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Ces signes du 20 mars qu’il faut bien déchiffrer ?

Par Mansour M’henni
Il y a des choses qu'on n'arrive pas à comprendre : y a-t-il un seul Tunisien, un vrai et pour de bon, qui ne puisse se reconnaître de l'indépendance de la Tunisie ? C'est à perdre tous ses repères, en ces temps où l'on est capable de prendre des vessies pour des lanternes, et de plonger dans un puits sans fond avec l'illusion de s'y retrouver comme dans un lit de jouvence !

Oserais-je parler de reniement, donc de renégats ? Je préfère l'éviter par respect ! Le respect de tous, même de ceux-là que d'aucuns jugeraient indignes d'une telle attitude ! Eux aussi , je voudrais les combler de mon respect, en ce jour-même où ils devraient être plus respectueux que jamais ; je le ferais donc avec l'espoir de les voir se rendre compte qu'ils nous doivent au moins le respect de la patrie, de son Histoire et de ses vaillants citoyens qui ont sacrifié l'essentiel de ce qui les concernaient personnellement, pour s'attacher à la seule essentialité qui vaille, du point de vue de la citoyenneté, LA PATRIE, digne de notre respect absolu, et la plus méritoire de notre amour !

J'ai écrit, quelques mois après janvier 2011, que si j'avais à fonder un parti politique, je penserais d'abord au Parti de la République du Respect, le PRR ( sans C dedans, pour éviter toutes les connotations et tous les cafouillages ) !

Mais pour la plupart des Tunisiens, l'anniversaire de l'indépendance, cette année 2013, aura légitimé la question à ne plus éviter : Sommes-nous vraiment encore en république ?

De fait, la négligence caractérisée de la commémoration de l'indépendance de la Tunisie est un vrai affront, une insulte même ; mais c'était attendu depuis que des responsables politiques se sont mis à insulter et à dénigrer les héros de la libération nationale et depuis que certains d'entre eux ont prétendu vouloir fonder la première vraie république en Tunisie !

Et comme le ridicule ne tue plus, au-delà même de ce qu'on a pu reprocher à certains ministres ignorants les détails les plus communément connus sur leur pays, nous voici avec un président provisoire de la république qui se trompe et persiste sur l'année de l'indépendance de la Tunisie, offrant à ses concitoyens et au monde une autre farce de la série qu'il égrène pour bafouiller l'instance présidentielle, symbole de la république.

Pourtant, on avait approuvé la démarche de restauration du Palais présidentiel de Skanès avec l'intention d'en faire un musée du mouvement national ! Pourquoi donc autant de négligence et de prise à la légère ?

Cependant, il faut signaler que dans l'opposition, certaines mouvances n'ont pas été plus heureuses quant à leur appréhension de l'événement, à part peut-être la grande mouvance de l'Union pour la Tunisie ( A souligner que je ne suis d'aucune sensibilité partisane pour l'instant ) ! En effet, il est étonnant que la commémoration du quarantième jour de l’assassinat  de l’opposant ChokriBelaïd, prolongée par certaines formations de son parti et de son front jusqu'au 20 mars, n'ait pas insisté, à l'occasion, sur l'importance historique de cette date (dans certains lieux, elle a franchement été occultée), donnant ainsi l'impression qu'il s'agissait plutôt de noyer une date dans une autre !

Laissant croire surtout au retour caractérisé et impérieux, chez cette (ces) mouvance(s) politiques), de la tendance à préconiser le panarabisme ou l'internationale socialiste contre toute appartenance territoriale et un engagement démocratique local, adapté à la nature de la société tunisienne ! Un tel positionnement excessivement idéologique a largement nui à ces mouvances politiques. C'est dire combien il serait bon de tirer les leçons de l'Histoire et de ne pas croire que la plus-value que leur donne, conjoncturellement, l'assassinat de ChokriBelaïd, ne saurait être capitalisée à leur profit sans une intelligence renouvelée de l'Histoire et de la vraie nature de la société tunisienne.

Mansour Mhenni : 20 mars 2013

Nous ajoutons cette vidéo illustrant l’ignorance totale du président provisoire , Moncef Marzougui ,de l’histoire du pays . La Tunisie célèbre cette année le 57è anniversaire de son indépendance et le président provisoire parle du 59è anniversaire . Heureusement que le ridicule ne tue pas .Ecoutez

Photo d’illustration . Le leader Habib Bourguiba ,père de l’indépendance avec Moncef Marzougui qui insulte sa propre histoire.

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