mis à jour le

Quand Karim Wade parlait aux sénégalais «Je demande à être entendu, jugé sur des actes vérifiés»

Il y a près de deux ans maintenant (c'était le 3 Juillet 2011), le fils de l'ex-chef d'Etat se plaignait auprès des sénégalais, de la haine viscérale que certains d'entre nous nourriraient à son endroit. Il estimait alors que l'heure était venue pour lui de s'exprimer, et de délivrer du fond du c½ur, un message de vérité, de fraternité et de sincérité, même s'il se disait cible d'attaques profondément injustes. Voici le souvenir d'une correspondance qui restera longtemps gravée dans les mémoires et que nous vous livrons de nouveau, in extenso :

«Depuis mon entrée dans l'espace public en qualité de Conseiller Spécial du Président de la République, puis de Président du Conseil de Surveillance de l'Agence nationale de l'Organisation de la Conférence Islamique (ANOCI) et actuellement comme Ministre d'Etat, Ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l'Energie, malgré tous les efforts que je continue de déployer pour le développement économique et social du Sénégal, des passions se déchaînent, des haines se ravivent. Pourtant rien ne m'a été donné. Avec mes collaborateurs et fort de l'expertise nationale et internationale, nous sommes toujours partis de rien, pour aboutir à ce que l'on voit.

Jamais dans l'histoire du Sénégal, un homme public n'a reçu, autant de coups, de propos diffamatoires et outrageants. Systématiquement, je suis l'objet de graves accusations, de profondes détestations, d'attaques hallucinantes de la part de ceux qui nous connaissent à peine ou pas du tout.

Impitoyablement, je suis sanctionné sans être entendu, jugé dans des procès sans défense, « condamné » sans recours possible. De ma présomption d'innocence, on s'en passe automatiquement. On me prête beaucoup trop ! Qu'on perde un marché public, une position, une faveur, un privilège, un titre, une fonction, aussitôt l'on me rend responsable. Qu'un ministre soit limogé, il prétend que son départ est la conséquence immédiate de son refus d'un prétendu projet de « dévolution monarchique du pouvoir ». Lorsqu'il pleut un peu trop à Dakar, je suis indexé ; lorsque le vent emporte le toit d'une maison à Pikine, je suis pointé du doigt ; lorsqu'un train déraille à Thiès, j'y suis pour quelque chose ; lorsqu'un accident survient sur la route, je suis vilipendé.

Conformément à nos valeurs sénégalaises, je leur accorde mon pardon. Tout comme le Chef de l'Etat, je combats toute idée de dévolution monarchique du pouvoir. Fort heureusement, nombreux sont nos compatriotes qui refusent de se laisser entraîner dans la campagne sur le supposé projet de dévolution du pouvoir de « père en fils » qui constitue aujourd'hui la panacée pour tout expliquer et tout comprendre.

Si cette idée a continué de prospérer au point de susciter des ranc½urs et parfois même de la haine envers le modeste passant sur terre que je suis, c'est parce qu'elle est savamment entretenue par une partie des acteurs politiques aidée en cela par certains journalistes, - véritables machines de guerre contre ma petite personne. Cette confusion doit finir ! Cette intoxication doit s'arrêter ! Cette injustice doit cesser.

Je le répète et le répéterai aussi longtemps que cela est nécessaire : c'est une insulte faite aux Sénégalais que de parler d'un projet de dévolution monarchique. Un tel projet n'a été, n'est et ne sera jamais dans les intentions du Président de la République ni dans les miennes. C'est universellement connu, le Sénégal connaît une longue tradition républicaine et démocratique. La souveraineté appartient au peuple qui, au terme d'élections libres, démocratiques et transparentes, confie le pouvoir à celui en qui il a confiance.

Comme vous le savez, le Président de la République Me Abdoulaye Wade est habité par la passion du Sénégal et ne respire que pour l'Afrique et plus généralement pour la paix. Plus d'un quart de siècle de combat pour l'approfondissement de la démocratie et pour la conquête des droits individuels et collectifs. Plus d'un quart de siècle de lutte pour la liberté d'expression et pour la transparence des élections.

Comme tout être humain, je demande à être entendu, jugé sur des actes vérifiés et donc probants et non sur des rumeurs sans fondement. Les Sénégalais exigent tout naturellement des réalisations palpables et concrètes, source d'espoir et de confiance en l'avenir. En ce qui me concerne, dans la quotidienneté des missions gratifiantes mais ô combien difficiles, je m'attèle, en permanence, à servir le Sénégal en accompagnant mes s½urs et frères vers une meilleure qualité de vie.

J'ai choisi la difficulté, en refusant le scénario de la facilité. J'ai accepté les missions qui m'ont été confiées jusque-là, pour avoir l'opportunité de mieux servir mon pays.

Le travail nous occupe nuit et jour et nous sommes conscients qu'il reste beaucoup à réaliser encore, pour la création des emplois, la réduction du coût de la vie, l'éradication de la pauvreté, l'accès aux logements sociaux, la construction d'infrastructures, un meilleur environnement pour la compétitivité de nos entreprises pour l'émergence définitive du Sénégal du futur. A côté des millions de Sénégalais, nous participons quotidiennement à relever le défi.

Je vis pleinement, tout comme l'ensemble des responsables de ce pays, la double préoccupation majeure de la solution définitive au récurrent problème de la fourniture régulière et suffisante de l'électricité dans les ménages et les entreprises ainsi que l'amélioration quantitative et qualitative du panier de la ménagère.

Lors des événements passés, il n'y a certes pas eu mort d'homme, mais il faut sincèrement déplorer, vivement regretter et fermement sanctionner les scènes de pillages, les actes de banditisme et de profanation des lieux de culte. Nous avons le droit de manifester ; mais nous n'avons pas le droit de saccager les biens d'autrui encore moins de piller.

Nous avons la profonde conviction que la démocratie sénégalaise en sortira toujours grandie et renforcée. Désormais, il y a un avant et un après 23 juin. Ce message ne peut être ignoré ni par le pouvoir, ni par l'opposition. Notre formation politique, le PDS, et nos alliés ne peuvent faire autre chose que de consolider les acquis démocratiques de Léopold Sédar Senghor, d'Abdou Diouf et de Me Abdoulaye Wade.

N'en déplaisent aux magiciens de la désinformation, aux adeptes de la propagande politique, aux manipulateurs de l'opinion publique nationale et internationale, nous disons avec force et conviction que le sentiment démocratique est très fort ici. Chez nous, il n'y a qu'un seul et unique chemin pour accéder au pouvoir : celui des urnes. Au Sénégal, en France, en Angleterre, aux Etats-Unis et dans toutes les démocraties, le pouvoir ne s'hérite pas, il se conquiert par la voix des urnes.

En conclusion, il nous faut renouveler notre ambition pour le Sénégal, en compagnie de citoyens simples et droits, courageux et travailleurs, issus des centres urbains, de la banlieue et des zones rurales et avec tous les millions d'hommes, de jeunes et de femmes qui nourrissent autant d'amour et de passion pour notre cher Sénégal. »

Fait à Dakar, le 03 juillet 2011 Karim Wade
Que peut-on retenir de cette belle littérature? Rien d'autre que les faits qui lui sont reprochés, aujourd'hui, sont autres. Et sans doute, surtout pas de nature à lui attirer de nouvelles sympathies, en attendant que justice se fasse.
Cheikh Ba
REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

Ses derniers articles: Remaniement ministériel du 1er Septembre : Comment Mimi Touré a court-circuité Eva Marie Coll  Aliou Cissé:  Nécrologie- Décès du journaliste Abdoulaye Sèye