mis à jour le

Ces intérims qui bloquent des services hospitalo-universitaires

Le dépôt de candidatures pour le concours de la chefferie de service dans le secteur hospitalo-universitaire est ouvert jusqu'au 30 du mois courant. Non organisé depuis 2005, ce concours ne concerne pas l'ensemble des postes de chef de service vacants ou assurés par des intérimaires. Organisé conjointement par le ministère de la Santé et celui de l'Enseignement supérieur, ce concours répond à des critères pas totalement transparents, estiment de nombreux professionnels du secteur. Sinon, comment expliquer que de nombreux postes de chef de service ne figurent pas sur cette liste, disponible au niveau des facultés de médecine ? Selon des sources bien informées, il y a eu très peu de candidats à cause de cette offre limitée. La majeure partie des postes dits «vacants» n'ont pas été ouverts à ce concours qui n'est, du surcroît, organisé que périodiquement. Les professeurs hospitalo-universitaires affirment que les raisons de la limitation du concours pour certains postes restent «inconnues». Pourtant, récemment, le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu) avait dénoncé cette précarité qui règne dans de nombreux services, appelant la tutelle à organiser des concours de chefs de service hospitalo-universitaire. «Pour la bonne marche d'un service, il faut un chef qui soit pleinement investi dans le poste et avec les pleines prérogatives. C'est même fondamental pour faire fonctionner le service. On se pose ainsi la question sur les raisons de cette forme de blocage», souligne un hospitalo-universitaire. Comme lui, d'autres professeurs s'interrogent sur le but recherché par l'organisation d'un concours en deux temps, alors que, de l'avis de tous, les besoins pour régulariser la fonction de chef de service restent «énormes» et surtout «urgents» de par la nature de l'activité assurée. Pour eux, les critères de sélection qui ont présidé à l'ouverture de ce concours «ne sont pas académiques, mais plutôt subjectifs». Autrement dit, le directeur de l'établissement dans lequel travaille le candidat au poste de chef de service a le droit de donner une note d'appréciation ainsi que le doyen de la faculté. Pour les hospitalo-universitaires, «il y a un risque élevé de subjectivité». Selon nos informations, au moins 17 services sont actuellement gérés par des intérimaires non proposés à ce concours. Autrement dit, ces services vont être maintenus dans la précarité pour plusieurs années. Parmi ces services, celui de la psychiatrie du défunt professeur Ridouh de Blida, celui de la médecine interne de feu Touchène à l'hôpital Kouba ou encore celui de biochimie du CHU Mustapha, dont le dernier chef de service est le regretté professeur Oukaci. Plusieurs services de santé construits et réceptionnés au cours de ces cinq dernières années n'ont toujours pas de chef de service en l'absence d'un concours. Les hospitalo-universitaires insistent ainsi sur la fonction d'intérimaire, «fragile et non motivante», qui risque d'accentuer l'absence de prise de responsabilité notamment quand il s'agit de prendre des mesures urgentes pour améliorer la prise en charge des patients. Pour de nombreux professeurs, ne pas ouvrir des postes dans tous les établissements est une forme de «refus de reconnaître le mérite et la compétence» de leurs gestionnaires, mais aussi continuer à diluer la responsabilité de chacun. Les professeurs hospitalo-universitaires espèrent ainsi qu'il y ait une liste additive pour de nouveaux postes à pourvoir afin de régulariser l'ensemble des services, toujours gérés par des intérimaires. Un appel qu'ils lancent à la fois au ministre de la Santé ainsi qu'à celui de l'Enseignement supérieur.  

El Watan

Ses derniers articles: Programme AADL 2 : les résultats communiqués  Tizi Ouzou : Les retraités de l‘ANP s’organisent  Sellal : Les visites de terrain n'ont rien