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Construction d'un centre de conférence pour la Francophonie : Macky Sall ouvre son "sommet" à scandales

Les premiers actes posés dans l'organisation du 15ème Sommet de la Francophonie, prévu à Dakar en 2014, n'encouragent pas la transparence. Les directives données par le chef de l'Etat pour la construction du Centre de conférence de Diamniadio, annoncent un sommet à scandales.

Ça pue une Anoci-bis. Cette odeur acre de scandale qui avait vicié l'environnement de l'Organisation de la 11ème Conférence islamique (Oci), tenue à Dakar en 2008, risque de polluer l'atmosphère déjà pestilentielle du prochain Sommet de la Francophonie. Aujourd'hui, ce sont les mêmes germes d'opacité qui avaient entouré l'organisation du Festival mondial des arts nègres sous l'ère Wade qui rodent aux alentours du Palais de la République. Les premiers actes posés par le chef de l'Etat, Macky Sall, dans les préparatifs de l'organisation du quinzième Sommet de la Francophonie, prévu à Dakar en 2014, semblent s'écarter de la gouvernance vertueuse qu'il a prônée. Un vent de suspicion souffle sur le milieu depuis que le président de la République a donné des instructions fermes au ministre des Finances, Amadou Kane et à ses services pour préparer le dossier de requête de financement du projet de réalisation du centre de conférence de Diamniadio qui devra abriter le Sommet.

Macky Sall choisit ses propres architectes : deux Français et un Sénégalais. Seulement, c'est le contenu de la note transmise à la cellule de suivi de l'intégration du ministère des Finances qui pose problème. Car, les cabinets d'architecture devant travailler sur le projet sont déjà choisis par le chef de l'Etat. Comme en attestent les informations contenues dans la note transmise à la Cellule de suivi d'intégration du ministère. Déjà, il revient aux architectes Béru, Perrault et Emile Diouf de préparer les plans à soumettre aux bailleurs. Mais ce qui intrigue dans les directives présidentielles faites au ministère des Finances, c'est l'absence de compétition dans la conception de l'½uvre globale du centre. La désignation des architectes s'écarte de la logique de concours qui doit prévaloir dans la construction d'un projet d'intérêt national d'une telle ampleur. Pis, le choix de deux Cabinets français et d'un seul cabinet sénégalais, n'est pas, selon des techniciens, pour encourager la préférence nationale pourtant clamée par le chef de l'Etat au lendemain de son élection à la magistrature suprême. Si Béru et Perrault restent encore inconnus des Sénégalais, Emile Diouf, lui, a un vécu dans son domaine. L'Etat fait partie de ses clients. L'architecte a eu à assurer les travaux d'embellissement de la corniche. L'une de ses ½uvres les plus connues est la bibliothèque de l'Uni­versité de Dakar. La construction de l'arène nationale, qui intéresse tant le monde de la lutte, lui est également confiée.

50 hectares à Diamniadio, la France et le Qatar sollicités. Le projet de Macky Sall avance à grands pas et est géré dans l'intimité de son Cabinet le plus restreint. Lors du Conseil des ministres qui s'était tenu le 7 mars 2013, le chef de l'Etat, Macky Sall, avait informé son gouvernement de la construction de cet édifice. Un joyau qui, au-delà de l'organisation du Sommet, sera structuré pour les activités économiques et sociales de la zone périurbaine de Dakar. D'ailleurs, il y a juste quelques semaines, la Direction générale des impôts et domaines (Dgid) avait publié dans certains journaux l'ouverture d'une enquête «commodo incommodo» pour l'enregistrement au nom de l'Etat du Sénégal d'un terrain d'une superficie de 50 hectares sis à Diamniadio pour abriter ledit centre de conférence. Mais, si l'omerta entoure la conception du projet et son coût, son mode de financement est dévoilé dans la note sur laquelle travaille la Cellule de suivi de l'intégration du ministère des Finances. Un dossier dans lequel le chef de l'Etat annonce que les dossiers de requête de financement à préparer seront soumis à la France et au Qatar.

La vente du Cices proposée à la Ville de Dakar. Parallèlement à cette recherche de financement extérieur, le Président Macky Sall envisage d'aliéner un des biens de l'Etat pour supporter les charges de construction du centre. A ce sujet, une directive présidentielle recommande la vente du Centre international de commerce et d'échanges du Sénégal (Cices). Le chef de l'Etat recommande au ministère des Finances de proposer à la ville de Dakar la vente du Cices dont les revenus pourraient aider à délocaliser le centre de conférence. Aussi, une occasion serait offerte à la ville de Dakar de réinstaller sur le site des commerces et d'y loger les marchands ambulants. Cette procédure est en cours d'études et il reste à savoir si le maire de Dakar, Khalifa Sall, et l'Etat, arriveront à trouver un accord sur la transaction.

L'Observateur

Rewmi

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