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Pas le droit de démissionner pour le ministre de la Justice

Le ministre de la Justice égyptien a indiqué son envie de démissionner mercredi dernier, pour être prié de rester à son poste aussitôt après. Le Ministère de la Justice a fait circuler un démenti/clarification. Largement  critiqué pour son incompétence, le manque d’indépendance de la justice, ou son laxisme vis-à-vis des bavures du ministère de l’Intérieur, il a néanmoins dû prendre son mal en patience.

La veille, un lynchage avait fait les gros titres. Cela ne faisait que confirmer la tendance de l’absence de police dans ses tâches les plus essentielles (protection des citoyens) alors qu’elle est là en force pour vider les stocks de gaz lacrymogène ou arrêter (voire torturer, parfois à mort, comme les organisations de  défense des droits de l’homme l’en accusent) les activistes politiques. La semaine d’avant, Ahmed Mekki, le ministre de la Justice avait avoué dans une interview télévisée que le ministre de l’Intérieur l’avait dupé sur les résultats d’une autopsie qui devait indiquer si un activiste (El Guindy) était mort dans un accident de voiture ou bel et bien aux mains de la police (les résultats actuels prouvent la thèse de la torture, non celle de l’accident, qui semble être une invention de l’Intérieur). Récemment, il avait défendu la police égyptienne en démentant la persistance de l’usage de la torture.

Ahmed Mekki a-t-il eu une crise de conscience? Joue-t-il au « bon flic » avec le Ministère de l’Intérieur qui serait le « méchant flic »? Cherche-t-il à quitter le navire du cabinet ministériel qui prend l’eau de toutes parts? L’opposition de toujours et même les anciens alliés réclament un nouveau gouvernement, d’autant plus maintenant que les élections législatives viennent encore d’être reportées.

En août dernier, il avait déjà demandé à être relevé de ses fonctions, disant regretter le manque de respect  pour les décisions judiciaires.

Par ailleurs la magistrature égyptienne contredit régulièrement les décisions du président, la dernière occurrence étant celle des dates des élections du nouveau Parlement : elles ont été annoncées par la présidence après que l’organe législatif restant (la Choura) a voté une loi électorale, mais le judiciaire a déclaré la procédure anticonstitutionnelle.

 

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