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GO Grèves de la faim et immolations : Et si jamais le coup réussit à 100% ?

De notre temps, quand il y avait quelque chose à reprocher aux autorités publiques, on s'y prenait autrement. On commençait par des concerts de casseroles et de fourchettes au resto. Ou alors, des grèves perlées. Si ça ne marchait pas, on faisait grève totale. On titillait les flics avec des galets (qui nous le rendaient bien à coups de matraque) et on attendait le soir, pour aller brûler quelques bus. Sans oublier, bien entendu, des diatribes à l'endroit de l'administration, et des quolibets à l'endroit des français taxés de néo-colons et du gouvernement jugé larbin. On en restait souvent là.
Quelquefois, ça payait, quand le Ministère de l'Education satisfaisait les requêtes, d'autres fois, ça ratait, quand les policiers énervés se saisissaient de deux ou trois petits grévistes, pour leur «repas du soir».
Mais, aujourd'hui, même s'il faut reconnaître que nous étions un peu plus favorisés que les étudiants actuels, parce que nous étions moins nombreux, l'idée de conclure nos menaces par des grèves de la faim ou des immolations ne nous serait jamais venue dans la tête.
D'abord, nous étions conscients que nous n'étions pas les seuls à galérer, et que l'Etat ne pouvait pas tout faire, ensuite, tout le monde savait, malgré les déclarations électoralistes et démagogiques, que ce même état n'avait pas vocation de nous trouver un emploi garanti. Par conséquent, c'était bête de vouloir attenter à sa vie, pour quelque motif que ce soit. Il vaut mieux un étudiant chômeur, en vie et en bonne santé, qu'un Bac plus cent handicapé, de l'autre côté. C'est une question de bon sens. A moins d'invoquer le matérialisme anesthésiant ou des maladies de la tête, comme aurait dit Nietzche.

Cébé

REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

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