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MBAGNICK DIOP, PRESIDENT DU MEDS « Il faut que les sénégalais se mettent au travail et parlent moins de politique »

L'an 1 de Macky Sall intéresse tous les acteurs, parmi lesquels Mbagnick Diop président du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds). M Diop fait le point de cette gestion et esquisse des pistes de réflexion.

Quel bilan tirez-vous de la première année de Macky Sall à la tête de l'Etat ?

Un bilan mitigé sur le plan économique. Une année difficile pour les entreprises, la croissance n'étant pas au rendez-vous, il n'ya ni investissement ni création d'emploi. Les audits et les enquêtes tous azimuts ont contribué à plomber l'environnement des affaires, même si d'autre part, l'espoir est là avec les prémices d'une bonne gouvernance, l'engagement ferme du président à soutenir le secteur privé nous rassure. 2012 a été une année de transition, mais il faut que les sénégalais se mettent au travail, et que l'on parle moins de politique et plus d'économie. Le président Macky Sall conserve, après un an de pouvoir, un capital de sympathie considérable de nos concitoyens. Cependant, il urge de capitaliser cet adhésion du peuple à sa politique avant qu'il ne soit trop tard.

Qu'est-ce que l'Etat devrait faire pour appuyer le secteur privé dans les années à venir ?

L'Etat devrait s'occuper résolument du financement de l'économie. En premier, éponger intégralement la dette intérieure, payer les entreprises pour inciter les transactions financières, permettre au cash de circuler, créer un environnement propice à l'investissement. L'Etat doit veiller à ce que les entreprises à capitaux nationaux puissent compétir sur les grands appels d'offres avec des chances de décrocher certains marchés. Mais, nous constatons que sur les gros investissements, les appels d'offres sont calibrés pour certaines structures surtout celles étrangères. Loin de ma pensée de réclamer une protection absolue avec l'érection de barrières étanches, nous souhaitons tout juste un peu de patriotisme comme cela se fait partout dans les pays industrialisés. Pour moi, le patriotisme économique c'est la promotion de l'excellence économique du pays.

Quelles conditions faut-il pour rendre nos entreprises compétitives ?

L'Etat doit intégrer le fait que l'économie mondiale est marquée par une mondialisation et une libéralisation accrue qui posent, comme postulats de base, l'ouverture des marchés et la levée des barrières commerciales. Dans cette situation ou les capitaux et les biens circulent librement, seules les économies compétitives peuvent résister et progresser. Pour cela, il faut nécessairement créer un environnement propice à la production dans des conditions optimale de rentabilité et de productivité. Dans ce cadre, la maitrise des techniques de l'information et de la communication, de la capacité d'innovation, l'assimilation des techniques modernes de ménagements et de gestion constituent les atouts sans lesquels il n'ya pas d'entreprise viables et compétitives. Il va donc sans dire que la compétitivité est un des principaux leviers de toute politique de croissance économique digne.

SOPHIE BARRO L'OBSERVATEUR

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