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Méchage : L’Affaire

Les journalistes retiendront certainement la leçon après ce qu'il est convenu d'appeler l'affaire Boukary DAOU. Ils retiendront qu'il ne faut pas faire les combats des autres à leur place. Que chacun assume désormais ses écrits et ses paroles. Avec la désormais fameuse lettre ouverte, nous pensons que l'anonymat est définitivement mort et enterré. Nous disons que les journalistes retiendront la leçon dans la mesure où depuis le commencement  de cette affaire, le mercredi 06 mars jusqu'au mandat de dépôt du lundi 18 mars, en passant par l'arrestation dans les locaux de la Sécurité d'Etat, ils ont pu constater qu'ils étaient bien seuls dans leur combat. Ceux qui ont apporté leur soutien l'ont fait du bout des lèvres et de manière bien tardive. Et à la vérité, il faut reconnaître qu'ils n'étaient guère nombreux. Les autres, tous les autres, ont préféré se taire, comme si de rien n'était. Et Dieu sait que l'envie de parler les démangeait. Mais ils se sont tus. Leur comportement rappelle étrangement la sagesse bamanan qui recommande de se taire quand les propos qu'on veut tenir ne sont pas de bons propos.

 Boukary DAOU est en prison, sous mandat de dépôt. Mais l'affaire n'est pas finie. Elle laissera surtout des traces. Celle-ci se ferait voir au sein de la profession. En effet, il y a comme un arrière-goût amer chez la majorité de nos confrères pour ne pas dire tous. En tout cas, ils sont nombreux à penser qu'on aurait pu faire l'économie de ce qui est arrivé. Le Journal « Le Républicain » aurait pu faire preuve de prudence tout au moins dans la publication de la lettre ouverte. Surtout que concernant le sujet, le salaire du capitaine SANOGO, de nombreux journalistes et de nombreux maliens ont dit pire que pendre. Pour ce qui est de l'accusation qui pèse sur notre confrère, nous ne pouvons nous empêcher de rappeler qu'avant notre confrère, un magistrat avait dépeint les conditions de vie de nos militaires au front. Toutes proportions gardées, ses propos pouvaient être assimilés à un appel à la désertion. Mais bref, devant la loi, devant le pouvoir, un journaliste pèse bien peu, comparé à un magistrat.

Les autorités aussi auraient dû raison garder comme on dit. Une petite affaire a été montée comme une affaire d'Etat. Alors qu'il aurait fallu juste appliquer la loi en remettant notre confrère à la justice. C'est sûr que le tollé aurait cité moins fort et moins unanime. Pire, le Président de la République par intérim a tenu des propos très durs contre notre confrère. Là où lui, qui fait office de premier magistrat, aurait dû appeler au calme et jouer à l'apaisement, il a mis le feu aux poudres en se comportant comme un procureur. Ce qui, pour de nombreux observateurs, constituait une sorte de caution à l'arrestation (séquestration disent certains confrères) de Boukary DAOU. Le Président de République par intérim donnait la nette impression que c'est lui-même qui dirigeait les opérations de la SE et que c'est lui qui a ordonné l'arrestation du journaliste. Tant à Nouakchott qu'à Dakar où il était en visite, Dioncounda TRAORE n'a pas varié dans ses propos et n'a pas faibli dans le ton.

Et comme un « malheur n'arrive jamais seul » cette affaire a coïncidé avec la publication du classement mondial de la liberté de la presse 2013 par Reporter sans frontières. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les nouvelles ne sont pas bonnes pour nous. Notre pays qui occupait une bien flatteuse 25ème place avant les évènements de l'année dernière a décroché, sans difficulté, une place abyssale en devenant 99ème.  Pour comprendre cette chute dans les abimes, il faut rappeler que 2012 a été un Annus Horribilis pour le Mali avec les conséquences que l'on sait sur le monde de la presse. Au coup d'Etat du 22 mars 2012, s'était ajouté l'occupation des régions du Nord. Dans les deux cas, les journalistes ont payé un lourd tribut. Intimidés, enlevés et bastonnés à Bamako, dans le Nord, c'est leur outil de travail qui a été soit confisqué, soit cassé. Les acteurs de ces actes barbares courent toujours, ou disons qu'ils ne sont même pas recherchés. L'affaire Boukary DAOU constitue sans doute une circonstance aggravante. Donc nous allons surveiller avec beaucoup d'anxiété le classement de l'année prochaine.

Si tout va bien, l'année prochaine, au moment de la publication du classement mondial de la presse, le Mali aura son Président de la République. Si tout va bien, c'est en juillet 2013 que les élections  auront lieu. Mais de plus en plus, certains se demandent s'il est possible de tenir les élections en juillet prochain. Pour le moment, ils ne le disent pas à haute voix. A notre avis, c'est le moment d'en parler en organisant des débats, en invitant ceux qui ont la charge de l'organisation des élections pour s'expliquer. Ils pourraient faire le point des appels d'offres lancés ou à lancer ; la présence de l'Etat dans les régions libérées (à notre avis, il est temps que les gouverneurs retournent à leurs fonctions à Tombouctou, Gao et Kidal) ; le point sur les déplacés à l'intérieur du pays ; la situation de ceux qui ont franchi les frontières pour se sauver. En tous les cas, il ne sert à rien d'attendre le mois de juillet pour se rendre compte que les élections ne pourraient pas se faire. Les Maliens ont déjà trop payé à cette stratégie du couteau sur la gorge.

 

TALFI

 

 

P.S : Avec la semaine « presse morte », les journalistes ont pu remarquer que, malgré les critiques le plus souvent méritées et la détestation de la part de certains maliens, ils ont manqué aux lecteurs et aux auditeurs. Ils n'ont jamais été aussi remarqués que pendant cette semaine d'absence. Preuve s'il en est que les critiques formulées à notre égard visent à nous bonifier. Qui aime bien, châtie bien dirait l'autre.

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