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Procès-fiction de notre confrère Boukary Daou : Plaidoirie : Pourquoi notre confrère doit être libéré immédiatement !

Monsieur le Juge, Mesdames et Messieurs les jurés.

Qui accusons-nous aujourd'hui ? Un jeune-homme abandonné, esseulé, trompé et abusé... qui pourtant est un père de famille exemplaire malgré ses maigres revenus!
Par quel concours malheureux de circonstances, ce citoyen modèle, ce journaliste courageux, serviteur de la liberté d'expression, du droit à l'information garantis par notre loi fondamentale, a dû être attrait aujourd'hui devant la barre par l'autorité de l'Etat !

Mesdames et messieurs les Jurés, vous n'êtes pas sans savoir que la jeune démocratie malienne est profondément malade et n'est maintenue encore en vie que par le dynamisme et la vitalité de sa presse. Cette presse qui est animée et nourrie par de jeunes journalistes dont M. Daou  qui, malgré l'absence scandaleuse d'une école dédiée à leur formation, se battent comme de beaux diables pour défendre dignement leur profession. Oui Monsieur le juge, les journalistes maliens sont des volontaires de la presse, des bénévoles de la démocratie; l'Etat doit plutôt les encourager à parfaire leur profession au lieu de les décourager en les pourchassant.

Dans chaque profession, dans chaque corporation, il y a des brebis galeuses; la presse ne saurait faire exception à cette règle surtout quand des hommes politiques vèreux et irresponsables se couvrent du manteau d'éditeur de presse pour mener des combats d'arrière-garde à visage masqué.

Ce pauvre journaliste, Boukary Daou, est une victime de ces combats auxquels il ne comprend rien. Il a juste servi, malgré lui, par naïveté et négligence coupables, de bras armé pour des hommes politiques qui ont du mal à vider leurs contradictions avec le capitaine Sanogo par manque de courage. Monsieur Daou n'est ni contre Sanogo, encore moins contre l'armée nationale dont il salue le patriotisme et la bravoure, mais il n'est non plus ni avec le FDR ni avec son patron Tiébilé Dramé, fondateur du journal incriminé « Le Républicain » et non moins une des éminences grises du FDR.

Le soi-disant capitaine Touré, supposé être l'auteur de la lettre qui a valu à Monsieur Daou tous ses malheurs d'aujourd'hui, est un personnage fictif,  sorti de l'imagination fertile d'officines politiques qui manipulent de jeunes journalistes sans expérience qui, par peur de perdre leur salaire, cèdent à ce type de chantage peu scrupuleux. Honte à ces pilleurs de la République, à ces comploteurs peu courageux !

Le salaire du capitaine Sanogo a fait l'objet d'un décret signé par le Président de la République Dioncounda Traoré et publié dans le journal officiel comme le prescrit la loi. Donc ce n'est nullement une fausse information.

Le Capitaine Traoré n'existant pas dans la réalité, il n'ya non plus aucune incitation à aucun délit ou crime.

Le combat d'arrière-garde que mènent ses confrères journalistes qui ont accepté de monnayer leurs indépendance et liberté contre 20 millions de F CFA de l'ambassade de France et qui sont de connivence avec des états major politiques en mal de popularité et de crédibilité, n'engage pas mon client.
Il ne faut pas que le Président Dioncounda et le capitaine Sanogo se trompent d'ennemis et de combat ! Monsieur Daou n'est pas la bonne cible.

Cet homme privé de liberté, donc privé de ses capacités de nourrir ses parents, sa femme et ses enfants (parce que les contrats professionnels dans le milieu de la presse sont ainsi libellés, en totale violation de la loi si tant est qu'ils existent), ne demande qu'une chose : la compréhension et la clémence de la cour. Ainsi, il pourra méditer son geste qu'il regrette déjà et continuer à se consacrer à la prise en charge d'une famille déjà très éprouvée.

Un concours malheureux de circonstances, le destin, la fatalité, la faute à pas de chance, appelez cela comme vous voudrez, Monsieur le juge, toujours est-il que mon client a prêté le flanc par naïveté et par peur de perdre un salaire, certes misérable, mais qui représente son unique source de revenus sans aucune autre alternative.

Monsieur le Juge, mon client est victime d'un jeu politique dangereux qui le dépasse. Après 10 jours de privation de liberté, il n'a pas encore fini de  s'interroger sur ce qui lui arrive. Mon client a un respect sacré des institutions de la République et ne fera rien qui puisse les affaiblir ou les menacer. Je vous demande, par conséquent, monsieur le Juge, de ne pas retenir les accusations portées à l'encontre de mon client et de l'acquitter.

Je vous remercie de votre attention.

A.B.D

 

 

                       

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