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ONU : La Commission de la condition de la Femme veut éliminer toutes les formes de violences à l'égard des femmes et des filles

La Commission de la condition de la femme est un organe des Nations Unies exclusivement consacrée à l'égalité des sexes et à la promotion des droits de la femme. Chaque année, elle tient une session au siège des Nations Unies à New York, pour évaluer les progrès accomplis ; identifier les défis et proposer des normes mondiales en vue de permettre l'élaboration de politiques concrètes pouvant être mises en ½uvre par les gouvernements.

Cette année, la 57ème session de la Commission a été placée sur le thème prioritaire intitulé : « Elimination et prévention de toutes les formes de violences à l'égard des femmes et des filles ».

"Trouver ensemble les moyens de faire changer les choses pour éliminer la violence à l'égard des femmes est la mission que s'est donnée la Commission de la condition de la femme", a déclaré la Présidente de la Commission, l'Ambassadeur, Représentante Permanente du Libéria, Son Excellence Madame Marjon V. KAMARA, à l'ouverture de la session. Selon le rapport du Secrétaire Général de l'ONU intitulé « prévention de la violence à l'égard des femmes et des filles », plus de 70% des femmes dans le monde ont déjà été confrontées, au cours de leur vie, à la violence physique ou sexuelle.

7 femmes sur 10 dans le monde disent avoir été battues, violées, maltraitées ou avoir subi une mutilation au moins une fois dans leur vie et on estime à 140 millions le nombre de femmes qui ont souffert de mutilations génitales. En outre, quelques millions de femmes ou de filles sont victimes de trafic d'êtres humains ; le viol étant maintenant utilisé comme tactique de guerre. La violence contre les femmes est donc omniprésente et demeure un problème universel qu'il faut travailler à prévenir, et enrayer.

Participation active du Burkina Faso aux travaux

Le Burkina Faso a pris part à cette rencontre avec une délégation conduite par Madame la Ministre de la Promotion de la femme et du Genre et composée de parlementaires, de représentants de départements ministériels, d'organisations de la société civile concernées par le thème.

On notera également la participation remarquable de Madame Chantal COMPAORE, épouse du Chef de l'Etat à deux évènements organisés en marge de la session au cours desquels elle a prononcé deux communications.

Il s'agit de la Concertation francophone tenue le 4 mars en vue d'adopter le Plan d'action francophone sur les violences faites aux femmes ; et du Panel de haut niveau sur les Mutilations génitales féminines, co-organisé le 5 mars par le Burkina Faso et l'Italie en collaboration avec l'UNICEF, UNFPA et l'OIF.

Durant les deux semaines de travaux, la Commission a organisé 2 tables rondes de haut niveau sur les expériences acquises, les enseignements tirés et les pratiques ayant fait leurs preuves. La Commission a en outre tenu 5 panels sur plusieurs thèmes ciblés notamment : « les services multisectoriels et aide aux femmes et aux filles victimes de la violence » ; « les normes et stéréotypes sexistes, socialisation et inégalité des rapports de pouvoir - partage et conciliation des tâches professionnelles et familiales". Une table ronde d'experts s'est penchée sur les questions fondamentales, touchant l'égalité des sexes à prendre en compte dans le cadre du développement pour l'après 2015 et une autre, sur la transversalité de la problématique homme-femmes.

La Commission a également tenu un débat général, qui a permis à 131 délégations d'Etats Membres (dont une centaine de Ministres) et plus d'une trentaine de représentants d'institutions et autres organisations, de prendre la parole pour exprimer leurs vues sur le thème et le point principal à l'ordre du jour à savoir : « Suite donnée à la 4ème Conférence mondiale sur les femmes et à la 23ème session extraordinaire de l'Assemblée générale intitulée : Les femmes en l'an 2000 : égalité entre les sexes, développement et paix pour le XXIème siècle ».

Plus de 120 évènements parallèles se sont déroulés avec la participation d'environ 6000 représentants de la société civile.

Prenant la parole le lundi 11 mars au nom du Burkina Faso, Madame la Ministre de la Promotion de la femme et du Genre a prononcé une déclaration dans laquelle elle a regretté que les sociétés tolèrent les violences à l'encontre des femmes et ne sanctionnent pas assez les auteurs de ces actes. Elle a cependant exprimé l'espoir de voir ce phénomène éradiqué, en appelant la communauté internationale à prendre la mesure de la gravité du fléau et de réaffirmer les engagements pris pour l'éliminer. La Ministre a salué l'adoption par l'Assemblée générale, le 20 décembre 2012, de la résolution visant à intensifier l'action mondiale pour éliminer les mutilations génitales féminines.

Dans la lutte contre la violence à l'encontre des femmes, le Burkina Faso, a-t-elle poursuivi, agit tout d'abord sur les plans politique et juridique. Mme NESTORINE SANGARÉ/COMPAORÉ a indiqué que le Gouvernement a présenté, en 2010, son sixième rapport national sur la mise en ½uvre de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.

Il a aussi adopté une politique nationale du genre, ainsi que des mesures de lutte contre l'excision. Dans le cadre de la gouvernance économique, Mme SANGARÉ a ajouté que le Gouvernement du Burkina Faso s'est engagé à prendre des mesures fortes pour réduire les inégalités liées au genre en établissant un programme spécial d'emploi des jeunes et des femmes, et entend mettre en ½uvre un autre programme sur l'autonomisation économique et l'entreprenariat féminin en 2013. Cependant, a-t-elle fait remarquer, il existe encore des obstacles aux efforts, entrepris, en citant la pauvreté et la montée des extrémismes religieux. Ce qui selon elle, a conduit le Gouvernement à mettre l'accent sur l'intégration du genre dans les politiques publiques.

Elle a saisi l'occasion pour annoncer l'élaboration par le Parlement d'un projet de loi global sur les violences faites aux femmes et aux filles qui est soumis à l'Exécutif pour amendement avant son adoption au cours de l'année 2013.

Le Burkina Faso membre de la Commission pour 4 ans.

La clôture de la 57ème session est intervenue le 15 mars, après l'adoption du document final des travaux dénommé "Conclusions concertées". Ce document est le fruit d'intenses négociations aux cours des deux semaines de travail et le résultat d'un compromis équilibré, condamnant fermement toute forme de violence contre les femmes et les filles, tout en exhortant les Etats Membres à intensifier leurs efforts en termes de prévention et de réaction.

La Commission a ensuite procédé à l'ouverture de sa 58ème session et a adopté l'ordre du jour provisoire, ainsi que le thème prioritaire qui porte sur : " Les résultats obtenus et difficultés rencontrées dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement en faveur des femmes et des filles". Le Burkina Faso commence à partir de cette 58ème session, son mandat de 4 ans à cette Commission.

Madame la Ministre a mis à profit son séjour pour rencontrer des responsables de l'ONU-Femmes notamment, Madame Letty CHIWARA, Responsable/Afrique de l'Entité et Madame Michelle Bachelet, Directrice exécutive de l'ONU-Femmes. Elle a également rencontré la Présidente de Hunger Project, Madame Mary Ellen MCNISH.

Mission Permanente du Burkina Faso auprès des Nations Unies

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