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TRAQUE DES BANDITS À L'EST : 68 délinquants présumés arrêtés

Les forces de défense et de sécurité ont, dans le cadre d'une opération conjointe de lutte contre le grand banditisme dans la région de l'Est, arrêté 68 délinquants présumés. Ce bilan partiel a été livré aux hommes des médias, le mercredi 20 mars 2013, à Fada N'Gourma, après trois jours d'opération.

Entre le dimanche 17 à minuit et le mardi 20 mars 2013, 68 délinquants supposés (dont 18 recherchés) sont tombés dans la nasse des Forces de défense et de sécurité (FDS). Une équipe de « chasse » composée d'éléments de la police et de la gendarmerie nationale et renforcée par ceux venus de Ouagadougou et du groupement de gendarmerie départemental de Tenkodogo. Aux personnes arrêtées, s'ajoutent 41 engins, des téléphones portables et de l'argent saisis par les FDS.

C'est le bilan partiel livré par le directeur général de la sécurité intérieure, le colonel Omer Bationo, dans l'après-midi du mercredi 20 mars 2013, à Fada N'Gourma. Il avait à ses côtés, le directeur régional de la police, le commissaire principal, Franck Elvis Compaoré, le commandant de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) de Fada N'Gourma, le commissaire, Ag Abdoulaye et le commandant par intérim du groupement de gendarmerie de Fada N'Gourma, le Sous-lieutenant, Hervé Ouédraogo. Le colonel Omer Bationo a précisé que pour cette opération conjointe, les FDS ont été appuyées par le 34e régiment interarme, de l'armée de l'air et bien d'autres structures.

Fada N'Gourma-Kompienga un axe criminogène

Bien avant le point de presse, les journalistes ont été conduits sur certains axes de la région de l'Est dont les FDS qualifient de zones criminogènes. Ainsi, sur la route nationale n°18, Fada N'Gourma -Kompienga, aux environs du pont Buyo, le chef de poste des opérations, le commissaire, Wakilou Sienou et 14 autres éléments sont dispersés dans les buissons et derrière de gros arbres. Le commissaire explique que cet endroit est l'un des sites où les attaques à main armée sont les plus fréquentes, c'est pourquoi dit-il, cette route est fermée à partir 18 heures. « Mais, il y a des usagers qui violent cette règlementation », a-t-il déploré. A la question de savoir comment ces délinquants opèrent-ils ? « C'est le guet-apens : ils barrent la voie et ils se cachent le long de la route dans les hautes herbes. Dès qu'un usager pénètre dans la zone où ils sont camouflés et qu'il ne peut plus faire marche arrière, ils sortent de leur cachette et ils l'immobilisent et le fouillent. La dernière attaque date de dimanche 17 mars dernier, aux environs de 21 heures », a-t-il répondu. Il a confié qu'en collaboration avec la gendarmerie, ils ont pu interpeller des personnes soupçonnées d'avoir commis des attaques dans la région de l'Est. Mais, de façon générale, le commissaire Sienou atteste que le nombre des attaques a considérablement baissé depuis que lui et ses éléments patrouillent dans la zone.

L'opération conjointe a étendu ses tentacules dans la commune de la Kompienga en passant par Pama. Le village de Diabiga, une zone cotonnière, a accueilli la patrouille du commandant de brigade territoriale de gendarmerie de la Kompienga, le major Oumarou Zèba n°1 et ses hommes. « Les cotonculteurs viennent de recevoir leur paie due au fruit de leur labeur, ce qui fait que tout le temps, nous sommes présents dans cette zone pour les protéger. Ici les attaques sont légion », renchérit-il. Comme dans les autres zones criminogènes, le coup de filet du commandant a permis de mettre la main sur des bandits. « En cette période, on a pu interpeller 2 délinquants de grand chemin qui sont présentement gardés dans nos cellules. Ces délinquants sont recherchés par nos fichiers », déclare-t-il.

« Il est une zone de prédilection des délinquants »

A une douzaine de kilomètres du village de Diabiga, un peu plus en profondeur, une patrouille de force de sécurité a établi sa base à un carrefour : c'est le village de Nalouanga, frontalier à la province du Koulpelgo. La conduite des opérations de sécurisation du carrefour est assurée conjointement par les éléments de la gendarmerie et le 34e régiment interarme de Fada-N'Gourma. « Nous sommes basés ici parce que ce lieu mène à plusieurs endroits. A partir de là, on peut aller jusqu'à Ouargaye et au village de Ouanga qui abrite un site aurifère. On peut rejoindre le Togo à partir d'ici. Ce passage est beaucoup emprunté et il est une zone de prédilection des délinquants », explique l'adjoint au commandant de brigade de la Kompienga, Abel Sawadogo.

Selon le dispositif mis en place, des éléments sont postés sur chaque axe dans le but de contrôler tous les usagers, de l'avis de Abel Sawadogo. Un fraudeur en provenance de Porga, au Bénin, s'est fait prendre par les éléments en poste. Ce dernier transportait sur une moto sans immatriculation, 5 bidons contenant chacun, 20 litres d'essence frelatée, qu'il dit avoir acheté à 100 000 F CFA. Le fraudeur a été libéré parce qu'il avait sur lui, une pièce d'identité. Quant à l'engin et au produit frauduleux, ils ont par contre été saisis. Et le commandant Oumarou Zèba n°1 de soutenir que cela entre dans le cadre de cette opération.

Ainsi donc, durant 8 jours, c'est toute la région de l'Est qui sera soumise à cette opération conjointe, à en croire le colonel Omer Bationo. Car dit-il, l'Etat burkinabè a placé en cette année 2013, la sécurité des personnes et des biens vivant sur son territoire, parmi ses principales priorités. La région de l'Est figure dans le peloton de tête des agressions à main armée avec 57,8% des cas, selon le colonel Omer. Il a sollicité davantage de moyens (matériels et humains) et la collaboration de la population afin que les délinquants soient vaincus.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO


Oumarou Diallo, un prisonnier hors pair !

Pendant que les détenus présentés à la presse évitaient de regarder l'objectif des preneurs d'image, Oumarou Diallo offrait son visage à volonté, avec, en plus, un large sourire. L'aisance dont il a fait montre, laissait à interpréter que la prison n'a plus de secret pour lui. Bandit de grand chemin et auteur de nombreuses attaques à main armée, selon le directeur régional de la police, le commissaire principal, Franck Elvis Compaoré, le délinquant, la quarantaine bien sonnée, était activement recherché par les forces de l'ordre. De taille moyenne, il a une large poitrine et porte de nombreuses cicatrices au dos. Il a fallu que le commissaire de police le menace pour qu'il arrête ses grimaces. D'ailleurs, les éléments de la CRS ont fini par le menotter les mains en arrière contrairement aux autres détenus, tant il était insolent.

P.O.O.


Les avis de quelques citoyens sur l'opération conjointe

Somda Bertin, gouverneur de la région de l'Est « L'opération conjointe des FDS est du pain béni »

« Beaucoup de raisons expliquent la délinquance au niveau de la région de l'Est. La région est vaste, soit 47 000 km2, et la densité de la population est d'environ 28 habitants au km2. Donc c'est une zone très peu habitée, ce que les délinquants aiment parce qu'ils peuvent se déplacer facilement sans rencontrer de hameaux de culture ou de forces de l'ordre. L'opération conjointe des FDS est du pain béni. Nous avons crié ici à tue-tête que nous risquions d'être dépassés par la délinquance. Donc, nous ne pouvons qu'encourager et demander de telles opérations. J'invite la population à aider la police et la gendarmerie à mieux faire leur travail parce que ce sont des services qui ne peuvent travailler qu'avec les renseignements. On a imaginé la police de proximité. Je vous avoue que je suis tombé amoureux de ce concept. Mais en réalité, le concept met du temps à se mettre en place. Si elle était fonctionnelle, cela permettrait de résoudre un tant soit peu, les problèmes d'insécurité que nous vivons ».

Jonathan Tibiri, agent du petit projet barrage « Il faut réfléchir à un dispositif permanent »

« Quand on parle de ratissage par les FDS, nous qui faisons le terrain, nous ne pouvons qu'être contents. Plus il y a la sécurité, plus les gens peuvent travailler en toute tranquillité parce que nous avons vu des travailleurs dépouillés de leurs biens et maltraités. Certains en sont sortis traumatisés. Donc, s'il y a une opération qui peut sécuriser davantage, je pense qu'elle est la bienvenue. J'aurais préféré que cela ne soit pas des actions ponctuelles. Il faut réfléchir à un dispositif permanent qui puisse permettre de ramener l'insécurité à un niveau très bas, même si on ne peut pas l'éradiquer totalement ».

Crépin Kisito, étudiant en génie civil en licence 2 à Fada N'Gourma « Je leur souhaite beaucoup de courage »

« L'opération conjointe des FDS dans le cadre de la lutte contre le grand banditisme est une bonne initiative. Je crois que l'opération n'est pas tard même si on constate qu'il y a fréquemment des braquages sur nos routes particulièrement dans la région de l'Est. Il y a des zones insécurisées dont on nous parle, à proximité de Diapaga. Les populations y vivent avec la peur au ventre. J'aimerais que les forces de l'ordre travaillent davantage pour que ces zones insécurisées retrouvent la tranquillité afin que tout citoyen puisse circuler à n'importe quel moment. Je leur souhaite beaucoup de courage ».

Propos recueillis par POO

Sidwaya

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