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Golea dans la commune rurale du Bourra : Village pro-islamiste dans le cercle d’Ansongo

Depuis l'occupation de la plupart des villes et villages du nord par les islamistes, certains villages se sont illustrés par leur soutien au Mujao, parmi  ceux-ci, on retient essentiellement le village de Golea, situé dans la Commune rurale du Bourra, sur l'île.

Golea, aux toutes premières heures de l'arrivée du Mujao, a «offert» 80 jeunes du  village «au nom de la religion». Ces jeunes dont la tranche d'âge varie entre 15 à 18 ans, avaient subi des formations dans certains camps d'entraînement à Gao et à Douentza. La plupart d'entre eux ont péri dans les combats qui avaient opposé le Mnla au Mujao, dans le secteur de Ménaka. Le Mujao les utilisait toujours comme boucliers humains. Suite aux frappes aériennes françaises sur des bases ciblées du Mujao à Ansongo, la plupart de ces jeunes avaient déserté et regagné leurs villages. Mais, deux jours après,  le chef du Mujao à Ansongo, Abou Kaka alias le Boucher, s'y est rendu pour «les cueillir». Car, «dès au début, il avait été clairement dit que quand on y entre, on n'y sort plus». C'est ça le serment du Mujao.

Et selon nos informations, les parents de ces jeunes auraient tous perçu de fortes sommes d'argent de la part des islamistes. À l'instar du village de Kadji, dans le cercle de Gao, Golea serait également devenu un second nid pour les «fous de Dieu». Pour rappel, Golea, village où il n'y a pas de marché, ni de boucher car l'abattage public y est interdit, a toujours été pour un islam radical. Golea, c'est aussi un village où le port de la Burqua (foulard) a toujours été obligatoire. Lorsqu'une femme de Golea vous aperçoit, même à deux cents mètres, elle détale afin de ne pas vous rencontrer, encore moins, vous adresser la parole. Golea, c'est encore un village très belliqueux. Tous les magistrats et commandants de Brigade ayant séjourné à Ansongo en savent quelque chose. C'est un village qui n'hésite pas à verser le sang, pour un oui ou pour un non. On se rappelle le conflit autour de terre qui l'avait opposé au village de Seyna et qui, en son temps, avait fait plus de 30 morts et plusieurs blessés.

Les forces de sécurité se doivent donc d'avoir un ½il vigilant sur ce village, qui débouche directement sur Ansongo par pirogue, en passant sous le flanc de la colline de Tobon ou encore par Lellehoye, village situé à seulement 12 kilomètres d'Ansongo, Chef-lieu de cercle où sont basées les forces coalisées.

Sidi HAIDARA

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