procès s'ouvre. A l'heure du verdict, 23 personnes du camp bwaba sont condamnées.

« La paix oui, mais la libération des détenus d'abord »

Février et mars 2013, la communauté bwaba organise une série de marches pour réclamer la libération des détenus. Pour le porte-parole du chef, la justice n'a pas fait preuve d'impartialité dans le jugement de l'affaire car elle ne s'est pas donner le temps de les écouter avant de procéder à des condamnations. C'est à ce niveau qu'intervient la réaction du ministre Julie Nigna qui, non sans s'être rassuré que ses interlocuteurs du jour ont fait appel à la suite du verdict rendu par le tribunal, a expliqué que la justice, c'est une question de procédure. On n'est obligé de suivre toutes ces procédures. Ce ne sont pas vos marches qui vont influencer le travail de la justice. Au contraire, vous aggravez le sort de vos parents en prison. Le traitement auxquels ils ont droit est une faveur que l'autorité vous offre car chacun de vous est autorisé à leur rendre visite à tout moment. Si vous continuer à manifester, on peut les transférer à la prison de Bobo-Dioulasso, puisque les détenus n'appartiennent plus au tribunal de Dédougou, mais à la Cour d'appel de Bobo-Dioulasso, prévient l'émissaire du gouvernement. Toutefois, elle a invité la communauté bwaba à observer le calme du moment où le procès en appel aura lieu.

« Soyez tolérants, car la vie en communauté est indispensable et ce n'est pas ici seulement. Il faut éviter surtout de se rendre justice, a par ailleurs indiqué la ministre. S'adressant aux jeunes, le gouverneur de la région a, pour sa part, rappelé que la violence ne donne jamais de solution. Celui qui se sent lésé, a le droit de se plaindre, ajoute Victor Dabiré. Alors que l'on croyait le message du ministre et de sa délégation bien perçu par la foule compacte venue l'écouter sur la place du marché, un certain Elysée Sama, visiblement en quête de popularité, se présentant comme porte-parole de la communauté bwaba, enfonce le clou en ces termes : « Si vous voulez que la paix revienne à Passakongo, libérez nos parents ». C'est dire une fois de plus que la fin du feuilleton sur la crise de Passakongo n'est pas pour demain. On peut donc s'en convaincre avec le gouverneur de la région, lorsqu'il déclare sans ambage que des mains invisibles sont dernière cette crise. L'autorité doit donc sévir pour ramener le calme une fois pour toute dans cette localité.

Ousmane TRAORE

L'Express du Faso

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