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3.200 heures de soleil pour 35 millions d'Algériens

Alors que la consommation électrique en Algérie bat des records, le pays vient de confirmer son virage énergétique. Lundi 11 juillet, à Alger, s’est tenu le premier Salon de la sous-traitance nationale pour le développement de la fabrication des modules et systèmes photovoltaïques, rapporte le quotidien El Moudjahid.

A l’horizon 2030, l’Algérie prévoit que les énergies renouvelables représenteront 40% de sa production locale en électricité. Le plus grand pays du Maghreb projette d’installer des champs de panneaux solaires dans des zones désertiques où le soleil brille plus de 3.200 heures par an.

Reste que cette technologie est à ce jour entièrement importée d’Europe, et notamment d’Allemagne:

«La technologie nécessaire pour la production de panneaux photovoltaïques est coûteuse et nécessite une coopération accrue avec des firmes étrangères spécialisées, comme les Allemands, qui sont des leaders dans le monde», affirmait un expert à Presse.dz.

Néanmoins, la matière première essentielle à la fabrication de panneaux photovoltaïques, le silicium, existerait à l’état brut dans le sable fin du Sahara, sous forme de roche appelée silice:

«Les organisateurs du Salon envisagent de trouver dans cette optique un ou des partenaires, pour fabriquer localement le silicium», a précisé Agroui Kamel, docteur d'Etat en énergie solaire à l'UDTS, l'Unité de développement de la technologie du silicium (PDF) d'Alger.

Cette première édition du salon consacré aux technologies des énergies renouvelables a souligné l’intérêt pour l’Algérie de favoriser la fabrication locale de certains composants.

En guise d’exemple, le panneau solaire de 50 watts exposé par l'UDTS s'élèvait à 40.000 dinars algériens (environ 400 euros). Sur la question des coûts à l’importation, Moussa Smain, chef de département technique au Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), a indiqué:

«Un panneau de 80 watts importé coûte entre 21 et 25.000 dinars algériens. 1 watt coûte à l'importation entre 262 à 312 dinars».

D’après Oulmas Youssef, ingénieur au sein de Rouïba Eclairage, la société importera dans un premier temps les composants pour le lancement des premiers panneaux solaires, prévus à la fin de l'année 2013. L’Algérie espère trouver d’ici là des opérateurs nationaux pour produire localement ces composants.

Les énergies renouvelables représenteront donc près de la moitié de la production locale, soit 22.000 mégawatts, dont 12.000 seront utilisés localement. De ce nouvel apport en énergie propre, 3.000 mégawatts proviendront du photovoltaïque et de l’énergie solaire thermique, et 400 mégawatts de l'énergie éolienne.

Lu sur El Moudjahid, Presse-dz