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Où va le Mali ?

Younouss Hamèye Dicko, membre Copam

       Le 11 Janvier 2013, suite à l'attaque jihadiste perfide de Konna, la France a déclenché l'opération SERVAL.

       L'Etat d'urgence a été décrété pour dix (10) jours, puis prorogé de trois (3) mois.

       Une certaine presse aux ordres du FDR et son clan a calomnié, insulté sur tous les tons la COPAM, ses responsables et ses alliés de « la Coalition pour les Concertations Nationales Souveraines, Immédiates et le Changement ». Ces activités pacifiques (Conférence de Presse, sit-in, marche) du 8, 9 et 10 Janvier 2013 ont été sorties de leur cadre politique et démocratique pour être caricaturées, vilipendées, présentées comme la fin du FDR et de son clan, afin de paniquer la France et de servir de catalyseur pour l'intervention immédiate et fulgurante de celle-ci. Ce faisant, elle sauve et maintient à la tête de notre pays ceux que le peuple malien a rejetés le 22 Mars 2012 au détriment de la lutte démocratique et patriotique du peuple malien.

      Ainsi, des journaux français, Libération et Nouvel Observateur, que nous respectons, alimentés aux sources directes de services bien connus du mensonge et de la manipulation, ont été mis à contribution pour accréditer ces monstruosités et vilénies. La COPAM ne dit pas que « Libération » et « Nouvel Observateur » ont manipulé l'opinion et ont menti en ce qui concerne notre Coordination, mais nous affirmons qu'ils ont été, hélas, manipulés et instrumentés contre le Mali. L'histoire dira qui a tramé et ourdi Konna pour contraindre le Président français à envoyer sa troupe ! Qui ont leurs anciens ministres, les membres des organes dirigeants de leurs partis politiques, leurs députés, leurs conseillers nationaux, leurs maires et conseillers municipaux parmi les sécessionnistes? Qui sont d'intelligence avec les jihadistes, les narcotraficants, les preneurs d'otages? Vous les connaissez, Libé et Nouvel Obs! On vous a manipulés pour substituer la COPAM au FDR et son clan qui constituent réellement l'Aile Sud des sécessionnistes, jihadistes, preneurs d'otages et narcotraficants qui, à leur tour, restent le réservoir électoral du FDR. Voilà pourquoi, ils sont ensemble, voilà pourquoi la corruption et l'impunité sont érigées en système dans notre pays et voilà pourquoi le FDR et son clan espèrent toujours gagner les prochaines élections qu'ils se hâtent d'organiser et bâcler en profitant du sentiment légitime du Président François Hollande de ramener le plus vite possible ses « Garçons » dans l'Hexagone !

       En ce moment même, le FDR et son clan mènent une campagne tous azimuts à l'intérieur du Mali, dans les camps des déplacés et auprès de l'opinion internationale, pour la tenue des élections en Juillet 2013. Mais en même temps ils font entendre que c'est la France qui l'exige et c'est elle qui en a fixé la date ! Comme dirait le Malien du village, « il ne faut pas mentir sur la France » !

       En effet, si la France est venue aider notre armée à éradiquer l'ennemi, elle ne peut pas faire bâcler nos élections pour nous ramener à la case départ ! La France est un pays de démocratie, de droit de l'homme et elle doit respecter chez nous ce qu'elle respecte chez elle. En vérité, jusqu'ici, en apparence seulement, les turpitudes du FDR et son clan semblent avoir réussi et ils veulent se servir de la France pour aller vite aux élections, pour les gagner et revenir régner encore et toujours sur le Mali. Le peuple malien n'est pas dupe et ne le permettra pas. C'est d'ailleurs la mise en ½uvre du plan ourdi pour Konna et l'implication de la France.

        Au lendemain de Konna, le Pr. Dioncounda TRAORE, Président par intérim, a dit que la COPAM sera disqualifiée pour gagner les élections. Qui vivra verra, car les membres du FDR, eux, doivent avoir honte de se présenter même à ces élections !

         La COPAM et ses alliés sont très pressés d'aller aux élections pour que le Mali tourne définitivement le dos à l'humiliation, à la corruption, à la fraude électorale et entrer dans une nouvelle ère d'honneur et de dignité pour ce pays et cette nation. Mais tout le monde sait que la révision des listes électorales du 1er Octobre au 31 Décembre 2012 n'a point eu lieu, que jamais le Président par intérim, qui gère seul la « transition », n'a voulu que le gouvernement appelle les partis politiques pour leur présenter un chronogramme et une date à discuter pour aller aux élections de façon consensuelle.

 Le Président par intérim, le FDR et son clan distillent que c'est la France qui dicte et orchestre tout cela et que nous Maliens devons nous taire et obéir comme au mauvais vieux temps ! Le Président par intérim viole la Constitution du Mali, avec la complicité de la CEDEAO, et la communauté internationale se tait et l'encourage, sachant parfaitement qu'il va dans le mur et enferme le pays dans une nasse qui le conduit tout droit dans les mêmes conditions qu'au 22 Mars 2012.

          La COPAM en appelle strictement et solennellement au peuple malien pour lui dire qu'aucune condition n'est réalisée pour organiser les élections présidentielles et législatives dans notre pays :

  1. 1.       Notre pays n'est pas libéré et est toujours occupé.
  2. 2.       L'Administration est toujours inexistante dans les régions du Nord.
  3. 3.       Les réfugiés et les déplacés sont toujours hors de leurs foyers.
  4. 4.       La couture du tissu social déchiré n'est toujours pas faite et cela demande du temps.
  5. 5.       La partition du pays, malgré le discours trompeur de certains, de ceux-là mêmes qui combattent avec nos troupes et  la communauté internationale, est en route :

a)      Nos troupes ne sont toujours pas à Kidal et n'y seront pas si le peuple malien, la COPAM et ses alliés ne réagissent pas vigoureusement aux côtés de notre armée.

b)      Les sécessionnistes sont entrain de mettre en place une administration parallèle à Kidal au vu et au su de ceux qui combattent pour nous à Kidal.

c)       Les Nations Unies arrivent à Kidal pour y mettre une force d'interposition afin de détacher Kidal du reste du Mali avec la complicité du FDR et de ceux qui combattent en notre nom à Kidal.

  1. 6.       L'Etat d'urgence, instauré pour museler la COPAM, le peuple et la démocratie, est toujours en vigueur et pour laisser le champ libre au FDR et à son clan.
  2. 7.       Le « sauvetage » du Mali déclenché le 11 Janvier 2013 est en passe de se muer en une « occupation militaire » visant à consacrer la partition du Mali, imposer le « dialogue » avec les islamo-terroristes et en définitive remettre en selle le MNLA.

        Dans de telles conditions, les élections ne sauraient se tenir dans la sérénité ; elles ne seront ni transparentes, ni crédibles; elles seront encore usurpées par les détenteurs de l'argent sale. La France, que nous connaissons, s'associerait-elle à une telle imposture? Pour la tenue des élections, en plus des 7points précédents, la COPAM :

  1. 1.       Réaffirme que les concertations nationales demeurent incontournables et constituent un préalable pour la réalisation des objectifs de la transition : libération de Nord, mise en place des organes de la transition pour le changement, organisation d'élections transparentes et crédibles.
  2. 2.       Rejette les dates des élections, arbitrairement fixées en faisant fi de l'existence même du peuple malien et des partis politiques.
  3. 3.       Exige le désarmement total, immédiat et inconditionnel du MNLA.
  4. 4.       Exige la levée immédiate de l'Etat d'urgence, le rétablissement des libertés d'expression des regroupements politiques et de la presse, le châtiment des agresseurs de Mamy Traoré de Radio Kayra à NIONO et la libération immédiate de Boukary DAOU, Directeur de publication du Républicain.
    1. 5.       Appelle ses regroupements à se mobiliser et à se battre en démocrates et patriotes conséquents pour réunir

       les conditions préalables nécessaires à de véritables élections libres et transparentes.

                                                                                                                  Bamako, le 20 Mars 2013.

                                                                                                                              P/ La Copam

                                                                                                                              Le Président

 

 

                                                                                                                  Pr. Younouss Hamèye DICKO

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