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Editorial : Rien ne sera plus comme avant

Un Etat voyou qui utilise les emblèmes de la Nation et les institutions corrompues de la République pour concevoir et manager une économie parallèle criminelle au grand dam des populations vulnérables, pauvres et ignorantes qui ont été les seules victimes directes de l'occupation du territoire. Le Mali n'en veut plus.

Un Etat où une minorité d'individus qui, du simple fait de la couleur blanche de leur peau, maintient honteusement les populations majoritaires noires dans une situation dégradante de sujets « volontaires » avec la complicité de l'Etat central et de ses démembrements au mépris des règles les plus élémentaires de droits à la propriété, à la promotion sociale et à la démocratie. Les maliens ne l'accepteront plus.

Un Etat où règne une corruption endémique poussée à l'extrême au point de transformer des artisans analphabètes en cadres supérieurs de l'administration, des ouvriers et bouchers en médecins, des lycéens mineurs en militaires. Les citoyens sérieux y mettront un terme.

Un Etat dirigé par des hommes vicieux et corrompus qui travestissent les règles édictées par les ancêtres pour maintenir la femme dans un état d'objet qui n'est utile que pour le sexe et les dures labeurs, et le jeune dans un état d'ignorance et d'oisiveté qui le confine à la mendicité, au vol, au mensonge et à la toxicomanie. Une aussi horrible escroquerie ne prospèrera plus au Mali.

Un Etat qui a réussi la formidable prouesse de promouvoir une société malienne contemporaine dans laquelle le courage et l'honnêteté sont transformés en  folie, et le mérite, la connaissance et la compétence en malédiction. Cela les populations n'en veulent plus.

Un Etat promoteur de l'enrichissement sélectif sans efforts qui a fini par rendre le peuple paresseux et désespéré, donc facile à acheter et à vendre au gré de la direction du vent.

Un pays où des citoyens paient 4 à 5 millions pour un poste en douanes, aux impôts et au trésor qui ne te garantit qu'un salaire misérable de 40.000 fcfa, mais avec des « opportunités » infinies de vol, de corruption, et de concussion sans risque.

Un Etat pour lequel l'assemblée nationale, sensée être la représentation nationale du peuple, se mue en bras armé du Président (gouvernement) contre le peuple. Alors ça suffit ! Le peuple en a plus que marre !

Aliou Badara Diarra

Mali Web

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