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Peine de mort, pour ou contre ? La décision finale revient à Abdelaziz Bouteflika

L'application de la peine de mort est-elle la solution aux crimes contre les enfants ? Les récents kidnappings et meurtres de jeunes garçons, ont relancé le débat. Pour le ministère de la justice, et des spécialistes du droit, on ne peut envisager d'appliquer cette peine spécifiquement à ce type d'affaires, et ce n'est pas la solution pour faire reculer le crime.

La solution de la peine de mort a été une fois de plus brandie après les meurtres successifs de plusieurs enfants kidnappés à Constantine et Tlemcen. La peine de mort est toujours prévue par la législation algérienne mais est gelée depuis 1993. Or, le retour de l'application de la peine de mort ne cesse d'être évoquée par certaines associations, dont la commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l'homme, notamment dans les cas d'infanticides.

La peine de mort entre les mains de Bouteflika

Pourquoi la justice algérienne n'a plus recours à la peine de mort ? Cette sanction n'est plus vraiment du ressort de la justice mais du pouvoir exécutif, et plus précisément du président algérien . "La peine de mort est toujours en vigueur, et le rôle du juge est d'appliquer la loi. Le sort du condamné à mort, une fois la décision est définitive, ne dépend plus de la justice, car l'exécution ou la grâce sont des pouvoirs constitutionnels du président de la République, qu'il peut exercer. Il n'a de comptes à rendre en la matière qu'à sa conscience", explique Mokrane Aït Larbi, avocat abolitionniste, dans une interview accordée à El Watan.

En outre, l'application de la peine capitale n'est pas une solution prônée par tous, loin de là. Mokhtar Lakhdari, directeur des affaires pénales et des mesures de grâce au ministère de la Justice, interrogé mercredi par la radio Chaîne I a indiqué que cette méthode n'était pas nécessairement la plus adéquate. "L'application de la peine de mort ne peut se limiter, ni ne peut être liée à une affaire bien précise", a-t-il indiqué à la radio.  Cette solution ne peut être exclusive à ce type d'affaire. Repenser à la peine de mort c'est d'abord '"une question plus large qui comporte des dimensions politique, morale, sociale et philosophique", a expliqué Mokhtar Lakhdari, plutôt qu'une question de sentiment.

Mokrane Aït Larbi, va plus loin en soulignant le manque d'efficacité d'une telle mesure. "Le crime n'a jamais reculé dans les pays qui appliquent la peine de mort", précise l'avocat.

Les risques de la peine de mort

Les crimes ne s'arrêteront donc pas sous prétexte que le criminel risque la peine capitale. En effet, ces meurtriers n'agissent pas de manière raisonnée, et il faut envisager d'autres moyens pour freiner cette montée de la criminalité. De plus, il faut prendre en compte les risques que comporte l'exécution d'un prisonnier dans un tel contexte, l'erreur judiciaire dans ce genre d'affaires n'est pas permise. "L'application de cette peine ne laisse aucune chance à une personne condamnée à tort pour la révision de son procès, sachant que parce que les erreurs judiciaires sont possibles. Des personnes peuvent être exécutées injustement. Et enfin, dans des crimes médiatisés et sous la pression de l'opinion, les pouvoirs publics n'ont pas suffisamment de temps pour rechercher le vrai coupable, et la justice peut se contenter d'un coupable «idéal», ce qui peut conduire à la condamnation et à l'exécution d'un innocent. L'histoire judiciaire est pleine d'exemples,"  rappelle Me Mokrane Aït Larbi.

Plusieurs solutions pour endiguer ce problème ont été évoquées ces derniers temps : traitements médicaux, peines de prison plus longues, alerte enlèvement.... Pour le directeur des affaires pénales et des mesures de grâce au ministère de la Justice, l'Algérie n'a pas de vide juridique pour cette affaire, il existe déjà des moyens de répression. "Ce qui est essentiel à ce propos, c'est qu'il existe tout un arsenal de lois pour traiter toutes sortes de crimes de manière générale, y compris les enlèvements et assassinats d'enfants, autrement dit, il n'y a pas de vide juridique", a-t-il précisé.

Et vous que pensez-vous de l'application de la peine de mort ?

Algérie Focus

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