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Le sujet des ''biens mal acquis'' s'installe dans les quotidiens

La presse quotidienne ne semble pas se lasser de la question de la traque des biens présumés mal acquis, un sujet que les quotidiens parvenus mercredi à l'APS continuent de mettre grandement en exergue en partant de perspectives nées de la mise en demeure adressée à Karim Wade, sommé par la justice de justifier l'origine licite de ses avoirs.

Vendredi dernier, le Procureur spécial, près la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI), a auditionné Karim Wade, pour lui notifier officiellement sa mise en demeure, dans le cadre de la clôture de l'enquête le visant pour le compte de la traque des biens supposés mal acquis. Les actifs de M. Wade sont évalués à près de 700 milliards de francs CFA.

"Après douze ans d'une posture de +superpuissance nationale+ exercée en toute illégimité, Karim Wade est aujourd'hui en situation de payer les pots cassés d'une ambition qui aurait pu être un peu plus saine...", remarque Enquête.

"Et le père tua le fils", constate ce quotidien à travers sa manchette, en allusion au fait que Karim Wade est visé pour des actes de gestion datant du magistère de son père, l'ancien président, Abdoulaye Wade.

Mais pour le Pays au quotidien, citant le musicien Demba Dia, par ailleurs leader du Mouvement pour l'action et la citoyenneté (MAC), "Karim (Wade) a un seul tort, c'est d'être le fils de Wade", battu par l'actuel chef de l'Etat, Macky Sall, au second tour de la dernière présidentielle de 2012.

Parlant de cette sortie de Demba Dia, qui a été un soutien de l'ancien président, le journal écrit : "Dans la grisaille de +l'acharnement inavouable+ dont il fait l'objet, surtout depuis sa mise en demeure par la Cour de répression de l'enrichissement illicite, Karim Wade voit enfin un rayon de soleil".

Sans surprise, Me Abdoulaye Wade, de sa retraite parisienne, suit cette actualité d'un ½il très critique, pour dire le moins. "Ce qui est en train de se passer dans le pays est lamentable", aurait-il confié à l'ancien député Tafsir Thioye, qui l'a récemment rencontré au cours d'une audience, selon Walfadjri.

"Tafsir Thioye en retient un président en bonne santé, +serein+, mais pas indifférent à ce qui arrive aux responsables du PDS", le Parti démocratique sénégalais, la formation qu'il a fondée et qui lui a permis de conquérir le pouvoir en mars 2000, rapporte ce quotidien.

Des ministres et responsables de cette formation, au pouvoir de mars 2000 à mars 2012, sont suspectés d'enrichissement illicite, et font pour cela l'objet d'une enquête autorisée par la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI).

Tafsir Thioye "a rapporté que le président Wade considère comme +lamentable+ la situation que traverse le pays. Il a aussi démenti la volonté de Wade de venir battre le macadam de Dakar à Touba en passant par Tivaouane, parlant d'intoxication" à ce sujet, écrit Walfadjri.

Si l'on en croit pourtant La Tribune, le pire serait à craindre pour le camp libéral et pour certains dignitaires de l'ancien pouvoir, alors que la mise en demeure de Karim Wade n'est pour l'instant pas digérée.

"Ousmane Ngom, Oumar Sarr sur les traces de Karim (Wade)'', souligne en effet La Tribune. "C'est le temps des mises en demeure après celui des enquêtes et des convocations à la Gendarmerie de Colobane. Après Karim Wade, d'autres pontes de l'ancien régime vont très bientôt recevoir leur notification", écrit ce quotidien.

"Tous ceux qui ont été cités par le Procureur près la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI) sont concernés. Toutefois, Lamine Faye, neveu et ex-garde du corps de l'ex-président Wade, sera de la partie, selon des informations concordantes. Me Ousmane Ngom, Omar Sarr, Samuel Sarr, Me Madické Niang, Abdoulaye Baldé, Tahibou Ndiaye sont (également) dans le viseur", ajoute La Tribune.

Les quotidiens continuent toujours par ailleurs d'évoquer les secrets du dernier face-à-face entre Karim Wade avec le Procureur spécial près la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI). "Ce qui n'a pas été dit", relève Libération, en parlant de six milliards de francs CFA détournés sous Karim Wade, des sommes soustraites de la Redevance de développement des infrastructures aéroportuaires (RDIA).

"Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas en termes de découvertes effarantes quant à leur méthode criminelle (utilisée par les tenants de l'ancien régime) pour piller ce pays. Par exemple, entre 2009 et 2011, six milliards de francs CFA, constituant des versements de la Redevance de développement des infrastructures aéroportuaires (RDIA) ont été détournés", rapporte Libération.

Direct Info indique pour sa part que "Mohamed VI zappe le +dossier Karim" lors de sa dernière visite officielle à Dakar, de vendredi à lundi. "Contrairement à ce que nombre d'observateurs avaient avancé, Mohamed VI, qui a terminé une visite de travail et d'amitié au Sénégal hier (lundi), n'a pas pipé mot sur l'affaire Karim, écrit Direct Info. Le roi du Maroc n'a pas voulu s'immiscer dans les affaires intérieures du Sénégal''.

"Macky, le sommet des suspicions", titre L'Observateur, entre gouvernance et politique. "Les premiers actes posés dans l'organisation du 15ème Sommet de la Francophonie, prévu à Dakar en 2014, n'encouragent pas la transparence", avance le quotidien du Groupe Futurs médias.

"Les directives données par le chef de l'Etat, pour la construction du centre de conférence de Diamniadio, annoncent un sommet à scandales", écrit ce journal, en notant par exemple que le chef de l"Etat a choisi "ses architectes, sans appel d'offres ni concours".

Le menu du jour de la presse quotidienne comporte également un certain nombre de sujets politiques. Sud quotidien évoque ainsi les perspectives de la réforme institutionnelle attendue du président de la République, conformément aux conclusions des Assises nationales organisées de juin 2008 à mai 2009 par l'opposition actuellement au pouvoir.

"Après des mois d'atermoiements et incidemment de questionnements circonspects des acteurs politiques comme de la société civile, la réflexion sur la réforme des institutions, devant à terme refonder la République du Sénégal, est enfin mise en branle", note Sud Quotidien.

"Les observateurs de la scène politique ne peuvent néanmoins s'empêcher de se poser une question simple : l'ensemble des problématiques institutionnelles ayant déjà été pris en charge par les conclusions des Assises nationales, n'assiste-t-on pas à un doublon de la Charte de bonne gouvernance dont Macky Sall est signataire ?", se demande le journal.

Rewmi annonce que l'ancien ministre de l'Education sous Wade, Kalidou Diallo, rejoint l'Alliance pour la République (APR), le parti du président Macky Sall, et par la même occasion, annonce son entrée dans le Gouvernement dirigée par Abdoul Mbaye.

Le Populaire, lui, estime que Macky Sall "déchire la copie de Wade", en annonçant que désormais, la légitimité électorale des élus "ne sera plus entravée". Ainsi, l'Etat "n'usera plus de la délégation spéciale à des fins politiques". De même, il n'y aura plus de "découpages partisans aux conséquences parfois tragiques".

APS

Rewmi

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